OMAR BEN AB­DE­LA­ZIZ

L’IN­GÉ­NIEUR TU­NI­SIEN QUI SÉ­DUIT LA FRANCE

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - (PB)

Al’oc­ca­sion de la te­nue du Con­seil na­tio­nal de l’Ordre des in­gé­nieurs tu­ni­siens (OIT), un hom­mage a été ren­du à Sousse au jeune in­gé­nieur tu­ni­sien qui exerce en France, Omar Ben Ab­de­la­ziz. Il vient, en ef­fet, de ga­gner le tro­phée «de­si­gn» des in­gé­nieurs de de­main, qui est dé­cer­né à la fin de chaque an­née au meilleur jeune in­gé­nieur dans l’Hexa­gone. Il est à rap­pe­ler, qu’après seule­ment trois ans pas­sés en France, Omar est de­ve­nu le Mon­sieur mé­ca­tro­nique de Fau­re­cia (groupe fran­çais d’ingénierie et de production d’équi­pe­ments au­to­mo­biles). Une consé­cra­tion pour cet in­gé­nieur, pas­sion­né de­puis tou­jours par l’au­to­mo­bile. Omar Ben Ab­de­la­ziz doit son goût de la mé­ca­nique et de l’élec­tro­nique à son oncle, avec le­quel il crée toutes sortes d’ob­jets pen­dant son en­fance, pas­sée à Mah­dia. «Avec un mo­teur de fri­go, nous fa­bri­quions une meule élec­trique !» se sou­vient-il. L’an­née de son bac­ca­lau­réat, un DUT en mé­ca­tro­nique au­to­mo­bile s’ouvre en Tu­ni­sie. Il sort ma­jor de la pre­mière pro­mo­tion et ob­tient un prix de l’in­no­va­tion pour son pro­jet de fin d’études (une ma­quette de mo­teur à es­sence ser­vant à for­mer les mé­ca­ni­ciens au­to). Puis il in­tègre l’Ecole d’in­gé­nieurs de Sousse et réa­lise un stage chez Va­leo Tu­ni­sie sur un banc de test d’en­du­rance pour bou­tons de com­mande d’ha­bi­tacle. Mal­gré une pro­po­si­tion d’emploi, Omar ne veut pas pas­ser sa vie sur des bancs de test. «Mon rêve, c’était de faire de la “vraie” R& D», lance-t-il. Il dé­cide de pour­suivre son cur­sus en France, à l’Uni­ver­si­té de tech­no­lo­gie de Com­piègne (UTC).

Le jeune in­gé­nieur tra­vaille sur un concept pié­zo­élec­trique. Fixé sous une plaque d’alu­mi­nium, l’élé­ment

pié­zo­élec­trique

rem­plit deux fonc­tions:

il capte l’ac­tion du doigt sur la plaque et ren­voie une vi­bra­tion pour confir­mer la prise en compte de

l’ac­tion

Un Mas­tère 2 en sys­tèmes mé­ca­tro­niques le fait en­trer en stage chez Fau­re­cia. Tout s’ac­cé­lère. «En à peine trois mois, j’ai tra­vaillé sur des lève-vitres in­no­vants, une boîte à gants élec­trique, du char­ge­ment sans fil, de la com­mu­ni­ca­tion NFC…», in­dique-t-il. Il conduit tel­le­ment de pro­jets que Fau­re­cia veut l’em­bau­cher avant la fin de son stage. Le res­pon­sable du la­bo R & D n’hé­site pas à lui confier la ges­tion d’un pro­jet clé. Spé­cia­liste des pièces de dé­co­ra­tion in­té­rieure en alu­mi­nium, l’équi­pe­men­tier cherche à in­té­grer de nou­velles fonc­tions tac­tiles, mais la tech­no­lo­gie ca­pa­ci­tive ne fonc­tionne pas sur du mé­tal. Le jeune in­gé­nieur tra­vaille sur un concept pié­zo­élec­trique. Fixé sous une plaque d’alu­mi­nium, l’élé­ment pié­zo­élec­trique rem­plit deux fonc­tions : il capte l’ac­tion du doigt sur la plaque et ren­voie une vi­bra­tion pour confir­mer la prise en compte de l’ac­tion. La tech­no­lo­gie, bap­ti­sée De­coCon­trol Alu, ré­vo­lu­tionne le de­si­gn in­té­rieur des vé­hi­cules haut de gamme. En 2015, Omar réa­lise la par­tie élec­tro­nique d’un dé­mons­tra­teur qui a été pré­sen­té au sa­lon de Franc­fort. «C’était un gros tra­vail, qui m’a même oc­cu­pé pen­dant mes va­cances, mais le dé­mons­tra­teur a eu du suc­cès et j’ai été dé­si­gné meilleur em­ployé du mois de sep­tembre 2015.» Au­jourd’hui, Omar tra­vaille sur tous les pro­jets que lance Fau­re­cia au­tour du vé­hi­cule du fu­tur

Omar Ben Ab­de­la­ziz

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