QUAND LE VENT DE LA RÉ­FORME SOUFFLE

Comme les murs de l’an­tique Jé­ri­cho, les for­ti­fi­ca­tions du ca­pi­ta­lisme mé­di­ter­ra­néen furent long­temps im­pé­né­trables. Au­jourd’hui, les stri­dentes trompe es de la crise et du chan­ge­ment ré­sonnent sous ses rem­parts.

La Presse Business (Tunisia) - - FINANCIAL TIMES - To­ny BAR­BER, FT

Comme les murs de l’an­tique Jé­ri­cho, les for­ti­fi­ca­tions du ca­pi­ta­lisme mé­di­ter­ra­néen furent long­temps im­pé­né­trables. Au­jourd’hui, les stri­dentes trom­pettes de la crise et du chan­ge­ment ré­sonnent sous ses rem­parts. Contraints et for­cés, par l’in­té­rieur comme par l’ex­té­rieur, les hié­rarques de la fi­nance en Es­pagne et en Ita­lie sont sur le point de dé­man­te­ler leurs par­ti­ci­pa­tions croi­sées dans l’in­dus­trie. Ils ont veillé sur elles pen­dant 60 ans, comme sur les don­jons du tré­sor. Li­bé­rés les uns des autres, banques, as­su­reurs et autres en­tre­prises non fi­nan­cières au­ront cer­tai­ne­ment des re­la­tions plus saines et ré­gle­men­tées avec les in­ves­tis­seurs, les po­li­ti­ciens et les au­to­ri­tés de sur­veillance. Mais tout dé­pend jus­qu’à quel point l’ordre an­cien se­ra ou­blié. Que ce soit en Ita­lie ou en Es­pagne, ce n’est vrai­ment pas clair. Dans l’Ita­lie post-1945, En­ri­co Cuc­cia l’em­pe­reur-er­mite de la fi­nance, a amas­sé des in­ves­tis­se­ments im­por­tants dans l’in­dus­trie, pour ce qui fut, au dé­but, une cause in­tou­chable : la re­cons­truc­tion éco­no­mique du pays. Son ou­til de tra­vail : Me­dio­ban­ca, la banque d’in­ves­tis­se­ment mi­la­naise. La même his­toire, ou à peu près, s’est jouée dans l’ère post-Fran­co en Es­pagne. Les ban­quiers ont pris des par­ti­ci­pa­tions dans des groupes pri­vés comme Rep­sol, la com­pa­gnie de pé­trole et de gaz, et Te­lefó­ni­ca, l’opé­ra­teur té­lé­com. Ce que les fi­nan­ciers ont aus­si fait, et pas par ac­ci­dent, a été de mi­ni­mi­ser l’in­fluence étran­gère sur les grandes af­faires. Avec un ho­che­ment de tête com­plice et un clin d’oeil de l’État, ils ont sou­dé des banques po­li­ti­que­ment bien connec­tées, des groupes in­dus­triels et des for­tunes fa­mi­liales pour consti­tuer des pha­langes de sou­tien au pou­voir en place dans le pays. Après cinq ans de crise éco­no­mique sans ré­pit, le chan­ge­ment ar­rive en­fin en Eu­rope du Sud. Les ca­pi­taines de l’éco­no­mie et les ins­tances eu­ro­péennes se mettent en branle. Chez Me­dio­ban­ca et Ge­ne­ra­li, le groupe d’as­su­rances de Trieste, les di­ri­geants pro­mettent de vendre des parts jusque-là pré­cieuses dans des aé­ro­ports, des hô­tels, des groupes de mé­dias et les opé­ra­teurs té­lé­coms. L’ar­gent et l’ex­per­tise doivent être re­di­ri­gés vers les ac­ti­vi­tés cen­trales : banque de prêt, banque d’in­ves­tis­se­ment, as­su­rances. Au­tre­ment dit, Ge­ne­ra­li et Me­dio­ban­ca n’ont plus as­sez d’ap­pé­tit pour conti­nuer à te­nir leur rôle de maîtres du ring, à peine ca­chés der­rière les grandes af­faires ita­liennes. Tous deux étu­dient la pos­si­bi­li­té de vendre leurs in­té­rêts dans Tel­co, la hol­ding qui dé­tient 22,4% de Té­lé­com Ita­lia et qui perd de l’ar­gent, dès que les res­tric­tions sur les ces­sions

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