“UNE NOU­VELLE JEUNESSE POUR UN EN­TRE­PRE­NEUR ATY­PIQUE”

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - Par Ta­har AYA­CHI

A78 ans, Ab­der­ra­zak Chéraït re­trouve une nou­velle jeunesse. C’est que cet en­tre­pre­neur aty­pique af­fronte les dé­fis comme on entre en cure de jou­vence. Son par­cours, se­mé d’em­bûches au­tant qu’il a été ja­lon­né de suc­cès, l’a fait re­bon­dir à chaque fois qu’une étape de sa très longue car­rière a sem­blé l’avoir ins­tal­lé dans sa des­ti­na­tion fi­nale. Après des études brillantes me­nées pa­ral­lè­le­ment à une ac­tion po­li­tique me­née au sein du Néo-Des­tour qui l’a ame­né à as­su­mer des res­pon­sa­bi­li­tés d’en­ca­dre­ment dans la lutte de libération na­tio­nale, il en­tame sa vie pro­fes­sion­nelle en de­ve­nant, à l’âge de 26 ans, le plus jeune di­rec­teur dans l’his­toire des banques tu­ni­siennes (à la Banque du Peuple, puis à la Banque du Sud à sa fon­da­tion), il de­vient suc­ces­si­ve­ment, P-DG en 1972 d’une im­por­tante en­tre­prise in­dus­trielle pu­blique (la Com­pa­gnie gé­né­rale de l’élec­tri­ci­té (Co­ge­lec), hé­ri­tière des an­ciens Eta­blis­se­ments Cons­tan­tin), puis as­so­cié en 1978 au sein de la So­cié­té mé­di­ter­ra­néenne des tra­vaux élec­triques (Smte) avant de de­ve­nir en 1980 son propre pa­tron à la tête de la So­cié­té tu­ni­sienne de l’éclai­rage, plus connue sous l’ap­pel­la­tion de la marque au pro­fit de la­quelle il sous-trai­tait le ma­té­riel d’éclai­rage : Maz­da. Une pro­gres­sion qua­si li­néaire à la­quelle, fin des an­nées 80, il fe­ra prendre un vi­rage à 90 de­grés qui lais­se­ra son en­tou­rage pan­tois : il dé­cide de fon­der dans la ville de ses an­cêtres, To­zeur, un « mu­sée de la ci­vi­li­sa­tion tu­ni­sienne » et un parc de loi­sirs, la Ci­té des Mille et une nuits. Son pa­ri sur la culture en ré­gion en­cla­vée a été ju­gé fou pour ne pas dire sui­ci­daire. On sait la dy­na­mique in­duite par cette réa­li­sa­tion dans la vie éco­no­mique de la ville et même de la ré­gion. La re­nais­sance de To­zeur à la fa­veur d’un en­goue­ment sans pré­cé­dent pour cette des­ti­na­tion, en par­ti­cu­lier par­mi les na­tio­naux qui af­fluaient là-bas par cen­taines de mil­liers par an, a tout na­tu­rel­le­ment ame­né les To­zeu­rois à élire mas­si­ve­ment Chéraït, maire de leur ville, lorsque le tout nou­veau RCD, en quête de cré­di­bi­li­té, l’a pla­cé en tête de sa liste à trois re­prises aux élec­tions mu­ni­ci­pales lo­cales. Mais, à l’image du pays, le Jé­rid est pro­gres­si­ve­ment en­tré en crise et le mael­ström re­ven­di­ca­tif du «prin­temps de la Ré­vo­lu­tion » a conduit à la pa­ra­ly­sie de la plu­part des sec­teurs d’ac­ti­vi­té éco­no­mique et fait en­trer le tou­risme à To­zeur dans un co­ma pro­fond. Pro­fon­dé­ment af­fec­té par l’« in­gra­ti­tude » de la ma­jo­ri­té de ses em­ployés, Chéraït a im­po­sé le lock-out de ses éta­blis­se­ments. Mais l’amour qu’il porte à sa ville et à sa ré­gion l’ont ame­né à rou­vrir ceux de ces es­paces (Dar Chéraït, La Ci­té des Mille et une nuits, ain­si que le parc Chak­wak) qui pou­vaient du moins cou­vrir leurs frais de fonc­tion­ne­ment. Bien plus : il s’est pré­sen­té aux élec­tions lé­gis­la­tives de 2014 pour dé­fendre dans l’en­ceinte de l’As­sem­blée des re­pré­sen­tants du peuple (ARP) les in­té­rêts du Jé­rid et du pays. Ar­ri­vé en tête des élus dans sa bonne ville de To­zeur, le dé­pu­té Chéraït siège au­jourd’hui au pa­lais du Bar­do. Nous l’avons ren­con­tré pour les lec­teurs de la Presse Bu­si­ness.

Il dé­cide de fon­der dans la ville de ses an­cêtres,

To­zeur, un « mu­sée de la ci­vi­li­sa­tion tu­ni­sienne » et un parc de loi­sirs, la Ci­té des Mille

et une nuits.

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