«UNE EN­TRE­PRISE SO­CIALE NE VERSE PAS DE DI­VI­DENDES»

Mu­ham­mad Yu­nus, l’éco­no­miste du Ban­gla­desh, Prix No­bel de la paix 2006, cé­lèbre pour avoir lan­cé le mou­ve­ment du mi­cro­cré­dit, et pro­mu le «so­cial bu­si­ness», est un homme très oc­cu­pé, tou­jours en voyage. Il était à New York pour la se­maine de l’As­sem­blée g

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - MAR­TIN DICK­SON, FT

Yu­nus est une per­son­na­li­té ré­vé­rée dans ce monde, et son agen­da dé­borde de ren­dez-vous. Est-ce in­ha­bi­tuel pour lui d’avoir une se­maine si rem­plie ? “Non, par­tout où je vais c’est la même chose.” Les gens, dit-il, veulent ti­rer par­ti de chaque mi­nute pas­sée avec moi. Il ra­conte qu’il rate sou­vent des re­pas parce qu’il doit par­ler, alors que tous les autres par­ti­ci­pants de la réunion dé­jeunent. Comme il sied aux pen­seurs et in­no­va­teurs les plus en vue dans le monde de la lutte contre la pau­vre­té, il émane de lui un charme tran­quille, cha­ris­ma­tique, le signe d’un es­prit qui se consacre à des choses plus éle­vées qu’un lunch. Il a beau­coup de che­veux gris et un vi­sage ou­vert où perce tou­jours un sou­rire in­dul­gent. Ses vê­te­ments sont simples : une tu­nique brune, des pan­ta­lons beiges et la che­mise sans col de ri­gueur, confec­tion­née par des cou­tu­rières ban­gla­daises. Il dit, en plai­san­tant, qu’il est de­ve­nu le man­ne­quin du sec­teur tex­tile. A 73 ans, il dé­gage l’éner­gie phy­sique et men­tale d’un homme bien plus jeune. Et il doit en avoir vrai­ment be­soin : cette an­née, il pas­se­ra soixante pour cent de son temps en de­hors du Ban­gla­desh, en voyage à tra­vers le monde, pour pro­mou­voir ses idées et ses ini­tia­tives. Ces der­nières vont des pro­jets uni­ver­si­taires — il est par exemple chan­ce­lier de l’uni­ver­si­té Ca­le­do­nian de Glas­gow et, à New York, il va as­sis­ter à l’inau­gu­ra­tion du cam­pus de Man­hat­tan, orien­té vers la mode — à sa vi­sion d’un nou­veau bu­si­ness mo­del in­ter­mé­diaire entre phi­lan­thro­pie et ca­pi­ta­lisme mus­clé. Il l’ap­pelle le bu­si­ness so­cial. L’ori­gine de la cé­lé­bri­té de Mu­ham­mad Yu­nus re­monte au mi­lieu des an­nées 70, quand il di­ri­geait le dé­par­te­ment d’éco­no­mie de l’uni­ver­si­té dans la ci­té por­tuaire de Chit­ta­gong, au Ban­gla­desh. Il est né à la pé­ri­phé­rie de cette ville. Son père était bi­jou­tier, et la famille vi­vait au-des­sus

«La nais­sance du pro­jet illustre la dé­marche créative de son ins­ti­ga­teur, son ta­lent pour construire un ré­seau, et son es­prit d’en­tre­pre­neur»

de la bou­tique. C’est là qu’il est re­ve­nu vivre après six ans pas­sés à étu­dier et à en­sei­gner aux Etats-Unis. Sou­hai­tant com­prendre les rai­sons de l’ex­trême pau­vre­té au­tour de lui, il a com­men­cé par vi­si­ter un vil­lage si­tué à proxi­mi­té du cam­pus de l’uni­ver­si­té. Il y a ren­con­tré des per­sonnes si pauvres qu’elles ne pou­vaient payer le ma­té­riel né­ces­saire à leur toute pe­tite échoppe et dé­pen­daient des usu­riers. Yu­nus, ému, a prê­té 27 dol­lars de sa poche à 42 d’entre elles, pour bri­ser ce cycle. Ce fut le dé­but de la ré­vo­lu­tion du mi­cro­cré­dit. Tra­di­tion­nel­le­ment, les banques re­poussent les plus pauvres, consi­dé­rés comme des clients à risques, car ils n’ont pas de biens à pro­po­ser en cau­tion. Mais à tra­vers une sé­rie d’ex­pé­ri­men­ta­tions tou­jours plus am­bi­tieuses, en jouant lui-même, dans un pre­mier temps, le rôle de ga­rant pour des cré­dits ban­caires, Yu­nus a prou­vé que beau­coup de ces très pauvres rem­bour­saient très bien. Ils sa­vaient qu’ob­te­nir un cré­dit était leur seule chance d’échap­per à l’in­di­gence. C’est de là qu’est née la Gra­meen Bank au Ban­gla­desh, dont la vo­ca­tion est de prê­ter de faibles sommes d’ar­gent à de très pe­tits en­tre­pre­neurs. A l’époque, comme main­te­nant, beau­coup ne sa­vaient ni lire ni écrire, et plus de 90 % des em­prun­teurs étaient des femmes, chose à elle seule ré­vo­lu­tion­naire dans un pays ma­jo­ri­tai­re­ment mu­sul­man et aux men­ta­li­tés conser­va­trices quant au tra­vail des femmes. Gra­meen (mot qui si­gni­fie ‘ru­ral’) est de­ve­nue un mo­dèle puis­sant pour la ré­duc­tion de la pau­vre­té et l’éman­ci­pa­tion des femmes. Il a été co­pié par­tout dans le monde. En re­con­nais­sance de leur tra­vail, Yu­nus et sa banque ont re­çu le Prix No­bel de la paix en 2006. Entre-temps, il avait lan­cé une sé­rie d’en­tre­prises et de fonds por­tant le sigle Gra­meen. Il s’agis­sait sou­vent d’en­tre­prises ‘so­ciales’, lan­cées avec des par­te­naires, et in­dé­pen­dantes de la Banque Gra­meen. Il a dé­ve­lop­pé ses idées à l’in­ter­na­tio­nal, al­lant jus­qu’à créer une or­ga­ni­sa­tion de mi­cro­cré­dit aux Etats-Unis, Gra­meen Ame­ri­ca. Il s’agit là de suc­cès re­mar­quables, même s’ils n’échappent pas à des cri­tiques dans le monde du dé­ve­lop­pe­ment. Cer­tains disent que Yu­nus, par­fois très dur en pa­roles avec les grandes agences de co­opé­ra­tion et dé­ve­lop­pe­ment ou cer­taines of­fi­cines com­mer­ciales de mi­cro­cré­dit, sim­pli­fie à l’ex­cès les pro­blèmes; que sa vi­sion du mo­dèle Gra­meen est trop in­flexible et qu’il n’est donc plus à l’avant-garde de la ré­flexion sur la mi­cro-fi­nance. Mais ces cri­tiques ne sont rien face à la cam­pagne de dé­ni­gre­ment que mène contre lui le gou­ver­ne­ment du Ban­gla­desh, di­ri­gé par le Pre­mier mi­nistre Sheikh Ha­si­na. Loin de sa­luer Yu­nus comme un héros na­tio­nal, alors que de­puis 2007, son por­trait fi­gure sur d’in­nom­brables sé­ries de timbres-poste, le gou­ver­ne­ment a mon­té ce qui semble être pour beau­coup

Les ra­cines de la cé­lé­bri­té de Mu­ham­mad Yu­nus re­montent au mi­lieu des an­nées 70, quand il di­ri­geait le dé­par­te­ment d’éco­no­mie de l’uni­ver­si­té dans la ci­té por­tuaire de Chit­ta­gong, au Ban­gla­desh

Loin de sa­luer Yu­nus comme un héros na­tio­nal, alors que de­puis 2007, son por­trait fi­gure sur d’in­nom­brables sé­ries de timbres-poste, le gou­ver­ne­ment a mon­té contre lui ce qui semble être pour beau­coup une cam­pagne hai­neuse de per­sé­cu­tion.

une of­fen­sive hai­neuse. En 2011, Yu­nus a été contraint de cé­der son siège de di­rec­teur gé­né­ral de la Banque Gra­meen, que le gou­ver­ne­ment me­nace main­te­nant de na­tio­na­li­ser. Plus ré­cem­ment, les au­to­ri­tés l’ont ac­cu­sé d’éva­sion fis­cale, ce qu’il nie. De nom­breuses per­son­na­li­tés po­li­tiques lui ont ap­por­té leur sou­tien, dont Hilla­ry Clin­ton quand elle était se­cré­taire d’Etat des Etats-Unis. Les mo­tifs de Sheikh Ha­si­na ne sont pas clairs. Cer­tains ana­lystes sug­gèrent qu’elle voyait le très po­pu­laire Yu­nus comme un ri­val éven­tuel de­puis 2007, quand il a briè­ve­ment fait al­lu­sion à une pos­sible car­rière po­li­tique. D’autres disent qu’elle pour­rait être ja­louse de sa cé­lé­bri­té, ou qu’elle es­père se ser­vir de la Banque Gra­meen à son propre avan­tage élec­to­ral. Dans ses ren­contres avec les mé­dias, Yu­nus aver­tit d’em­blée qu’il ne sou­haite pas par­ler de po­li­tique au Ban­gla­desh. Ses en­ne­mis pour­raient l’ac­cu­ser de dé­ni­grer son pays à par­tir de l’étran­ger. Mais in­ter­ro­gé pour sa­voir s’il est sen­sible à ces at­taques, il ré­pond ému: “Oui, beau­coup, dit-il avec émo­tion. Parce que vous êtes constam­ment at­ta­qué. Vous vous ré­veillez le ma­tin, vous avez peur d’ou­vrir le jour­nal, une at­taque vous at­tend...Vous êtes tou­jours oc­cu­pé à ré­pa­rer les dé­gâts. Vous de­vez four­nir des preuves. C’est très fa­cile de dif­fa­mer une per­sonne.” Contrai­re­ment à ce su­jet, il sou­haite plu­tôt par­ler de quelque chose de plus po­si­tif, son concept du bu­si­ness so­cial, et de ses ef­forts pour lan­cer ces en­tre­prises so­ciales dans le monde en­tier. Une en­tre­prise so­ciale, ex­plique-t-il, est créée par des per­sonnes qui sont mo­ti­vées par la ré­so­lu­tion d’un pro­blème so­cial, sou­vent le chô­mage, et non par l’en­vie de ga­gner elles-mêmes de l’ar­gent. Ce qui est dif­fé­rent du mo­dèle sans but lu­cra­tif et phi­lan­thro­pique qui, à ses yeux, pré­sente une fai­blesse ré­cur­rente : sa dé­pen­dance des dons pour sur­vivre. Une en­tre­prise so­ciale, pour­suit-il, fait des pro­fits, ce qui la rend viable. Mais elle ne verse pas de di­vi­dendes. Tout bé­né­fice est ré­in­ves­ti dans l’en­tre­prise. Un pro­prié­taire peut re­ti­rer sa mise ini­tiale, mais pas plus. “Les gens disent que les en­tre­prises tra­di­tion­nelles font la même chose. Ils créent une en­tre­prise, ils em­ploient 5, 10, ou 200 per­sonnes. Alors, quelle est la dif­fé­rence entre une en­tre­prise so­ciale et une en­tre­prise clas­sique ? me disent-ils. Je leur ré­ponds que dans une en­tre­prise clas­sique, vous en­trez dans les af­faires pour faire de l’ar­gent. Pour ce­la, vous avez be­soin de gens qui tra­vaillent pour vous. Ils sont donc un ou­til pour at­teindre votre ob­jec­tif prin­ci­pal. Dans une en­tre­prise so­ciale, créer l’emploi de ces 5 per­sonnes est l’ob­jec­tif.” De­puis sept ans, Yu­nus ex­pé­ri­mente ce mo­dèle au Ban­gla­desh, par exemple dans une joint-ven­ture créée avec Da­none, le groupe agroalimentaire fran­çais, pour pro­duire sur place un yaourt hau­te­ment nour­ris­sant. Après des dé­buts in­cer­tains, l’en­tre­prise semble mieux fonc­tion­ner, et son but est de créer 1.600 em­plois dans les vil­lages. Yu­nus dit qu’il re­cherche main­te­nant

35 mil­lions de dol­lars pour créer des en­tre­prises dans sept autres pays. Il es­père qu’elles se­ront co­piées par­tout. “Nous

tra­vaillons sur la graine”, dit-il. Haï­ti, tou­jours aux prises avec les consé­quences du séisme de 2010, doit en être l’un des bé­né­fi­ciaires. L’un des pro­jets de Yu­nus est un élevage de vo­lailles, mon­té en par­te­na­riat avec Bra­sil Foods, le géant bré­si­lien du pou­let. La nais­sance de ce pro­jet illustre la dé­marche créative de son ins­ti­ga­teur, son ta­lent pour construire un ré­seau, et son es­prit d’en­tre­pre­neur. Yu­nus ra­conte que l’idée de cette ac­ti­vi­té lui est ve­nue du­rant un dî­ner en Haï­ti quand il a ap­pris (chose an­non­cée avec fier­té) que tous les ali­ments ser­vis étaient im­por­tés. Il ra­conte ce qui s’est pas­sé en­suite dans un style qu’il af­fec­tionne et qui semble propre à lui : un long dia­logue, où sur­git sou­vent la pre­mière per­sonne du sin­gu­lier, et qui le pré­sente dis­pen­sant sa sa­gesse à une per­sonne qui n’a pas en­core été éveillée à ses idées. “Je dis ‘Pour­quoi ser­vez­vous des ali­ments im­por­tés ? Vous ne pro­dui­sez rien ici ?’ - Pas grand-chose, même le sel est im­por­té. “Je dis ‘Pour­quoi ? Vous êtes sur une île. Vous êtes en­tou­ré de sel... Pre­nez l’eau, at­ten­dez que ça sèche, et vous au­rez du sel. C’est ce que nous fai­sons au Ban­gla­desh.” On lui ap­prend en­suite que les oeufs sont im­por­tés de la Ré­pu­blique Do­mi­ni­caine. “Je dis, la Ré­pu­blique Do­mi­ni­caine et vous, Haï­ti, êtes sur la même île. S’ils peuvent pro­duire des oeufs, pour­quoi ne pro­dui­sez-vous pas vos propres oeufs ? ” A ce mo­ment,

dit-il, il se sou­vient que Bra­sil Foods sou­haite tra­vailler avec lui, et une idée d’en­tre­prise est née. Les en­tre­prises so­ciales ont l’air ad­mi­rables, mais une de leurs fai­blesses est qu’elles dé­pendent, pour at­teindre une quel­conque en­ver­gure, d’un pool d’in­ves­tis­seurs for­tu­nés ou d’en­tre­prises phi­lan­thro­piques. Y en a-t-il as­sez dans le monde pour y par­ve­nir ? Sa longue ré­ponse ne ré­pond pas vrai­ment à la ques­tion. La théo­rie éco­no­mique, di­til, a ré­duit les hu­mains à une unique di­men­sion, celle de

“ro­bot pro­duc­teur d’ar­gent”. Il veut “ou­vrir une porte” pour qu’une autre fa­cette émerge. Est-ce que le ca­pi­ta­lisme est OK ? Oui, mais “ce ca­pi­ta­lisme tient sur une jambe, il est très in­stable, il a des pro­blèmes, ils n’avance pas très bien”. Il lui faut une jambe sup­plé­men­taire, une jambe hu­ma­ni­taire. Mais existe-t-il un pool suf­fi­sant d’in­ves­tis­seurs ? Il ré­pond que des mil­liards de dol­lars sont don­nés à des fon­da­tions qui les ré­par­tissent en­suite entre des or­ga­ni­sa­tions phi­lan­thro­piques qui font du bon tra­vail, mais ne ré­in­jectent pas l’ar­gent comme les en­tre­prises so­ciales le fe­raient. Ces fi­nan­ce­ments pour­raient être “une énorme source de fonds”. Une autre source de fi­nan­ce­ments, ce sont les en­tre­prises par­te­naires. Or, elles pour­raient n’ac­cor­der que des sommes mo­destes, juste suf­fi­santes pour re­do­rer leur bla­son d’en­tre­prises so­cia­le­ment res­pon­sables. Des jour­na­listes, dit-il, l’ont ac­cu­sé d’être uti­li­sé par Da­none dans leur joint­ven­ture au Ban­gla­desh. Il leur a ré­pon­du que c’était lui qui uti­li­sait Da­none, car jusque-là, le monde n’en­ten­dait pas son idée de bu­si­ness so­cial. “Dès que Da­none l’a fait, tout le monde

l’a su !” Un autre su­jet dé­li­cat, nour­rit le grand dé­bat qui a lieu dans le monde uni­ver­si­taire sur le rôle du mi­cro­cré­dit dans le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique. Ce sec­teur a tou­jours des sup­por­ters so­lides, mais de ré­cents tra­vaux, comme ceux ex­po­sés par Da­vid Rood­man dans son livre «Due Di­li­gence : An Im­per­ti­nent In­qui­ry in­to Mi­cro­fi­nance» (Une en­quête im­per­ti­nente dans la mi­cro­fi­nance) avancent qu’il n’y a pas de preuve que le mi­cro­cré­dit ré­duit la pau­vre­té. Mo­ham­mad Yu­nus ne s’ir­rite pas de cette as­ser­tion, mais sa ré­ponse est me­su­rée : per­sonne, dit-il, ne dit que “le mi­cro­cré­dit tue les pauvres gens et de­vrait donc être an­ni­hi­lé. La ques­tion qui mé­rite d’être po­sée est com­ment l’amé­lio­rer. C’est comme la banque. Est-ce que l’ac­ti­vi­té ban­caire de­vrait être ar­rê­tée parce qu’elle a créé une crise fi­nan­cière ? Non. De la même fa­çon, la banque des pauvres de­vrait conti­nuer. Com­ment le faire de fa­çon plus sys­té­ma­tique, plus for­melle, voi­là la ques­tion.” Quand on lui de­mande s’il peut conti­nuer à cou­rir le monde, alors qu’il entre dans sa hui­tième dé­cen­nie. Il sou­rit. “Ca me plaît. C’est ce qui est im­por­tant pour moi. Le fait que les gens m’écoutent, qu’ils ne s’en aillent pas, au contraire, ils se ras­semblent au­tour de moi. Et les jeunes sont très en­thou­siastes. C’est ce qui me plaît le plus. Les jeunes cherchent ce qu’ils peuvent faire.»

Une en­tre­prise so­ciale est créée par des per­sonnes qui sont mo­ti­vées par la ré­so­lu­tion d’un pro­blème so­cial, sou­vent le chô­mage, et non par l’en­vie de ga­gner elles-mêmes de l’ar­gent.”

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