ANA­LYSE - ES­PIONNAGE EN LIGNE

LA RÉ­SIS­TANCE S’OR­GA­NISE

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - Ro­bert Cook­son, FT

De­puis les ré­vé­la­tions du lan­ceur d’alertes Ed­ward Snow­den sur l’am­pleur des pro­grammes de sur­veillance des États-Unis, “il y a eu un chan­ge­ment ra­di­cal dans la ma­nière dont les gens per­çoivent le monde ” dit Mike Belshe, un dé­ve­lop­peur de lo­gi­ciels qui a par­ti­ci­pé à la créa­tion du na­vi­ga­teur de Google, Chrome. “Cryp­ter le web, de nos jours, est une ques­tion de vie ou de mort”, pré­vient-il. La gé­né­ra­li­sa­tion de l’es­pionnage en ligne amène les pro­fes­sion­nels du web à dé­ve­lop­per les pro­to­coles de sé­cu­ri­sa­tion. La “In­ter­net Engineering Task Force”, une ins­ti­tu­tion qui éla­bore les normes du web, vient de pro­po­ser d’en­cryp­ter les échanges entre sites et na­vi­ga­teurs sur In­ter­net. Ce­la re­vien­drait à gé­né­ra­li­ser la sé­cu­ri­sa­tion des com­mu­ni­ca­tions en ligne qu’uti­lisent les banques et les sites de e-com­merce, comme Ama­zon, pour pro­té­ger leurs clients où qu’ils se trouvent sur le web. Ce pro­jet n’en est qu’à ses dé­buts, mais il pour­rait trans­for­mer une grande par­tie d’In­ter­net et rendre plus dif­fi­cile pour les gou­ver­ne­ments, les en­tre­prises et les cri­mi­nels d’es­pion­ner les in­ter­nautes quand ceux-ci na­viguent sur le web. Une pe­tite par­tie seule­ment des sites, en gé­né­ral ceux qui échangent des in­for­ma­tions fi­nan­cières, uti­lisent un pro­gramme in­for­ma­tique pour pro­té­ger les don­nées du­rant leurs échanges entre des na­vi­ga­teurs web. Cette de­mande d’une gé­né­ra­li­sa­tion du cryp­tage des don­nées s’ac­com­pagne d’ap­pels d’as­so­cia­tions pour la dé­fense de la vie pri­vée en ligne à mo­di­fier les lois qui gou­vernent le web. Dans une lettre au Fi­nan­cial Times, des as­so­cia­tions de dé­fense des li­ber­tés nu­mé­riques, dont la Fon­da­tion World Wide Web deTim Ber­ners Lee, le co­créa­teur du web, de­mandent “que l’ac­tuel sta­tu quo soit re­vu”. “La pro­tec­tion de la vie pri­vée en ligne s’érode à grande vi­tesse avec un es­pionnage gé­né­ra­li­sé, et à moins que des me­sures soient prises im­mé­dia­te­ment pour les contrer, la no­tion de com­mu­ni­ca­tions libres et sûres se­ra re­lé­guée dans les an­nales de l’His­toire”, écrivent-elles. “L’es­pionnage en ligne gé­né­ra­li­sé et, par dé­faut, du gou­ver­ne­ment... se­ra tou­jours in­ac­cep­table”. L’or­ga­ni­sa­tion IETF, qui est gé­rée par le “consen­sus ap­proxi­ma­tif” de ses membres, est un ac­teur clé de la concep­tion des in­fra­struc­tures tech­niques du web de­puis sa fon­da­tion en 1986. Les plus grands noms d’In­ter­net en font par­tie, dont Google, Mi­cro­soft et Apple. Du­rant la confé­rence an­nuelle, les membres de IETF ont at­teint un “consen­sus presque una­nime” sur la né­ces­si­té de do­ter le coeur du Web d’un cryp­tage, a an­non­cé Mark Not­tin­gham, un dé­ve­lop­peur qui di­rige le groupe de tra­vail sur le Http, pro­to­cole d’ac­cès aux don­nées qui est à la base du web. Il a sou­li­gné ce­pen­dant que cette pro­po­si­tion en était à ses tout dé­buts. L’idée est d’in­té­grer le Trans­port Layer Se­cu­ri­ty, pro­to­coles de sé­cu­ri­sa­tion des échanges sur In­ter­net, dans la pro­chaine ver­sion de Http. Il ap­par­tien­dra aux en­tre­prises der­rière les na­vi­ga­teurs et les ser­veurs d’adop­ter cette norme ou non. Google comme Twit­ter ont ré­cla­mé da­van­tage de cryp­tage. Les ex­perts en sécurité sou­lignent néan­moins qu’il n’éli­mine pas tous les risques.

“La pro­tec­tion de la vie pri­vée en ligne s’érode à grande vi­tesse avec un es­pionnage gé­né­ra­li­sé.

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