L’AU­DIO­VI­SUEL SE MÉ­TA­MOR­PHOSE

La Presse Business (Tunisia) - - BUSINESS -

Nu­mé­ri­sa­tion et dé­li­néa­ri­sa­tion, deux maî­tres­mots qui s’in­vitent dans l’in­dus­trie des mé­dias et qui changent to­ta­le­ment la donne dans ce sec­teur en trans­for­ma­tion sou­te­nue. Fa­ce­book est une illus­tra­tion frap­pante de la nou­velle ten­dance. Ce ré­seau so­cial est de­ve­nu la pre­mière pla­te­forme de conte­nu sans ja­mais pro­duire du conte­nu, avance-t-il. D’où la ques­tion : Qui les pro­duit ? «Ce sont les usa­gers par des ini­tia­tives per­son­nelles dis­pa­rates», rap­pelle-til. «Ain­si, com­mu­ni­quer (pro­duire des sup­ports au­dio­vi­suels-Ndlr) n’est plus un luxe. C’est du quo­ti­dien !», d’après M. Ma­brouk. Cette nou­velle ten­dance est bien vi­sible dans le sec­teur des mé­dias, conti­nue-t-il, où c’est tous les jours qu’on voit ar­ri­ver des en­tre­prises, des ins­ti­tu­tions, des par­tis, pour com­mu­ni­quer par l’au­dio­vi­suel. L’autre vec­teur, la li­néa­ri­sa­tion, fait qu’on re­garde de moins en moins les films, les sit­coms et les sé­ries sur les sup­ports clas­siques, no­tam­ment le ci­né­ma ou la té­lé­vi­sion, mais plu­tôt sur or­di­na­teur, ta­blette, por­table... « C’est comme l’es­sor qu’a connu la presse écrite sauf que la plume se­ra la ca­mé­ra et le sup­port se­ront les ta­blettes », com­pare-t-il. Le cadre ins­ti­tu­tion­nel, re­grette le jeune en­tre­pre­neur, n’est pas pro­pice à cette ten­dance de nu­mé­ri­sa­tion et de dé­li­néa­ri­sa­tion. «Car on n’a pas com­pris que ce do­maine fait par­tie de l’éco­no­mie nu­mé­rique, bien qu’on ait la chance d’avoir créé un mi­nis­tère de l’Eco­no­mie nu­mé­rique», tem­pête-t-il. Ce mi­nis­tère a pour mis­sion de prendre en charge le dé­ve­lop­pe­ment de ces nou­veaux mar­chés pour en créer une éco­no­mie. «Il est im­por­tant de sou­li­gner que l’au­dio­vi­suel se nu­mé­rise. D’où ce dos­sier, qui est de plus en plus clas­sé par­mi les dos­siers de l’éco­no­mie nu­mé­rique...», mar­tèle-til. Plus gé­né­ra­le­ment, l’au­dio­vi­suel en Tu­ni­sie, es­time-t-il, n’est même pas ex­ploi­té de 5 à 10% de son po­ten­tiel, ce qui ex­plique qu’il garde toute son at­trac­ti­vi­té pour les in­ves­tis­seurs. Le ni­veau d’ex­por­ta­tion en la ma­tière at­teste ce constat : nous sommes loin der­rière les Li­ba­nais, les Sy­riens et très loin der­rière les Egyp­tiens. Le Ma­roc, quand à lui, est en train de per­cer dans ce do­maine.

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