LES PEINTRES DE LA GI­RAFE

La Presse Business (Tunisia) - - CULTURE - Par Ha­bib BOU­HA­WEL

Nul n’ignore ces nou­velles modes qui consistent à re­joindre un club de pein­ture, de mu­sique, et même de théâtre. Modes sur­tout fé­mi­nines, en vogue de­puis dé­jà quelques an­nées et ré­vé­la­trices d’une cer­taine évo­lu­tion des moeurs et des ten­dances. En ef­fet, bar­bouiller une toile, don­ner de la voix dans un groupe de chant ou s’es­sayer au luth per­met de se li­bé­rer des contin­gences quo­ti­diennes ou de l’oi­si­ve­té, de com­bler un vide exis­ten­tiel ou de re­cher­cher une va­lo­ri­sa­tion de soi à tra­vers l’idée qu’on se fait de la chose ar­tis­tique. Mais quelle qu’en soit la rai­son, cette ten­dance tra­hit, en aval, une amé­lio­ra­tion des modes de vie et des qua­li­tés in­tel­lec­tuelles, ain­si qu’un be­soin évident d’éman­ci­pa­tion. On est dès lors et de fac­to au som­met de cette courbe as­cen­dante qui a li­bé­ré la femme tu­ni­sienne de la fa­ta­li­té du foyer. D’abord par les études et le tra­vail, qui lui don­nèrent une par­tielle mais no­table in­dé­pen­dance, en­suite par le loi­sir et le temps libre — ou li­bé­ré — qui au­to­rise l’ac­ti­vi­té re­créa­trice. Même si, et après quelques se­maines ou quelques mois « d’ap­pren­tis­sage », il est dif­fi­cile par­fois d’échap­per au piège du jeu de rôle qui consiste à se prendre pour Frida Kah­lo ou Oum Kal­thoum. Mais s’il est dif­fi­cile de pré­tendre à un sta­tut de chan­teuse ou d’ac­trice, car un mi­ni­mum de sa­voir-faire reste exi­gé dans ces do­maines, le fan­tasme reste pos­sible dans les arts plas­tiques, dis­ci­pline, en ap­pa­rence du moins, plus ac­ces­sible, plus libre et per­met­tant toutes les exu­bé­rances. Les ra­tages peuvent même y être re­ven­di­qués

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