MAÎTRE MOT : CONTRÔLE

La Presse Business (Tunisia) - - DOSSIER -

«Plu­sieurs pro­fes­sion­nels, en­clins à ces pra­tiques, n’hé­sitent pas à ter­mi­ner le tra­vail par leurs propres moyens, sans re­cou­rir à Dar Et­ta­baâ qui ap­pose le la­bel tu­ni­sien lé­gal à l’or en Tu­ni­sie», re­grette M. Raâch. A l’en­tendre par­ler, nous croyons fer­me­ment à l’ago­nie du sec­teur. «Des tonnes d’or de pro­ve­nances in­con­nues, es­ti­mées à 19 tonnes de­puis la Ré­vo­lu­tion, des ar­ti­sans qui contournent par tous les moyens le contrôle des au­to­ri­tés de tu­telle, des ventes sans cer­ti­fi­cats d’ori­gine… Rien ne va pour ce sec­teur du luxe», as­sène-t-il. «Au­tre­fois, le mar­ché d’El Ber­ka était le seul en­droit à Tu­nis où convergent les ache­teurs. Certes, le souk garde jus­qu’à au­jourd’hui sa bonne ré­pu­ta­tion grâce à l’hon­nê­te­té de ses com­mer­çants. N’em­pêche que les nou­veaux points de vente mo­dernes où l’on ex­pose des col­lec­tions très bran­chées et très à la mode, ont re­cours à l’im­por­ta­tion de la qua­si to­ta­li­té de leurs bi­joux fa­çon­nés en Tur­quie ou en Ita­lie», ren­ché­rit le vice-pré­sident de la Chambre syn­di­cale na­tio­nale des ar­ti­sans-bi­jou­tiers de Tu­nis. «Cer­tains achètent de l’or pour la casse et le re­cy­clage qu’ils en­voient pour sa trans­for­ma­tion sur les mar­chés étran­gers en vue de le re­ce­voir de nou­veau sous forme de bi­joux pour sa mise en vente sur le mar­ché. Les quo­tas de­man­dés au­près de la Banque cen­trale de Tu­ni­sie, qui sont de l’ordre de 200 grammes par mois et par ar­ti­san, ne sont point uti­li­sés à cette fin, car ces der­niers ont re­cours à des pra­tiques dou­teuses et se pro­curent l’or sur les mar­chés ex­té­rieurs sous forme de pièces finies. Ils évitent ain­si, tout le cir­cuit ha­bi­tuel qu’un ar­ti­san se plai­sait de suivre : for­mer des ap­pren­tis, créer de nou­veaux mo­dèles, choi­sir ses diamants ou toutes autres pierres pré­cieuse, être à l’écoute de sa clien­tèle…», ana­lyse-t-il. Pour M. Mah­moud Raâch, le sec­teur est court-cir­cui­té et do­mi­né par l’es­prit du gain ra­pide et fa­cile. Les ar­ti­sans à El Ber­ka perdent trop de clients, qui pré­fèrent s’ap­pro­vi­sion­ner chez les bou­tiques des quar­tiers hup­pés. Ces mêmes ar­ti­sans qui de­man­daient à la co­opé­ra­tive qui se charge de la dis­tri­bu­tion des parts d’or ré­cu­pé­rés au­près de la BCT, des quan­ti­tés im­por­tantes de ma­tière pre­mière, ré­clament très peu d’or au­jourd’hui, car le vo­lume du tra­vail a consi­dé­ra­ble­ment di­mi­nué.

LE POIN­ÇON DE MAÎTRE

«Lors­qu’ils sont quel­que­fois épin­glés, les ac­cu­sés avouent avoir ache­té des poin­çons pour

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