LE SEC­TEUR PRI­MAIRE SUR UNE NOTE PO­SI­TIVE

En dé­pit des condi­tions agro­cli­ma­tiques dif­fi­ciles, le po­ten­tiel de dé­ve­lop­pe­ment agri­cole du pays, no­tam­ment en termes de crois­sance des cultures ma­raî­chères, d’ar­bo­ri­cul­ture frui­tière, ain­si que des cultures four­ra­gères, se ré­vèle non né­gli­geable

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE -

Le sec­teur pri­maire dji­bou­tien a été ca­rac­té­ri­sé par une per­for­mance po­si­tive de 5% en 2014 en dé­pit des pé­riodes de sé­che­resse ré­cur­rentes dans la sous­ré­gion, se­lon le rap­port an­nuel de la Banque cen­trale de Dji­bou­ti (BCD). A la lec­ture de ce do­cu­ment, c’est sur­tout le dé­ve­lop­pe­ment de l’agri­cul­ture et de la pêche qui a beau­coup souf­fert de condi­tions cli­ma­tiques des plus hos­tiles en­re­gis­trées cette der­nière dé­cen­nie dans ce pe­tit pays de la Corne d’Afrique. En ef­fet, avec seule­ment 10% de terres arables ac­tuel­le­ment culti­vées, la production agri­cole dji­bou­tienne est de l’ordre de 7.000 tonnes par an pour un to­tal de 1.815 ex­ploi­ta­tions agri­coles. Les cultures ma­raî­chères consti­tuent, par ailleurs, l’es­sen­tiel de la production agri­cole et ne couvrent que 10% des be­soins na­tio­naux. Se­lon ce rap­port an­nuel de la BCD, par­mi les prin­ci­paux pro­blèmes af­fec­tant le dé­ve­lop­pe­ment du sec­teur agri­cole de Dji­bou­ti, l’on re­lève la ra­re­té des res­sources en eau fa­ci­le­ment mo­bi­li­sables, la non-maî­trise des tech­niques d’ir­ri­ga­tion, la fai­blesse des or­ga­ni­sa­tions de producteurs et l’ab­sence d’in­fra­struc­tures de sto­ckage. Par ailleurs, et afin d’ac­croître la production agri­cole, les pou­voirs pu­blics ont en­ga­gé des pro­grammes de créa­tion de nou­veaux points d’eau et de mo­bi­li­sa­tion des eaux de sur­face, et ce, pour ga­ran­tir l’au­to­suf­fi­sance ali­men­taire de la po­pu­la­tion. S’agis­sant

Les pou­voirs pu­blics ont en­ga­gé des pro­grammes de créa­tion de nou­veaux points d’eau et de mo­bi­li­sa­tion des eaux de sur­face, et ce, pour ga­ran­tir l’au­to­suf­fi­sance ali­men­taire de la po­pu­la­tion.

du sec­teur de l’élevage, les ana­lystes de la BCD sou­lignent que les nom­breuses contraintes en­tra­vant le dé­ve­lop­pe­ment de ce sec­teur res­tent tou­jours les mêmes, à sa­voir l’ap­pro­vi­sion­ne­ment en eau in­suf­fi­sant, le dé­fi­cit ali­men­taire, la mé­con­nais­sance du po­ten­tiel gé­né­tique des ani­maux d’élevage, la non-maî­trise des ma­la­dies ani­males, la faible or­ga­ni­sa­tion des producteurs ou en­core l’ab­sence des in­ves­tis­seurs pri­vés. Le sec­teur de l’élevage consti­tue une ac­ti­vi­té ma­jeure de la po­pu­la­tion ru­rale de Dji­bou­ti et ré­pond à une de­mande im­por­tante du sec­teur ali­men­taire, no­tam­ment de la viande et du lait. Les der­nières don­nées es­ti­ma­tives font état d’un chep­tel dji­bou­tien com­pre­nant plus d’un mil­lion de pe­tits ru­mi­nants, 40.000 bo­vins et 50.000 ca­mé­li­dés. Quant au sec­teur de la pêche, il contri­bue fa­ci­le­ment à la créa­tion de la ri­chesse au ni­veau na­tio­nal, fort des res­sources ha­lieu­tiques abon­dantes es­ti­mées à 50.000 tonnes par an, compte te­nu de sa fa­çade ma­ri­time longue de 372 km, pré­cise cette étude. En ef­fet, avec une production ha­lieu­tique an­nuelle de pro­duits fluc­tuant entre 1.500 et 2.000 tonnes, la pêche à Dji­bou­ti est en­core à un stade non in­dus­triel et em­ploie une main-d’oeuvre es­ti­mée à 1.000 per­sonnes, le plus sou­vent équi­pée de pe­tites em­bar­ca­tions au nombre de 200 uni­tés. A en croire les ana­lystes de la BCD, les prin­ci­paux pro­blèmes frei­nant le dé­ve­lop­pe­ment du sec­teur de la pêche à Dji­bou­ti sont liés à l’in­suf­fi­sance ma­té­rielle en ma­tière de conser­va­tion et de trans­for­ma­tion et à la dé­faillance du ré­seau de dis­tri­bu­tion. Pour dé­ve­lop­per la pêche qui est un maillon im­por­tant du sec­teur pri­maire, le gou­ver­ne­ment dji­bou­tien a mis en place une stra­té­gie na­tio­nale qui consiste à ac­croître l’offre de ma­nière si­gni­fi­ca­tive pour ré­pondre à la de­mande de clien­tèles na­tio­nale et in­ter­na­tio­nale. Les au­to­ri­tés pu­bliques dji­bou­tiennes ont pris éga­le­ment d’autres ini­tia­tives pour ac­croître l’ex­por­ta­tion des pro­duits ha­lieu­tiques, grâce à la ré­ha­bi­li­ta­tion et à l’in­no­va­tion de l’ou­til de production, au dé­ve­lop­pe­ment de l’ex­por­ta­tion par la mise en norme des pro­duits ma­rins et l’ins­tau­ra­tion d’un sys­tème de co­ges­tion entre l’ad­mi­nis­tra­tion et les pê­cheurs.

Une production ha­lieu­tique an­nuelle de pro­duits fluc­tuant entre 1.500 et 2.000 tonnes, la pêche à Dji­bou­ti est en­core à un stade non in­dus­triel

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