LO­GIS­TIQUE -

QUAND RA­DÈS VA MAL,TOUT VA MAL !

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - Par Rid­ha MAAMRI

L’éco­no­mie tu­ni­sienne évo­lue au rythme du port de Ra­dès, dont l’hin­ter­land en­globe pra­ti­que­ment tout le ter­ri­toire na­tio­nal. En­vi­ron 90% du tra­fic des conte­neurs et des uni­tés rou­lantes dans le pays tran­sitent par Ra­dès. C’est pour cette rai­son que ce ter­mi­nal fi­gure dans la ma­jo­ri­té des plans vi­sant la pro­mo­tion de l’éco­no­mie. Et quand il s’agit de la pro­mo­tion des ex­por­ta­tions, les per­for­mances du port dé­li­mitent le champ des pos­si­bi­li­tés, et des am­bi­tions, des opé­ra­teurs éco­no­miques. Dans le cadre du Pro­gramme de dé­ve­lop­pe­ment des ex­por­ta­tions, Pdeiii, une en­ve­loppe de 2,5 mil­lions de dol­lars a été al­louée pour la pro­mo­tion du port. Cette mise, qui pa­raît dé­ri­soire par rap­port aux en­jeux, «com­plète tout un sché­ma de fi­nan­ce­ment des pro­jets pro­gram­més pour le ter­mi­nal por­tuaire», re­la­ti­vise l’éco­no­miste se­nior de la Banque mon­diale, Ma­riam Mez­ghen­ni Ma­louche.

UNE FAIBLE CA­DENCE

A l’heure ac­tuelle, le port de Ra­dès n’a pas

en­core joué plei­ne­ment son rôle de le­vier de com­pé­ti­ti­vi­té des en­tre­prises, se­lon plu­sieurs chefs d’en­tre­prise et com­mu­ni­qués des or­ga­ni­sa­tions pa­tro­nales, fai­sant al­lu­sion aux prin­ci­pales en­traves à l’ac­ti­vi­té éco­no­mique. En ef­fet, le rythme de ma­nu­ten­tion n’est que de neuf mou­ve­ments par heure au mois de sep­tembre der­nier, se­lon les in­di­ca­teurs de ren­de­ments au port de Ra­dès, pu­bliés sur le site de la So­cié­té tu­ni­sienne d’aco­nage et de ma­nu­ten­tion (Stam). Ce qui reste lar­ge­ment en de­çà du stan­dard mon­dial, es­ti­mé à 22 par heure. Même l’ob­jec­tif am­bi­tieux de re­ve­nir aux per­for­mances de l’an­née 2010, de 11 conte­neurs par heure, a-t-on ap­pris de source bien in­for­mée, place le port loin du pe­lo­ton. La faible ca­dence au port se ré­per­cute sur le temps d’at­tente des na­vires en rade, es­ti­mé à 227 heures en 2014 et de 217 heures au mois de juillet der­nier, alors qu’au ni­veau des autres ports de la ré­gion, ce dé­lai ne dé­passe pas les 50 heures d’at­tente. En 2010, an­née de ré­fé­rence, le dé­lai était de 64 heures. Le faible ren­de­ment du port de Ra­dés se ré­per­cute, éga­le­ment, sur les ta­rifs de trans­port, rap­pelle un in­dus­triel, pré­ci­sant que les ar­ma­teurs taxent leurs ex­pé­di­tions de 10 à 200 eu­ros par conte­neur. Pis, les construc­teurs (clients) qui or­ga­nisent leurs ac­ti­vi­tés en flux ten­dus, et qui re­cherchent la conti­nui­té de l’ap­pro­vi­sion­ne­ment, risquent de bas­cu­ler leurs com­mandes sur d’autres sites re­con­nus pour la flui­di­té de leurs flux, en vue de se pré­mu­nir contre une rup­ture de stock.

UN PORT SE­CON­DAIRE

Bien que le port de Ra­dès soit re­la­ti­ve­ment bien équi­pé, et pour cer­tains sur­équi­pé, il souffre d’in­suf­fi­sances struc­tu­relles, se­lon un son­dage me­né lors d’une étude de la Co­nect. En ef­fet, au dé­but des an­nées 80, le port a été conçu pour faire ac­cos­ter des na­vires de rou­le­ment et non de conte­neurs. En plus, le faible ti­rant d’eau qui ne dé­passe pas 10 m, ne per­met pas aux na­vires de grand ton­nage d’ac­cos­ter. D’où l’obli­ga­tion des opé­ra­teurs éco­no­miques de frag­men­ter les flux de mar­chan­dises com­man­dées. Dé­jà, la ma­jo­ri­té des mar­chan­dises ont tran­si­té par un autre port avant de pas­ser par Ra­dès. Il s’agit d’un port se­con­daire. Ce qui est de na­ture à gé­né­rer des coûts sup­plé­men­taires, «d’en­vi­ron 200 eu­ros», se­lon l’étude.

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.