FILMS PI­RA­TÉS

LES GRA­VEURS RE­TIENNENT LEUR SOUFFLE

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - Par R.M.

Les meilleurs films du box-of­fice mon­dial sont dis­po­nibles au grand pu­blic à des prix dé­fiant toute concur­rence. A la Ga­le­rie 7, au coeur de la ca­pi­tale, on peut s’of­frir le plus ré­cent et le plus pri­mé des films, bien avant sa pro­jec­tion dans cer­taines salles de ci­né­ma en Eu­rope. Le com­merce des CD de films pi­ra­tés bat son plein de­puis plus d’une dé­cen­nie et semble, jusque-là, ré­sis­ter à tous les chan­ge­ments tech­no­lo­giques. Mieux en­core, ces opé­ra­teurs ont mon­tré une réelle fa­cul­té d’adap­ta­tion en in­ves­tis­sant dans des ap­pa­reils et des pra­tiques ap­pro­priés à chaque trans­for­ma­tion de l’in­fra­struc­ture tech­no­lo­gique. Avec l’ar­ri­vée de la pla­te­forme Ic­flix, les films et les sé­ries sont dis­po­nibles sur plu­sieurs sup­ports, qua­si­ment tous les écrans, et le tout ne coûte que 5 di­nar le mois. A pre­mière vue, l’offre est de loin meilleure que celle des bou­tiques de gra­vure des CD. «Pas du tout !», ré­pond avec as­su­rance, Ha­tem, l’un des ven­deurs dans une bou­tique bien acha­lan­dée. Et d’ar­gu­men­ter : «Chez nous, vous trou­ve­rez toutes les nou­veau­tés, qui ne se­ront dis­po­nibles sur les pla­te­formes strea­ming que dans quelques mois». Il re­tire l’un des clas­seurs po­sés sur le comp­toir pour mon­trer les af­fiches des films dis­po­nibles, énu­mé­rant les plus pri­sés, ces der­niers temps, les plus at­ten­dus et les ex­clu­si­vi­tés. «Tout ce­la n’est pas dis­po­nible sur In­ter­net», conti­nue-t-il, fai­sant al­lu­sion aux films tout ré­cents. Ou­vrant sur deux ar­tères prin­ci­pales de la

Chez nous, vous trou­vez toutes les nou­veau­tés, qui ne se­ront dis­po­nibles sur les pla­te­forme strea­ming que dans quelques mois”

ca­pi­tale, la ga­le­rie est très fré­quen­tée par les ci­né­philes, qui passent quo­ti­dien­ne­ment chez l’une des bou­tiques qui s’y trouvent pour choi­sir un film pour la soi­rée. Na­dia, la tren­taine, cadre dans une en­tre­prise pri­vée, avoue qu’elle est de­ve­nue ac­cro aux films, de­puis quelques an­nées, ain­si que sa co­lo­ca­taire qui l’at­tend chaque fin de jour­née, pour dé­cou­vrir le titre du film de la soi­rée. «Le film de la soi­rée est de­ve­nu un ri­tuel chez nous. Nous sommes prêtes à sa­cri­fier le dî­ner, mais pas ques­tion de sa­cri­fier le film», ren­ché­rit-elle, rap­pe­lant qu’après une jour­née de tra­vail, elles ont be­soin de se re­laxer de­vant l’écran. Elle connaît tous les ven­deurs, toutes les nou­veau­tés des ca­ta­logues et est au cou­rant de la nou­velle offre Ic­flix. Pour elle, l’abon­ne­ment est très abor­dable et la pla­te­forme offre une va­rié­té in­té­res­sante de sé­ries et de films. «Cette offre est aus­si in­té­res­sante dans le cas où je veux re­voir des films dont la qua­li­té de la ver­sion pi­ra­tée n’était pas sa­tis­fai­sante»,

sou­tient-elle.

LE FAIBLE DEBIT, UN FREIN DE TAILLE AU DÉ­VE­LOP­PE­MENT DU STREA­MING

Le ven­deur ré­agit, d’un ton mo­queur : «Avec le dé­bit ac­tuel d’In­ter­net, vous ne pou­vez même pas écou­ter une chan­son en conti­nu, alors que dire d’un film ou d’une sé­rie de plus d’une heure». Et de conti­nuer «Tu sais quoi ? On va t’of­frir le film que tu veux re­voir, gra­tui­te­ment, avec ta nou­velle com­mande». En vue de conclure la dis­cus­sion, son col­lègue, mar­tèle : «A un di­nar le film, notre offre est im­bat­table. Jus­qu’à au­jourd’hui on a ré­sis­té à tous les chan­ge­ments. Nous exis­tons de­puis des an­nées et on conti­nue­ra d’exis­ter, car nos clients nous font confiance !!!». Les deux jeunes hommes in­sistent, par ailleurs, sur le fait que leur offre ne se li­mite pas aux films et qu’elle en­globe des jeux, des lo­gi­ciels, de la mu­sique et même des gad­gets élec­tro­niques. Dans ce laps de temps, d’autres clients se di­rigent di­rec­te­ment vers la bou­tique pour de­man­der s’il y avait des nou­veau­tés, avant de feuille­ter les ca­ta­logues pour voir les af­fiches des films qu’ils n’avaient pas en­core vi­sion­nés. Vi­si­ble­ment, la concur­rence ne se fait plus sur les prix, tel­le­ment ils sont de­ve­nus plus qu’abordables. Dé­sor­mais, le pre­mier qui offre la meilleure qua­li­té du film le plus ré­cent est en me­sure de culti­ver une no­to­rié­té de ré­fé­rence et fi­dé­li­ser ses clients.

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