DES RÉ­SERVES QUI N’ONT PAS ÉVO­LUÉ D’UNE ONCE

La Tu­ni­sie dé­tient un stock en or de 6.8 tonnes, dont 5,3 dans les coffres de la Banque cen­trale de Tu­ni­sie (BCT) et 1,5 tonne à la Banque d’An­gle­terre à Londres.

La Presse Business (Tunisia) - - DOSSIER -

Aux yeux des in­ves­tis­seurs, l’or de­meure une va­leur re­fuge, mal­gré son ren­de­ment nul. La Tu­ni­sie n’a pas dé­ro­gé à cette doc­trine. En ef­fet, les ré­serves en or n’ont pas chan­gé d’une once de­puis deux dé­cen­nies pour stag­ner à 6.8 tonnes, dont 5,3 dans les coffres de la Banque Cen­trale de Tu­ni­sie (BCT) et 1,5 tonne à la Banque d’An­gle­terre à Londres. « Il s’agit de l’or phy­sique en lin­got », pré­cise l’expert fi­nan­cier Ez­zed­dine Saï­daine, rap­pe­lant que c’est qua­si­ment la seule forme d’or à dis­po­si­tion. La Tu­ni­sie n’a pas op­té pour d’autres formes plus li­quides, dont les comptes en or. « C’est comme si vous avez des liasses de billets en de­vises et vous ne dis­po­sez pas de comptes en de­vises étran­gères », com­pare-t-il. La stag­na­tion des ré­serves en or dé­note un manque d’agres­si­vi­té des au­to­ri­tés tu­ni­siennes sur le mar­ché du mé­tal jaune dont les cours n’ont ces­sé de croître, pro­fi­tant des bruits de bottes au Moyen-Orient et des fièvres ache­teuses des pays émer­gents, à l’ins­tar de l’Inde et de la Chine. A court de moyens, les au­to­ri­tés tu­ni­siennes se sont conten­tées de gar­der in­chan­gé le ni­veau des stocks en or, dont la va­leur évo­lue au rythme des mar­chés, sans pour au­tant bé­né­fi­cier des hausses.

LES ÉMER­GENTS MISENT SUR LA SOU­VE­RAI­NE­TÉ

Si ce n’est pas pour sa ren­ta­bi­li­té, le mé­tal jaune est adop­té, no­tam­ment par les grandes puis­sances, pour maî­tri­ser cer­tains risques exo­gènes. La Rus­sie, grand pays ga­zier, en­caisse ses ventes d’hy­dro­car­bures en dol­lars, ce qui lui per­met de consti­tuer des stocks consé­quents de billets verts, mais avec un risque qui l’ex­pose, en même temps, à une éven­tuelle dé­va­lua­tion de la mon­naie amé­ri­caine. Pour contre­car­rer ce risque, la Rus­sie pro­cède à une conver­sion qua­si au­to­ma­tique des billets verts en mé­tal jaune, en ache­tant de l’or phy­sique contre ses dol­lars. Autre pays émergent, la Chine, op­tait pour le pla­ce­ment de ses ex­cé­dents de la ba­lance com­mer­ciale dans des Bons du Tré­sor amé­ri­cains. Tou­te­fois, les re­ve­nus de ces titres sont de­ve­nues dé­ri­soires après les ré­vi­sions à la baisse du taux d’in­té­rêt di­rec­teur amé­ri­cain, base de cal­cul du ren­de­ment. Vi­sant la di­ver­si­fi­ca­tion des pla­ce­ments, les Chi­nois misent de plus en plus sur le mé­tal jaune en forme phy­sique et qui se­ra sto­cké chez eux après ac­qui­si­tion. Les deux pays émer­gents optent pour le sto­ckage de l’or phy­sique chez eux, et non pas des comptes en or, pour évi­ter des épi­sodes à l’ira­nienne ou à la li­byenne. L’Iran et la Li­bye ont vu leurs comptes en or ge­lés et sai­sis dans le sillage des conflits po­li­tiques qui ont se­coué ces deux pays pé­tro­liers.

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