QUAND LES JEUNES TU­NI­SIENS PRENNENT LA PA­ROLE

Réus­sir l’in­clu­sion po­li­tique et éco­no­mique des jeunes Tu­ni­siens, tel est l’ob­jec­tif ma­jeur de «Gov» et «We Code», deux pro­jets lan­cés par «Youth decides », une as­so­cia­tion tu­ni­sienne pré­si­dée par Wa­la Kas­mi, une jeune ac­ti­viste pas comme les autres. Si l

La Presse Business (Tunisia) - - ONG -

Le mi­li­tan­tisme, Wa­la Kas­mi l’a dé­cou­vert très tôt. De pa­rents po­li­ti­que­ment en­ga­gés, Wa­la as­sis­tait, quo­ti­dien­ne­ment, à des dé­bats de haut ni­veau, autres que ceux qu’on re­gar­dait, à l’époque, à la té­lé. Cette am­biance fa­mi­liale peu com­mune lui a per­mis de dé­cou­vrir la ma­gie et le pou­voir du mot. Alors que les en­fants de son âge sui­vaient les des­sins ani­més, Wa­la écou­tait at­ten­ti­ve­ment les dis­cus­sions po­li­tiques. Alors, qu’ils jouaient, elle li­sait des livres de tous genres. «Je pas­sais de longues heures en­tou­rée de livres que je dé­vo­rais l’un après l’autre, comme on dé­vore du bon cho­co­lat», se rap­pelle la jeune femme de 29 ans. Ce cli­mat n’était pas sans consé­quences sur sa per­son­na­li­té. Mais le dé­clic, elle l’a eu au col­lège. «A l’époque, nous vou­lions, mes ca­ma­rades de classe et moi, par­ti­ci­per à une marche de pro­tes­ta­tion. Notre pro­fes­seur nous a de­man­dé de faire preuve de ma­tu­ri­té et, au lieu de cas­ser ou de je­ter des pierres, d’écrire nos re­ven­di­ca­tions sur des pan­cartes». L’idée a im­pres­sion­né Wa­la et a mar­qué le reste de son par­cours de mi­li­tante. «J’ai dé­cou­vert que nous pou­vons dire non de ma­nière pa­ci­fique et que nous pou­vons nous ex­pri­mer et même chan­ger notre monde sans re­cou­rir à la vio­lence». Fi­dèle à son prin­cipe de chan­ge­ment pa­ci­fique, Wa­la a adhé­ré en 2009 à «Bir­sa», l’un des pre­miers ré­seaux tu­ni­siens de cy­be­rac­ti­vistes à bri­ser le mur du si­lence et de la peur et à dé­nu­der le ré­gime de Ben Ali. Convain­cu et dé­ter­mi­né, le ré­seau a re­fu­sé de se li­mi­ter à la sphère vir­tuelle. «Il était in­dis­pen­sable pour nous d’être sur le ter­rain pour avoir le plus d’im­pact pos­sible». Le 7 no­vembre 2010, alors que le ré­gime cé­lé­brait en Tu­ni­sie ses 23 ans de règne, «Bir­sa» ras­sem­blait à Pa­ris la jeunesse tu­ni­sienne en­ga­gée pour dis­cu­ter de ses pro­chaines ac­tions. «Je suis re­ve­nue quelques jours seule­ment avant l’au­to-im­mo­la­tion de Mo­ha­med Boua­zi­zi. Je sen­tais que quelque chose al­lait se pas­ser».

«Gov», les jeunes de­viennent in­fluents

Le ré­gime a chu­té et les frères d’armes se sont dis­per­sés. «Ce que je consi­dé­rais comme un dé­but, les autres le voyaient comme une fin». Mais Wa­la n’a pas lâ­ché prise. «Je me suis per­sua­dée que le pays a pris le mau­vais vi­rage. La jeunesse, qui était à l’ori­gine de la ré­vo­lu­tion, a com­men­cé à perdre es­poir et à se re­ti­rer de la scène, comme si sa tâche est ter­mi­née et n’a plus de rôle à jouer». La jeune in­gé­nieure en in­for­ma­tique a, donc, dé­ci­dé de faire re­naître «Bir­sa» de ses cendres en ap­pe­lant ses amis à se re­grou­per et à s’unir pour dé­fendre les in­té­rêts des jeunes Tu­ni­siens. Ses ap­pels sont res­tés sans ré­ponse, par cer­tains, la ma­jo­ri­té. Pour les autres, c’était l’oc­ca­sion idéale de lan­cer une nou­velle ini­tia­tive. «Avec nos propres moyens fi­nan­ciers, nous avons créé l’as­so­cia­tion et nous avons com­men­cé à tra­vailler pour un seul ob­jec­tif : per­mettre aux jeunes d’oc­cu­per le ter­rain et de dé­ci­der». D’où le nom de l’as­so­cia­tion «Youth Decides». Com­po­sée es­sen­tiel­le­ment de di­plô­més en

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