UNE LUEUR D’ES­POIR

La Presse Business (Tunisia) - - DOSSIER -

Pour dy­na­mi­ser le sec­teur, le pro­jet de loi de fi­nances pour l’exer­cice 2015 pré­voit l’exo­né­ra­tion de l’or pur im­por­té par la Banque cen­trale de Tu­ni­sie (BCT) au pro­fit des ar­ti­sans-bi­jou­tiers tu­ni­siens, des taxes doua­nières. Il sug­gère aus­si l’in­tro­duc­tion dans le cir­cuit éco­no­mique des pro­duits en mé­taux pré­cieux non poin­çon­nés, jus­qu’au 31 dé­cembre 2015, afin de do­ter les bi­jou­tiers de la ma­tière pre­mière et ce, compte te­nu de la hausse conti­nue du prix de l’or sur les mar­chés mondiaux. Il n’em­pêche, mal­gré la ri­chesse de la bi­jou­te­rie tu­ni­sienne, le doig­té et le pro­fes­sion­na­lisme des bi­jou­tiers et la de­mande ex­té­rieure sur les pro­duits tu­ni­siens d’or­fè­vre­rie, l’ex­por­ta­tion des pro­duits tu­ni­siens est confron­tée à de mul­tiples blo­cages ad­mi­nis­tra­tifs. Sur un autre plan, l’ap­pro­vi­sion­ne­ment des ar­ti­sans en quan­ti­tés d’or à rai­son de 40 kg par mois (contre 260 kg au­pa­ra­vant), à rai­son de 65 grammes à 200 grammes par mois pour chaque bi­jou­tier, ne ré­pond plus à une de­mande crois­sante. Ces quan­ti­tés ne sont pas suf­fi­santes non plus pour ré­pondre aux be­soins du sec­teur qui compte 1.200 pro­fes­sion­nels, confron­tés à des dif­fi­cul­tés ma­té­rielles. Cette li­mi­ta­tion fait suite aux ef­fets de l’im­por­ta­tion sur la ba­lance des paye­ments ain­si que sur les ré­serves en de­vises, se­lon la BCT, seule ins­ti­tu­tion d’émis­sion. Ces res­tric­tions ont pro­vo­qué un tol­lé chez les bi­jou­tiers qui ont ap­pe­lé à la créa­tion d’une banque des mé­taux pré­cieux (or et ar­gent) pour leur ap­pro­vi­sion­ne­ment en ma­tière pre­mière, à la li­bé­ra­li­sa­tion du sec­teur de l’or­fè­vre­rie et à la ré­vi­sion des ré­gle­men­ta­tions ré­gis­sant leur mé­tier. Les pro­fes­sion­nels du sec­teur ont éga­le­ment re­ven­di­qué la créa­tion de la­bo­ra­toires d’ana­lyses et d’es­sais pour as­su­rer la fonte et l’af­fi­nage de l’or à la casse dans plu­sieurs gou­ver­no­rats du pays, fai­sant sa­voir que la Tu­ni­sie ne dis­pose, jus­qu’à au­jourd’hui, que d’un seul la­bo­ra­toire (re­le­vant du mi­nis­tère de l’In­dus­trie). En­fin, ils re­ven­diquent la créa­tion d’un con­seil su­pé­rieur pour les bi­jou­tiers qui as­su­re­ra le contrôle des ac­ti­vi­tés de la fi­lière. De nos jours, la chaîne d’ap­pro­vi­sion­ne­ment de l’or en Tu­ni­sie de­meure ex­trê­me­ment com­plexe en rai­son de fac­teurs mul­tiples, comme le rôle de l’or en tant que de­vise pa­ral­lèle, les ni­veaux éle­vés de re­cy­clage at­tei­gnant plus de 35 % de la pro­duc­tion an­nuelle et les vo­lumes de pro­duc­tion si­gni­fi­ca­tifs d’or is­sus de sources ar­ti­sa­nales qui sont sou­vent non of­fi­cielles et par­fois illé­gales.

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