Dans un mar­ché concur­ren­tiel, les banques pu­bliques se trouvent lé­sées par rap­port à leurs ri­vales du pri­vé, ne se­rait-ce que par leur dé­pen­dance à l’au­to­ri­té...

La Presse Business (Tunisia) - - BUSINESS -

Le mode de ges­tion qui a tou­jours pré­va­lu dans les banques pu­bliques en tant qu’en­tre­prises pu­bliques était très contrai­gnant et les a pri­vées de se do­ter de moyens or­ga­ni­sa­tion­nels, informatiques et hu­mains dont dis­posent les banques pri­vées. Ces ou­tils au­raient été d’un grand ap­port dans l’amé­lio­ra­tion des ca­pa­ci­tés de ces banques à dé­ve­lop­per leurs ac­ti­vi­tés et à mieux gé­rer leurs risques avec une meilleure qua­li­té de ser­vices. Tou­te­fois, et dans le cadre de l’adop­tion d’un mode de ges­tion pri­vé, les au­to­ri­tés ont ins­tau­ré un nou­veau mode de gou­ver­nance à tra­vers le dé­cret de 2013 qui avait ex­clu les banques pu­bliques du sta­tut des en­tre­prises pu­bliques en leur ac­cor­dant plus de sou­plesse dans la ges­tion, et ce, prin­ci­pa­le­ment au ni­veau des mar­chés pu­blics, du re­cru­te­ment, des no­mi­na­tions et de la ré­mu­né­ra­tion.

A.R : L.B : Sur le plan tech­nique, les banques manquent d’un sys­tème de no­ta­tion des risques, ce qui ne per­met pas d’ap­pli­quer les bons taux aux bons clients... A.R :

C’ est vrai dans une cer­taine me­sure. Nous sommes en train d’y tra­vailler dans le cadre du nou­veau sys­tème d’in­for­ma­tion. Nous avons éta­bli une nou­velle po­li­tique de cré­dit qui per­met à la banque de ci­bler cer­tains sec­teurs à fort po­ten­tiel et évi­ter les formes de dé­pen­dance à cer­tains sec­teurs d’ac­ti­vi­té. Sa­chant que le sys­tème de no­ta­tion est en pré­pa­ra­tion : nous pro­je­tons d’ac­qué­rir une nou­velle ap­pli­ca­tion cré­dit qui

Vous avez évo­qué des mo­di­fi­ca­tions au ni­veau du top ma­na­ge­ment, ce qui en­traî­ne­rait une cas­cade de ré­formes au ni­veau opé­ra­tion­nel. Est-ce qu’il y a un sé­quen­ce­ment de ces mo­di­fi­ca­tions ? A.R :

La ré­forme de la gou­ver­nance est en marche. Au ni­veau du CA et le top ma­na­ge­ment, la ré­forme est dé­jà ef­fec­tuée. Pour les autres struc­tures de la banque, nous avons dé­jà lan­cé un ap­pel d’offres pour re­cru­ter un ca­bi­net qui se­ra en charge de la ré­or­ga­ni­sa­tion de la banque et la mise en place d’un nou­vel or­ga­ni­gramme. Ce tra­vail se­ra fi­na­li­sé dans un dé­lai de quatre à cinq mois de la date du lan­ce­ment, pré­vue dans les pro­chains jours. Nous avons, éga­le­ment, créé une école de for­ma­tion pour le ren­for­ce­ment des connais­sances de nos col­la­bo­ra­teurs et avons tra­vaillé sur l’éla­bo­ra­tion d’un ré­fé­ren­tiel de com­pé­tences.

L.B : La re­ca­pi­ta­li­sa­tion des banques pu­bliques, pre­mière étape ci­tée dans le plan de re­struc­tu­ra­tion, a fait cou­ler beau­coup d’encre. Né­ces­saire, mais non suf­fi­sante, s’ac­cordent à dire des ob­ser­va­teurs. Qu’en pen­sez-vous ? A.R :

Elle est suf­fi­sante dans le cas de la BH. Le be­soin en fonds propres est dé­jà com­blé. Nous avons at­teint les ra­tios pru­den­tiels. Mieux en­core, en 2014, nous avons dé­ga­gé un bé­né­fice de 50.4 mil­lions de di­nars, nous n’avons pas pro­cé­dé à une dis­tri­bu­tion de di­vi­dendes pour ren­for­cer les fonds propres de la banque. En 2015, nous ta­blons sur un ré­sul­tat bé­né­fi­ciaire d’en­vi­ron 65 mil­lions de di­nars. Ces bé­né­fices se­ront por­tés dans les fonds propres en vue de conti­nuer l’im­plé­men­ta­tion de notre plan de re­struc­tu­ra­tion et le bu­si­ness plan et per­mettre à la banque de se dé­ve­lop­per sai­ne­ment.

L.B : Chaque fois qu’on traite de la thé­ma­tique de l’in­ter­na­tio­na­li­sa­tion des en­tre­prises tu­ni­siennes, on montre du doigt le re­tard des bailleurs de fonds na­tio­naux à ce ni­veau. Qu’en dites-vous ?

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