DE L’OR QUI DORT…

En pé­riode d’in­cer­ti­tude, le monde se tourne vers l’or. En Tu­ni­sie, c’est un sec­teur en panne mal­gré les stocks dis­po­nibles.

La Presse Business (Tunisia) - - DOSSIER - Par Cho­kri BEN NESSIR

En pé­riode d’in­cer­ti­tude, le monde se tourne vers l’or. C’est qu’à tra­vers les cultures et les époques, l’or a tou­jours sym­bo­li­sé la confiance. Les jeunes couples se fient à l’or pour ex­pri­mer leur amour et l’en­ga­ge­ment qu’ils prennent l’un en­vers l’autre. Les in­ves­tis­seurs se fient à l’or pour pro­té­ger leur pa­tri­moine contre les ra­vages de l’in­fla­tion. Les scien­ti­fiques se fient à l’or pour les per­for­mances ex­cep­tion­nelles qu’il af­fiche dans de mul­tiples ap­pli­ca­tions tech­no­lo­giques. Ce­pen­dant, tan­dis que la contri­bu­tion éco­no­mique di­recte ap­por­tée par les ac­ti­vi­tés pro­fes­sion­nelles d’ex­ploi­ta­tion au­ri­fère ouvre de nou­velles pers­pec­tives aux pays tels que la Tur­quie, la Chine et l’Inde, le sec­teur so­meille dans notre pays. Pour­tant, le stock existe. Certes, il a tou­jours été en crois­sance de­puis l’in­dé­pen­dance pas­sant de 900 kg en 1958 (an­née de la créa­tion de la Banque cen­trale de Tu­ni­sie) à 3,9 tonnes en 1970 pour at­teindre 5 tonnes en 1978 et pas­ser à 6,8 tonnes en 1991. De­puis, notre stock de mé­tal pré­cieux, n’a pas bou­gé. Il dort dans les coffres forts de la BCT. Pour­tant, té­moin de toutes les grandes crises par les­quelles est pas­sé notre pays (col­lec­ti­visme, le jeu­di noir -Jan­vier 78, émeutes du pain en 1983, des­ti­tu­tion de Bour­gui­ba en 1987, le 14 jan­vier 2011 et la crise éco­no­mique qui s’en­suit..), ces lin­gots d’or, bien qu’ils aient sus­ci­té des en­vies, sont de­meu­rés in­tacts. A l’abri des dé­tour­ne­ments, ils n’ont pas, non plus, ser­vi au moins au dé­ve­lop­pe­ment du sec­teur le plus in­di­qué; ce­lui de la bi­jou­te­rie. En ef­fet, au­cune ini­tia­tive pour sti­mu­ler un sec­teur à fort taux d’em­ploya­bi­li­té n’a été prise tout au long des cin­quante-neuf ans d’in­dé­pen­dance. Il n’est pas nor­mal que la ré­gle­men­ta­tion en vi­gueur qui or­ga­nise le sec­teur de l’or­fè­vre­rie et de la bi­jou­te­rie date de 1942 et 1969. Dans de nom­breux pays, le sec­teur de l’or est un fac­teur contri­bu­tif ma­jeur à la crois­sance éco­no­mique et au dé­ve­lop­pe­ment. Cette contri­bu­tion peut s’ex­pri­mer de di­verses ma­nières : avan­cées sur le plan ma­croé­co­no­mique, dé­ve­lop­pe­ment des in­fra­struc­tures, crois­sance éco­no­mique, ré­duc­tion de la pau­vre­té et dé­ve­lop­pe­ment. Car, bien qu’il s’agisse d’un sec­teur à in­ten­si­té ca­pi­ta­lis­tique re­la­ti­ve­ment éle­vée, l’ex­ploi­ta­tion au­ri­fère ayant un im­pact si­gni­fi­ca­tif sur le mar­ché de l’em­ploi, et ses ef­fets mul­ti­pli­ca­teurs. En 2012, la fa­bri­ca­tion de bi­joux, le com­merce et le re­cy­clage du mé­tal pré­cieux ont ap­por­té 3,8 bil­lions $ à l’éco­no­mie Turque. Là-bas, la chaîne des va­leurs com­prend 5.000 ar­ti­sans de l’or, 35.000 bou­tiques de bi­jou­te­rie et em­ploie plus de 250.000 per­sonnes. Grâce à l’ex­pan­sion du ré­seau de vente d’or au dé­tail en Chine, les Chi­nois on trans­for­mé 669 tonnes d’or en joaille­rie contre 224 tonnes en 2004. En 2013, lce pays est de­ve­nue le pre­mier mar­ché mon­dial de l’or. En 2013, il a in­ves­ti dans l’achat de 397 tonnes en lin­gots contre 12 tonnes en 2004. C’est que,

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