EN­TRE­PRE­NEUR N’EST PAS LOIN D’EM­PE­REUR...

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - KAÏES MA­BROUK

Is­su d’une famille très mo­deste, le jeune et brillant élève Ma­brouk a bé­né­fi­cié d’une bourse d’études cou­ron­nant les ef­forts des bons pro­fes­seurs de son vil­lage per­du quelque part dans le centre de la Tu­ni­sie. Une fois ses études su­pé­rieurs ache­vées, il af­fronte la vie avec, pour cré­do: «Après avoir sau­té de la fa­laise, il faut ac­tion­ner son pa­ra­chute avant que la chute n’ar­rive !». Son rêve était de de­ve­nir maître de confé­rences et cher­cheur dans un la­bo­ra­toire, avec de grosses lu­nettes et un ta­blier blanc, qui in­ves­tit tout son temps dans la re­cherche per­ma­nente de nou­velles so­lu­tions. Avec une bonne ving­taine d’ar­ticles pu­bliés à Iiee (Ins­ti­tut des in­gé­nieurs élec­tri­ciens et élec­tro­ni­ciens), le temple des publications scien­ti­fiques —alors qu’une seule pu­bli­ca­tion per­met­tait à son au­teur de sou­te­nir sa thèse— et deux bre­vets d’in­ven­tion, M. Kaïs Ma­brouk a bien mé­ri­té son sta­tut de cher­cheur. Le jeune in­gé­nieur-doc­teur en té­lé­com­mu­ni­ca­tion, di­plô­mé d’une grande école, Té­lé­com Pa­risTech, a été re­cru­té par Esi­ge­tel (École su­pé­rieure d’in­gé­nieurs en in­for­ma­tique et gé­nie des té­lé­com­mu­ni­ca­tions), en tant que chef de dé­par­te­ment, puis res­pon­sable du dé­ve­lop­pe­ment du groupe en Afrique. L’ob­jec­tif at­teint, il com­mence à se po­ser des ques­tions sur le che­min à em­prun­ter et ses ef­fets sur la mère-pa­trie. Ses deux bre­vets d’in­ven­tion, in­con­nus du grand pu­blic, n’ont pas gé­né­ré l’ef­fet es­comp­té par M. Ma­brouk. «Ce n’est pas avec ça que je vais ai­der mon pays», constate-t-il alors. Après une pre­mière ex­pé­rience au sein du géant fran­çais des té­lé­com­mu­ni­ca­tions «Sa­gem Mo­bile» et le pas­sage par une start-up fran­çaise, il lance, en 2009,sa pre­mière en­tre­prise dans le sec­teur de l’élec­tro­nique pour en­chaî­ner, une an­née plus tard, avec une uni­ver­si­té pri­vée, Po­ly­tech Sousse, mise sur pied avec un col­lège d’une tren­taine de pro­fes­seurs. En fin connais­seur des ten­dances tech­no­lo­giques, il in­ves­tit dans une troi­sième en­tre­prise, «PixelD­rone», qui ex­ploite les drones à des fins de re­cherches et de prises de vue. Pour par­tir du bon pied, il dé­cide de se lan­cer dans l’en­sei­gne­ment su­pé­rieur, do­maine qui lui est fa­mi­lier. Du coup, émer­gea l’idée de l’école des mé­tiers de l’au­dio­vi­suel. Puis la ques­tion s’est po­sée de sa­voir com­ment pré­sen­ter un dos­sier en vue de la créa­tion d’un éta­blis­se­ment au­dio­vi­suel qui puisse don­ner de l’ap­pé­tit aux in­ves­tis­seurs. Et c’est de là qu’est ve­nue l’idée de la chaine First TV. «Je ne suis pas en­core un homme de mé­dia», iro­nise-t-il, avant de pau­fi­ner son plan de re­tour sur les bancs de l’école pour pré­pa­rer une thèse de doc­to­rat en au­dio­vi­suel. «En­tre­pre­neur n’est pas loin d’em­pe­reur : nous sommes les guer­riers des temps mo­dernes, les armes sont les offres com­mer­ciales et la com­pé­ti­ti­vi­té des en­tre­prises et le ter­rain qu’on gagne est la part de mar­ché», ré­sume-t-il.

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