QUAND L’AMÉ­RIQUE FLIRTE AVEC L’AU­TO­DES­TRUC­TION

Des lé­gis­la­teurs amé­ri­cains ont dé­ci­dé de fer­mer une sé­rie de ser­vices fé­dé­raux du gou­ver­ne­ment, plu­tôt que de lais­ser une loi sur la san­té dé­jà en­té­ri­née en­trer en vi­gueur au mo­ment conve­nu. Ils pour­raient al­ler en­core plus loin. S’ils ne votent pas le r

La Presse Business (Tunisia) - - FINANCIAL TIMES - Mar­tin WOLF, FT i

Sl’op­po­si­tion amé­ri­caine est prête à in­fli­ger de tels mal­heurs à son propre pays, la mo­dé­ra­tion qui per­met à la dé­mo­cra­tie de fonc­tion­ner est morte. Com­ment en est-on ar­ri­vé là ? Que pour­rait-il ar­ri­ver ? Que de­vrait faire le Pré­sident ? La pre­mière ques­tion est la plus dif­fi­cile. Les ré­pu­bli­cains font tout ce­la afin d’em­pê­cher une amé­lio­ra­tion mo­deste du pire sys­tème de san­té de n’im­porte quel pays à hauts re­ve­nus. Le Pa­tient Pro­tec­tion and Af­for­dable Care Act (Loi sur la pro­tec­tion du pa­tient et pour des soins abordables), plus connue sous le nom de «Oba­ma­care», s’ins­pire d’une autre loi pro­po­sée en 2006 dans le Mas­sa­chu­setts par le gou­ver­neur de cet Etat alors en fonc­tion, Mitt Rom­ney. Son but, ap­pa­rem­ment cri­mi­nel, est de pro­po­ser une cou­ver­ture san­té mi­ni­male à 32 mil­lions de per­sonnes sans as­su­rance ma­la­die et d’im­po­ser que ceux qui souffrent d’une pa­tho­lo­gie pré­exis­tante à leur ins­crip­tion à une as­su­rance soient pris en charge. Il est vrai que le pro­gramme est com­plexe. Mais il s’ins­crit dans un sys­tème qui dys­fonc­tionne. La plu­part des Amé­ri­cains ac­cèdent à l’as­su­rance ma­la­die par leur em­ployeur, ce qui est un frein à la mo­bi­li­té et à la flexi­bi­li­té du mar­ché du tra­vail. Se pri­ver d’une cou­ver­ture-san­té at­ta­chée à un emploi pèse lourd dans la dé­ci­sion de chan­ger de job, sur­tout si vous souf­frez d’une pa­tho­lo­gie chro­nique. C’est une forme de ser­vage. Com­pa­rez le sys­tème de san­té des Etats-Unis à ce­lui des autres pays à hauts re­ve­nus. Les Etats-Unis dé­pensent 18 % de leur PIB pour la san­té, contre 12 % pour la France, l’autre pays le plus dé­pen­sier après eux. Le sec­teur pu­blic amé­ri­cain y consacre une pro­por­tion plus im­por­tante du PIB que l’Ita­lie, le Royaume-Uni, le Ja­pon et le Ca­na­da, alors que beau­coup d’Amé­ri­cains n’ont pas de cou­ver­ture san­té. Les dé­penses de san­té par per­sonne sont de presque 100 % plus éle­vées qu’au Ca­na­da, 150 % de plus qu’au Royaume-Uni. Et en re­tour, que se passe-t-il aux Etats-Unis ? L’es­pé­rance de vie, à la nais­sance, est la plus basse de tous les pays ci­tés, et la mor­ta­li­té in­fan­tile, la plus éle­vée. Les an­nées de vie es­comp­tées et per­dues pour les per­sonnes âgées de moins de 70 ans sont éga­le­ment plus éle­vées. Pour les hommes amé­ri­cains, ce­la peut être dû en par­tie à la pro­ba­bi­li­té éle­vée de mort vio­lente. Mais ce­la est éga­le­ment vrai pour les femmes. L’idée qu’il faut pa­ra­ly­ser un gou­ver­ne­ment, ou même ex­po­ser un pays à un dé­faut de paie­ment de sa dette, pour sa­bo­ter une cou­ver­ture ma­la­die uni­ver­selle que d’autres pays riches ont mis en place comme une évi­dence, semble com­plè­te­ment dé­mente. Ce­la donne peut-être la me­sure de la haine que cer­tains ré­pu­bli­cains éprouvent pour Ba­rack Oba­ma. La moi­tié des lé­gis­la­teurs amé­ri­cains qui ont de­man­dé à John Boeh­ner, le re­pré­sen­tant des ré­pu­bli­cains à la Chambre, de cou­per les fonds à la loi sur la san­té viennent du «Vieux Sud» des Etats-Unis. Leur aver­sion pour le gou­ver­ne­ment fé­dé­ral peut en par­tie ex­pli­quer leur conduite. Mais les ré­pu­bli­cains ne craignent peut-être pas tant l’échec du pro­gramme que sa réus­site, qui conso­li­de­rait la cré­di­bi­li­té du gou­ver­ne­ment. Alors, que va-t-il se pas­ser main­te­nant? Les shut­downs, ou pa­ra­ly­sies budgétaires, sont as­sez connues. Il y en a eu d’autres par le

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