IN­TER­VIEW RIM BEN MO­KH­TAR, DI­REC­TRICE MAR­KE­TING DE TT

LA VOD, UNE PRE­MIÈRE PHASE DE DÉ­PLOIE­MENT

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - Pro­pos recueillis par R.M.

Fi­na­le­ment la VOD (Vié­do on de­mand) est dis­po­nible sur le mar­ché. Pen­sez­vous que le lan­ce­ment de la pla­te­forme de strea­ming Ic­flix est un pas­sage obli­gé et in­évi­table ?

R.M : il est clair que dé­ve­lop­per des offres de conte­nus est un pas­sage obli­gé au vu des évo­lu­tions sur le mar­ché. A ce titre, nous es­pé­rons vrai­ment que ce ser­vice de­vienne in­con­tour­nable pour nos abon­nés, car au-de­là d’un di­ver­tis­se­ment confor­table et ac­ces­sible, cha­cun plon­ge­ra dans son propre uni­vers d’émo­tions, qu’il soit ama­teur de sen­sa­tions fortes, d’hu­mour, ou de ro­mances… Pour nos clients, Ic­flix est un ser­vice au même titre que tous les ser­vices of­ferts par Tu­ni­sie Té­lé­com à ses abon­nés fixe et mo­bile. Il est sous­crit re­nou­ve­lé et peut être sus­pen­du à la de­mande du client, sans au­cune obli­ga­tion d’achat ni d’en­ga­ge­ment ta­cite.

Vous avez évo­qué les évo­lu­tions du mar­ché des conte­nus et des tech­no­lo­gies. A cet égard, il convient de se de­man­der pour­quoi on a lan­cé di­rec­te­ment à la VOD sans pas­ser par la té­lé­vi­sion nu­mé­rique, par exemple ? Est-ce qu’on a ra­té un tour­nant ?

R.M : la VOD a été lan­cée en pre­mier. Il s’agit de la pre­mière phase de dé­ploie­ment. L’ac­ti­va­tion du ser­vice se fait via le Mo­bile, mais ça reste un ser­vice convergent (Mo­bile, Fixe et Adsl). L’ordre des choses n’est pas for­cé­ment fi­gé, car il est très dé­pen­dant de la spé­ci­fi­ci­té de la de­mande sur le mar­ché. Sur le mar­ché tu­ni­sien, la mul­ti­tude des so­lu­tions in­for­melles d’ac­cès à la té­lé­vi­sion nu­mé­rique nous ont orien­tés vers ce choix, d’autres offres sui­vront au mo­ment op­por­tun !

Est-ce que l’évo­lu­tion de l’in­fra­struc­ture de Tu­ni­sie Té­lé­com per­met-elle de four­nir ce ser­vice avec la qua­li­té re­quise ?

R.M : ab­so­lu­ment. L’in­fra­struc­ture ac­tuelle, avec les ex­ten­sions de ca­pa­ci­tés dé­jà opé­rées, sup­por­te­ra lar­ge­ment ce ser­vice. Par ailleurs, grâce à une tech­no­lo­gie adap­ta­tive, ce ser­vice se­ra ac­ces­sible sur tous les dé­bits, ga­ran­tis­sant ain­si le confort de l’ex­pé­rience du client.

Pour­quoi avez-vous op­té aux ser­vices Ic­flix et non pas un autre four­nis­seur de conte­nu tel que Net­flix ?

R.M : d’une part, Net­flix n’est pas pré­sent dans la ré­gion de Me­na. Et, d’autre part, Ic­flix pré­sente un conte­nu arabe et bol­ly­woo­dien contrai­re­ment à Net­flix.

Quel est le coût réel de ce ser­vice ?

R.M : TT a bien né­go­cié les termes de son contrat

“Sur le mar­ché tu­ni­sien, la mul­ti­tude des so­lu­tions in­for­melles d’ac­cès à la té­lé­vi­sion nu­mé­rique nous ont orien­tés vers ce choix,

d’autres offres sui­vront au mo­ment op­por­tun !”

avec le four­nis­seur de conte­nu Ic­flix. L’in­té­rêt de TT est de faire bé­né­fi­cier ses abon­nés Mo­bile (via la 3G et pro­chai­ne­ment la 4G) et Fixe (via l’Adsl) du ser­vice de la VOD. Conti­nuer à pro­mou­voir le conte­nu lo­cal est l’une des condi­tions sine qua non conclue avec Ic­flix. Les coûts sont fort rai­son­nables, com­pa­ra­ti­ve­ment aux ef­fets es­comp­tés sur la sa­tis­fac­tion, la fi­dé­li­sa­tion et bien sûr, sur les ventes. Il ne s’agit pas de coûts d’achat et de re­vente, nous ne sommes pas du tout dans cette lo­gique des choses. Il s’agit d’un in­ves­tis­se­ment dans un vé­ri­table le­vier de crois­sance pour l’ac­ti­vi­té in­ter­net de Tu­ni­sie Té­lé­com.

R.M : pas du tout. D’abord, nous ne sommes pas au­to­ri­sés à vendre à perte, et nous avons tou­jours été dans la ri­gueur par rap­port aux as­pects ré­gle­men­taires. Et puis, sur­tout, la vente de ces ser­vices, via un opé­ra­teur, gé­nère for­cé­ment des sy­ner­gies consi­dé­rables. A cet égard, il n’y a qu’à re­gar­der les ex­pé­riences des autres opé­ra­teurs de par le monde, celle du par­te­na­riat Ma­roc Té­lé­com avec Ici­flix plus par­ti­cu­liè­re­ment… Le par­te­naire Ic­flix s’en­ga­ge­ra à re­ver­ser des sommes ver­sées par TT pour pro­mou­voir le conte­nu lo­cal. Par ailleurs, il a dé­jà com­men­cé à pro­duire des films tu­ni­siens dont «Les fron­tières du ciel», de Fares Naa­naa ou «Ch­be­bek El Jan­na». Grâce à ce par­te­na­riat le conte­nu ci­né­ma­to­gra­phique tu­ni­sien bé­né­fi­cie­ra d’un coup de pouce. Il se­ra ac­ces­sible à tout le monde sur tout le ter­ri­toire tu­ni­sien, ce qui est de na­ture à en­cou­ra­ger les ar­tistes, les ci­néastes, les réa­li­sa­teurs, les producteurs…à créer et in­no­ver. Mieux en­core, Ic­flix par­ti­ci­pe­ra à la production de cer­tains films tu­ni­siens. D’ailleurs, il a créé une so­cié­té de production Hit production.

Sur le mar­ché des films, les plus ré­cents se né­go­cient à 1 di­nar, au coeur de la ca­pi­tale. S’agit-il d’un frein au dé­ve­lop­pe­ment de la pla­te­forme Ic­flix en Tu­ni­sie ?

R.M : ic­flix a créé ses mai­sons de production au Ma­roc, en Egypte et en Tu­ni­sie, ce qui lui per­met de pro­po­ser un conte­nu ex­clu­sif pour les abon­nés. La qua­li­té des films pro­po­sés par Ic­flix sont en HD. Et on peut re­gar­der les films de la bi­blio­thèque Ic­flix sur plu­sieurs «de­vices» (hand­set, té­lé­vi­sion, ta­blette et or­di­na­teur). Moyen­nant un abon­ne­ment men­suel de 5 di­nars, on peut ac­cé­der à un conte­nu, illi­mi­té et di­ver­si­fié. L’offre ne se li­mite pas à un seul film. L’abon­né n’au­ra plus à se dé­pla­cer à chaque fois qu’il a en­vie de choi­sir un nou­veau film. Grâce à Ici­flix, le tout se fait dans le confort ab­so­lu, avec un ac­cès illi­mi­té et une qua­li­té in­éga­lée.

“Les coûts sont fort rai­son­nables, com­pa­ra­ti­ve­ment aux ef­fets es­comp­tés sur la sa­tis­fac­tion, la fi­dé­li­sa­tion et bien sûr, sur les ventes.”

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