“JE SUIS CONTRE LA PO­LI­TIQUE DE LA MI­SÈRE PRA­TI­QUÉE PAR LE GOU­VER­NE­MENT”

Ab­der­ra­zak Chéraït est connu pour son franc-par­ler qui, par­fois, frise la pro­vo­ca­tion. C’est sa ma­nière à lui de lu er contre le confor­misme, de pro­vo­quer les dé­bats et d’ou­vrir des brèches pour lais­ser pas­ser des idées no­va­trices et des pra­tiques nou­vell

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - Par Ta­har AYA­CHI - Pho­tos : Hi­chem GOUIÂ

Le nou­veau Ab­der­ra­zak Chéraït est ar­ri­vé. En quoi est-il nou­veau ?

A. C : Ce qui est nou­veau, c’est que, pour une fois, je me re­trouve dans une si­tua­tion que je n’ai pas re­cher­chée. Je n’ai ja­mais eu en tête l’idée de me pré­sen­ter à la dé­pu­ta­tion. Mon en­tou­rage a ju­gé que le sta­tut de dé­pu­té pou­vait m’ai­der à faire abou­tir au moins quelques-unes de mes idées et de mes pro­jets au pro­fit de la so­cié­té. J’ai alors été pres­sé de me pré­sen­ter aux élec­tions à l’As­sem­blée des re­pré­sen­tants du peuple de no­vembre 2014. J’ai fi­ni par ac­cep­ter, parce que j’ai réa­li­sé que le sta­tut de dé­pu­té pou­vait m’ou­vrir des portes qui, jusque-là, m’étaient res­tées fer­mées.

Mais pour­quoi avoir choi­si l’étique e d’in­dé­pen­dant ?

A. C : Parce que, par tem­pé­ra­ment aus­si bien que par convic­tion po­li­tique, je ne peux m’as­su­jet­tir à la dis­ci­pline par­ti­sane. Je par­tage avec quelques for­ma­tions po­li­tiques bien des idées, mais j’ai aus­si les miennes propres que je peux mieux faire abou­tir en me ral­liant ponc­tuel­le­ment à telle ou telle ini­tia­tive de l’un ou des par­tis. J’avoue que la plu­part du temps je me sens des af­fi­ni­tés avec Ni­da ou Afak.

Vous dites que vous êtes in­dé­pen­dant, mais, en fait, vous ap­par­te­nez au par­ti des hommes d’af­faires…

A. C : Qu’est-ce qui urge au­jourd’hui ? La créa­tion d’em­plois. Et qu’est-ce qui manque pour en créer ? L’in­ves­tis­se­ment. Et qui d’autre que les hommes d’af­faires va in­ves­tir ?

Dans l’échi­quier po­li­tique, on pour­rait vous clas­ser à droite.

A. C : Di­sons que je suis de la droite so­ciale.

Après une an­née de tra­vail par­le­men­taire, com­ment ju­gez-vous votre ac­tion dans l’Hé­mi­cycle ?

A. C : Je res­sens beau­coup de frus­tra­tion. La conjonc­ture re­quiert une très grande ré­ac­ti­vi­té. Or, on lé­gi­fère avec une len­teur déses­pé­rante. Et cette len­teur se ré­per­cute sur toutes les sphères de dé­ci­sion, sur le tra­vail du gou­ver­ne­ment, comme sur ce­lui de l’ad­mi­nis­tra­tion ou de l’ac­tion ci­toyenne dans le cadre as­so­cia­tif. Il faut avouer qu’il y a au­jourd’hui une nou­velle bu­reau­cra­tie qui s’est ins­tal­lée au Bar­do et qui en­trave la prise de dé­ci­sion. On met des mois et des mois pour adop­ter une loi, alors que la si­tua­tion dans la­quelle se trouve le pays se ca­rac­té­rise par l’ur­gence.

Au lieu de son­ger à mettre sur le car­reau des mil­liers de gens, il faut plu­tôt s’em­ployer à les in­té­grer pro­gres­si­ve­ment dans le cir­cuit éco­no­mique nor­mal.”

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