BER­TRAND MAR­TI­NOT

“AC­CUEILLIR DES MI­GRANTS EST BON POUR L’ÉCO­NO­MIE”

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE -

Un mil­lion de mi­grants sont ar­ri­vés en Eu­rope en 2015, se­lon les chiffres dé­voi­lés, par l’ONU. Un re­cord de­puis la Se­conde Guerre mon­diale. Cet af­flux de ré­fu­giés pose le dé­fi aux pays de l’Union eu­ro­péenne de réus­sir à les in­té­grer, no­tam­ment sur le plan éco­no­mique. Un pa­ri dif­fi­cile en France, a re­con­nu l’éco­no­miste Ber­trand Mar­ti­not, dans l’émis­sion de la fran­çaise de té­lé­vi­sion BMF «Les Dé­co­deurs de l’Éco» . «N’im­porte quel éco­no­miste vous di­ra qu’ac­cueillir des mi­grants qua­li­fiés, à long terme, c’est sans doute une bonne chose pour un pays d’un point de vue éco­no­mique», ad­met l’éco­no­miste, «même si je ne vous dis pas que ça ne pose pas de pro­blèmes so­ciaux, re­li­gieux et des ten­sions eth­niques». Si l’on s’en tient à l’as­pect éco­no­mique des choses, l’ar­ri­vée de mi­grants est «fa­vo­rable à la crois­sance». «Le pro­blème, c’est que le chô­mage dé­passe les 10% en France mé­tro­po­li­taine, et que le mar­ché du tra­vail est ver­rouillé, ri­gide», note néan­moins Ber­trou­ver trand Mar­ti­not. «La ques­tion de ce que vont de­ve­nir ces gens sur le mar­ché du tra­vail peut se po­ser».

Les seuls exemples datent des an­nées 60

Les seuls exemples d’im­mi­gra­tion mas­sive qu’on puisse ana­ly­ser datent des an­nées 1960. Les mou­ve­ments de po­pu­la­tion consé­cu­tifs à la guerre d’Al­gé­rie en France, ou «cet épi­sode cé­lèbre d’émigration mas­sive de Cu­bains en Flo­ride. Glo­ba­le­ment, tout s’était bien pas­sé d’un point de vue éco­no­mique». «Par exemple, en Flo­ride, les cen­taines de mil­liers de mi­grants cu­bains ont réus­si à du tra­vail en quelques mois. Mais à l’époque, le Smic n’était pas à 9,60 eu­ros, et il s’agis­sait de pe­tits bou­lots, dans une éco­no­mie ex­trê­me­ment flexible», nuance l’éco­no­miste. «La France n’est pas ac­tuel­le­ment dans cette si­tua­tion, et les Fran­çais le savent per­ti­nem­ment, conti­nue-t-il. Si c’est juste une ques­tion de moyens fi­nan­ciers, pour l’hé­ber­ge­ment d’ur­gence, c’est un vrai en­jeu de so­li­da­ri­té, et on a les moyens de le gé­rer. Mais la ques­tion c’est le coup d’après. C’est-à-dire l’in­té­gra­tion au sens large, l’édu­ca­tion et le tra­vail». Et de conclure que «sur le tra­vail, jus­te­ment, ce ne se­ra pas évident».

Le pro­blème, c’est que le chô­mage dé­passe les 10% en France mé­tro­po­li­taine, et que le mar­ché du tra­vail est ver­rouillé, ri­gide»

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