RA­PID-POSTE, DE QUOI PAR­LEZ-VOUS ?

La Presse Business (Tunisia) - - POST-SCRIPTUM - Par Saous­sen BOULEKBACHE

Même si nous sommes tous ha­bi­tués à vivre avec la mé­dio­cri­té qui ca­rac­té­rise la Tu­ni­sie d’après 2011, rien ne nous em­pêche de dé­non­cer cer­tains faits graves et nui­sibles à tous les ni­veaux. Plu­sieurs res­pon­sables, pri­vés et pu­blics mettent le doigt sur un phé­no­mène, a prio­ri to­ta­le­ment né­faste pour notre éco­no­mie na­tio­nale. Ils le si­gnalent d’un cri de désar­roi et de dé­tresse pous­sé face à l’am­pleur des dé­gâts cau­sés par ces ser­vices de la Poste. Tous dé­plorent la dé­té­rio­ra­tion de ses ser­vices. Les en­tre­prises, dont l’ac­ti­vi­té et la com­pé­ti­ti­vi­té dé­pendent de la cé­lé­ri­té et de la qua­li­té des ser­vices lo­gis­tiques, n’ont ces­sé d’at­ti­rer l’at­ten­tion de la Poste et du mi­nis­tère de tu­telle, di­rec­te­ment et in­di­rec­te­ment, sur le sé­rieux de la si­tua­tion et la né­ces­si­té de ré­ta­blir ra­pi­de­ment la bonne qua­li­té des pres­ta­tions. A la grande sur­prise de tous les ac­teurs de l’éco­no­mie na­tio­nale, toutes leurs ré­cla­ma­tions sont vouées à l’ou­bli. Leurs co­lis n’ar­rivent pas et se perdent même en cours de route. Pis en­core, les ho­raires de la Poste se sont ali­gnés à ceux de l’ad­mi­nis­tra­tion. A la grande sur­prise de tout le monde, le ser­vice qui tra­vaille nor­ma­le­ment 7 jours sur 7, n’as­sure plus que 5 jours sur 7 et ferme en plein mi­lieu d’après-mi­di, à 16 h00. De quelle Ra­pid-poste parle-t-on alors ? Quelle dy­na­mique éco­no­mique cherche-t-on ? L’homme d’af­faires tu­ni­sien, qui se trouve dans l’obli­ga­tion d’évo­luer dans ce type d’en­vi­ron­ne­ment, n’ar­rive plus à ré­sis­ter. Que di­rions­nous des in­ves­tis­seurs étran­gers qui se trouvent, eux aus­si, otages d’un mi­lieu qui leur échappe com­plè­te­ment. Un dys­fonc­tion­ne­ment qui fait perdre aux gens non seule­ment de l’ar­gent, mais éga­le­ment des contrats et des clients. Ces der­niers sont obli­gés d’as­su­rer ce ser­vice par eux-mêmes. Les ser­vices de Ra­pid-poste doivent im­pé­ra­ti­ve­ment être re­vus et cor­ri­gés «ra­pi­de­ment» (pléo­nasme obli­ga­toire). Le monde des ser­vices est mal as­su­ré et doit être ré­vi­sé dans le but d’ai­der la Tu­ni­sie à dé­col­ler du ma­rasme gé­né­ral. Sans cal­cul et mau­vaise foi, les res­pon­sables sont dans l’obli­ga­tion d’être ou­verts, à l’écoute d’au­trui. Ils doivent ap­prendre à ac­cep­ter les cri­tiques, à re­con­naître leurs torts et per­mettre aux autres, meilleurs qu’eux, de tra­vailler en paix. Au fi­nal, il faut sa­voir se com­por­ter comme un vrai res­pon­sable et as­su­mer plei­ne­ment son rôle. Il faut aus­si en­cou­ra­ger les pri­vés à in­ves­tir des do­maines jus­qu’ici mo­no­po­li­sés par l’Etat.

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