VITE ET FORT

La plus dras­tique des me­sures se­rait d’en­tre­prendre une opé­ra­tion à la fois pla­ni­fiée et di­li­gente pour éme re de nou­velles cou­pures de billets de banque. Ce­la perme rait à l’Etat et aux au­to­ri­tés mo­né­taires de ré­cu­pé­rer toute ce e masse d’ar­gent qui circ

La Presse Business (Tunisia) - - CLIN D'COEIL - Par Rid­ha Ben SLAMA

La cri­mi­na­li­té éco­no­mique en Tu­ni­sie est à l’évi­dence en train de di­ver­si­fier ses opé­ra­tions et de se lan­cer dans une gamme d`ac­ti­vi­tés tou­jours plus large. Il suf­fit de consta­ter ses stig­mates qui ap­pa­raissent en sur­face pour se rendre compte que le mal se ré­pand et s’ap­pro­fon­dit. L`ex­pan­sion et la pro­li­fé­ra­tion de ces types de dé­lin­quance pour­raient conduire à une si­tua­tion où l`ac­ti­vi­té illi­cite, loin d`être en marge de la so­cié­té, en consti­tue­rait le noyau même. Elle pour­rait de­ve­nir « un État dans l`État », ce qui se­rait né­faste pour la pré­émi­nence du droit et sa­pe­rait l`au­to­ri­té et l`in­té­gri­té de l`État lé­gi­time. Le re­lâ­che­ment sé­cu­ri­taire qui a sui­vi les évé­ne­ments de 2010-2011, puis les di­verses me­nées de noyau­tage-dé­man­tè­le­ment ef­fec­tuées du­rant la pé­riode 2011-2013, ain­si que la confu­sion pro­vo­quée par les af­fron­te­ments en Li­bye ex­pliquent l’aug­men­ta­tion in­quié­tante du tra­fic et de l’in­for­mel. Le phé­no­mène n’est certes pas nou­veau mais il s’est for­te­ment am­pli­fié. En ef­fet, il y a des in­ter­pé­né­tra­tions ou des conver­gences as­sez fortes entre ces ty­po­lo­gies illé­gales ou cri­mi­nelles : une frange de ce qui est ap­pe­lé sec­teur in­for­mel, la contre­bande, le blan­chi­ment d’ar­gent, le fi­nan­ce­ment du ter­ro­risme. Ces connexions se ren­forcent et s’ac­croissent. Les pro­mo­teurs de ces ac­ti­vi­tés illé­gales semblent avoir ac­cu­mu­lé une puis­sance fi­nan­cière consi­dé­rable, qui leur per­met de jouer avec les res­sources (les per­sonnes ou l`ar­gent), d`avoir un ac­cès pri­vi­lé­gié à l`in­for­ma­tion, d`in­fil­trer les cercles de dé­ci­sions po­li­tiques et éco­no­miques (à chaque élec­tion, la ques­tion de l’in­tru­sion de l’ar­gent sale dans le po­li­tique est po­sée), de blan­chir les bé­né­fices de leurs ac­ti­vi­tés et de faire en sorte que la jus­tice soit in­dul­gente à leur égard. Ce phé­no­mène qui s’ins­talle avec aplomb, en marge de la lé­gis­la­tion pé­nale, so­ciale et fis­cale, échappe à toute ré­gu­la­tion de l’État. La ca­rac­té­ris­tique spé­ci­fique à ces ac­ti­vi­tés illé­gales ou cri­mi­nelles ré­side dans le re­cours à l’uti­li­sa­tion in­ten­sive du cash. L’ar­gent en es­pèces thé­sau­ri­sé passe de main en main avec, par­fois, des mon­tants ex­trê­me­ment éle­vés. Il cir­cule sur­tout hors des cir­cuits ban­caires et c’est là que le gou­ver­ne­ment doit frap­per avec fer­me­té. La «chasse à l’ar­gent li­quide » doit se per­fec­tion­ner pour lut­ter ef­fi­ca­ce­ment contre les sources de fi­nan­ce­ment du ter­ro­risme et la re­cru­des­cence de la contre­bande. Il est im­pé­ra­tif d’agir éner­gi­que­ment pour dé­bus­quer cette ca­té­go­rie de thé­sau­ri­sa­tion illi­cite et de paie­ment des tran­sac­tions pa­ral­lèles. Les ef­forts louables dé­ployés par les ser­vices de la douane et par les forces de l’ordre ne s’avèrent dé­mon­ter qu’une part ré­si­duelle du tra­fic. Cette lutte doit se pour­suivre avec plus d’in­ten­si­té et de dé­ter­mi­na­tion, mais elle se­rait plus ef­fi­cace si elle était sou­te­nue en amont par d’autres ini­tia­tives. L’adop­tion d’une ap­proche glo­bale par l’émis­sion de nou­velles cou­pures de billets de banque sug­gé­rée par un dé­pu­té de l’ARP se­rait par­mi ces me­sures. La Banque cen­trale de Tu­ni­sie a pro­cé­dé à plu­sieurs re­prises au lan­ce­ment de nou­veaux billets. Le 1er jan­vier 2013, tous les billets de banque tu­ni­siens im­pri­més aux sym­boles de l’an­cien ré­gime ont dis­pa­ru de la cir­cu­la­tion. L’échange des billets de 20, 30 et 50 di­nars contre les nou­veaux

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