KATE HUMBLE

LA ROUTE DE L’EN­CENS

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE -

Qui, au­jourd’hui, se sou­vient de Freya Stark, cette An­glaise in­tré­pide et culti­vée qui, fas­ci­née par l’Orient de­puis son en­fance, s’aven­tu­ra, dans les an­nées 1930, dans des contrées pra­ti­que­ment in­con­nues des Oc­ci­den­taux ? Pour­quoi cette ara­bi­sante, in­dé­pen­dante dans l’âme et cé­lèbre dans son pays d’ori­gine, ne jouit-elle pas, une fois la Manche pas­sée, de la no­to­rié­té à la­quelle elle pour­rait pré­tendre? Alors que Freya Stark a pu­blié une ving­taine d’ou­vrages sur le Moyen-Orient, on n’en trouve pé­ni­ble­ment plus que deux en li­brai­rie : «La val­lée des as­sas­sins», re­tra­çant son voyage au Lu­ris­tan, en Iran (sur les traces de la fa­meuse secte chiite des Ha­châ­chins -As­sas­sins-) et la route de l’en­cens, édi­tée pour la pre­mière fois en 1938, sous le titre de : «Les portes du sud. Dans l’Ara­bie in­con­nue». Par son fort ca­rac­tère, son éru­di­tion, son fa­rouche be­soin de li­ber­té, cette femme au tem­pé­ra­ment de feu, qui sa­vait gar­der la tête froide lorsque les cir­cons­tances le com­man­daient, ap­par­tient à la même famille hu­maine qu’une autre pres­ti­gieuse orien­ta­liste, née deux dé­cen­nies avant elle : Alexan­dra-Da­vid Neel. Fait amu­sant, deux élé­ments, de na­ture phy­sique rap­prochent éga­le­ment ces deux hé­roïnes de lé­gende : une pe­tite taille et une lon­gé­vi­té ex­cep­tion­nelle. Comme si elle ren­dait hom­mage à des an­cêtres, Freya Stark cite vo­lon­tiers les grands voya­geurs : Ibn Bat­tu­ta, Mar­co Polo et le géo­graphe Ya­cout, ceux qui, bien avant elle, se sont confron­tés à l’ex­pé­rience de «cette in­ter­ac­tion de l’ac­ci­den­tel et de l’im­muable» que pro­curent les dé­pla­ce­ments loin­tains. Che­min fai­sant, au fil de son ré­cit, la la­dy ne dé­daigne pas de phi­lo­so­pher et nous éclaire sur ses mo­ti­va­tions à prendre la route : le be­soin de nou­veau­té et la re­cherche de la vé­ri­té. «Les psy­cho­logues nous disent que la pul­sion sexuelle est le mo­bile pro­fond qui anime ce monde, et nous com­men­çons peut-être à être un peu las de l’en­tendre dire si sou­vent. Mais il y a deux élans plus forts que le dé­sir, plus pro­fonds que l’amour d’un homme ou d’une femme, et qui n’en dé­pendent pas : la soif de l’être hu­main pour la vé­ri­té et la li­ber­té. Pour ces deux-là, on consent des sa­cri­fices que l’on ne fe­rait pas pour l’amour d’une per­sonne; rien ne peut l’em­por­ter sur eux, puisque l’amour et la vie se sont ré­vé­lés de peu de poids dans la ba­lance; et la

Par son fort ca­rac­tère, son éru­di­tion, son fa­rouche be­soin

de li­ber­té, cette femme au tem­pé­ra­ment

de feu, qui sa­vait gar­der la tête froide lorsque les cir­cons­tances le com­man­daient, ap­par­tient à la même famille

hu­maine qu’une autre pres­ti­gieuse orien­ta­liste, née deux dé­cen­nies

avant elle : Alexan­dra-Da­vid

Neel

créa­ture hu­maine est tou­jours prête à ré­fu­ter les sta­tis­tiques du réa­lisme po­si­ti­viste, sa­cri­fiant tout ce qu’elle pos­sède pour une idée abs­traite de sa­gesse ou de li­ber­té dé­pour­vue de toute va­leur mar­chande.» Ne peut-on pas voir cette quête in­ces­sante comme un re­flet du ma­gni­fique ha­dith qui pres­crit au croyant de re­cher­cher le sa­voir, du ber­ceau jus­qu’au lin­ceul, même s’il de­vait al­ler jus­qu’en Chine ? De san­té fra­gile du­rant son en­fance, Freya Stark met à pro­fit cette im­mo­bi­li­té qui lui fait bouillir le sang pour, dans un pre­mier temps, s’éva­der dans les livres, ce qui lui pro­cure des connais­sances en­cy­clo­pé­diques. Cette so­lide base lui per­met­tra, no­tam­ment, d’iden­ti­fier pierres et vé­gé­taux lors­qu’elle voyage et de se dé­las­ser en re­li­sant Vir­gile, comme on fré­quen­te­rait un ami de longue date, sans la moindre af­fec­ta­tion. Comme sa vie, la pen­sée de Freya Stark s’éloigne des sen­tiers bat­tus et re­jette ré­so­lu­ment tout eu­ro­péo­cen­trisme. Son es­prit cri­tique im­pla­cable, vo­lon­tiers ir­ré­vé­ren­cieux, constam­ment ex­pri­mé avec hu­mour et poé­sie, danse comme un djinn. «Si l’on me de­man­dait quelle est la chose la plus agréable dans la vie, je di­rais que c’est le plai­sir des contrastes. Il faut être un ange pour res­ter as­sis au pa­ra­dis à jouer de la harpe pour l’éter­ni­té. Les êtres hu­mains or­di­naires ont be­soin de chan­ge­ment.» Lorsque, mal en point au point d’ima­gi­ner qu’elle va rendre son der­nier sou­pir, la voya­geuse songe à sa vie et se livre à son exa­men de conscience, ce ne sont pas les re­mords pro­vo­qués par d’éven­tuelles mau­vaises ac­tions pas­sées qui l’as­saillent mais le re­gret de tout ce qu’elle n’a pas eu le temps de réa­li­ser.

UN PEU D’HIS­TOIRE

La route de l’en­cens, dé­jà évo­quée par Pline l’An­cien, est pro­ba­ble­ment née aux en­vi­rons de 1800 av. J.-C. quand les In­diens com­men­cèrent à en­voyer la pré­cieuse ré­sine aux ports d’Ara­bie et d’Égypte. Cette ma­tière pres­ti­gieuse che­mi­nait en­suite, au rythme du pas des cha­meaux, dans le dé­sert, jus­qu’à Pé­tra, puis à Da­mas. Après le grec Hip­pa­lus, les Ro­mains se ren­dirent maîtres des pistes ca­ra­va­nières du Nord et de l’Égypte. Pour évi­ter de payer des re­de­vances aux Arabes, ils s’ef­for­cèrent d’éta­blir peu à peu leur propre voie ma­ri­time et pé­né­trèrent dans les eaux in­ter­dites sur de nou­veaux vais­seaux, plus grands et dé­fen­dus par des ar­chers. À Rome, la ré­sine aro­ma­tique était ven­due le cen­tuple de sa va­leur de dé­part, ce qui donne une idée de l’en­jeu, du ca­rac­tère lu­cra­tif de ce né­goce qui sur­vé­cut à l’écou­le­ment des siècles. Ain­si, en 1934, en­vi­ron mille deux cents tonnes d’en­cens étaient ex­por­tées du Dho­far, ré­gion sud du Sul­ta­nat d’Oman, et huit cents de So­ma­lie. La vieille Route de l’en­cens al­lait pro­ba­ble­ment, comme les caravanes du Yé­men de nos jours, d’un point d’eau à un autre ; et les lieux, alors fer­tiles, l’étaient sans doute beau­coup plus et bien plus éten­dus. La récolte de la ma­tière par­fu­mée, dont la voya­geuse men­tionne neuf va­rié­tés, s’ef­fec­tue de mars à août. De pe­tites in­ci­sions sont pra­ti­quées dans l’écorce des arbres, per­met­tant ain­si l’écou­le­ment du suc lai­teux, qui met de trois à cinq jours à sé­cher. PÉ­RIPLE DANS L’HA­DRA­MOUT ET EN­VOL PRÉ­MA­TU­RÉ Après avoir dé­bar­qué à Mu­kal­la, dans le golfe d’Aden, Freya Stark va s’en­fon­cer dans les terres et par­cou­rir l’Ha­dra­mout, ré­gion mon­ta­gneuse du sud de la Pé­nin­sule ara­bique, peu­plée de tri­bus aux moeurs féo­dales. Elle voyage à dos d’âne, à pied, et même en voi­ture, une ra­re­té à l’époque. La beau­té tra­gique de ces pay­sages dé­chi­rés, qui ré­pondent à la flui­di­té de la mer, la fas­cine : «Les montagnes sont poin­tues – dé­nu­dées en ap­pa­rence, telles qu’elles se sou­le­vèrent en noirs re­plis des té­nèbres de la terre, dans une so­li­tude im­pi­toyable comme la mort, dans l’aban­don de leur beau­té tor­tu­rée. Leurs ver­sants abrupts se pressent l’un der­rière l’autre en di­rec­tion de la mer dont les vagues lu­mi­neuses sem­blaient, par leur mou­ve­ment, re­prendre sous une forme plus douce et plus ani­mée le chaos de leurs cimes et de leurs abîmes dé­so­lés.» Eu­ro­péenne et femme, la voya­geuse me­sure le pri­vi­lège presque ini­tia­tique qui est le sien de che­mi­ner dans ces contrées to­ta­le­ment pré­ser­vées de la so­cié­té oc­ci­den­tale, sur la­quelle, à l’oc­ca­sion, elle jette un re­gard acé­ré : «L’Océan in­dien de­vant moi, les dé­serts de l’in­té­rieur der­rière. Entre ces bar­rières co­los­sales, j’étais à ce mo­ment la seule Eu­ro­péenne. Une pe­tite sen­sa­tion confuse s’in­fil­tra dans mes sens en­dor­mis; une se­conde, j’hé­si­tai avant de la re­con­naître : c’était le bon­heur, pur et im­ma­té­riel, in­dé­pen­dant

Après avoir dé­bar­qué à Mu­kal­la, dans le golfe d’Aden, Freya

Stark va s’en­fon­cer dans les terres et par­cou­rir l’Ha­dra­mout,

ré­gion mon­ta­gneuse du sud de la Pé­nin­sule ara­bique, peu­plée de tri­bus aux moeurs féo­dales. Elle voyage à dos d’âne, à pied, et même en voi­ture, une ra­re­té à

l’époque

Plus morte

que vive, ap­pe­lée à faire un dis­cours,

elle re­late la­co­ni­que­ment :

«je me le­vai et mas­sa­crai

la langue arabe aus­si briè­ve­ment que pos­sible. La fin d’un dis­cours

per­met de réa­li­ser que la ces­sa­tion de la dou­leur est une des formes

du plai­sir.»

des af­fec­tions et des émo­tions, l’es­sence su­bli­mée du bon­heur, un plai­sir si rare et im­per­son­nel qu’il semble à peine ap­par­te­nir à ce monde.» C’est avec la même ai­sance que Freya Stark s’in­té­resse aus­si bien aux Sa­béens, peuples de l’époque an­téis­la­mique, qu’aux traditions mé­dié­vales de la re­li­gion du Pro­phète. Dans sa dé­marche, cette femme à la culture en­cy­clo­pé­dique, mêle l’ap­proche his­to­rique, an­thro­po­lo­gique et eth­no­lo­gique. Elle note : «Le crime est pra­ti­que­ment in­con­nu dans l’Ha­dra­mout; des actes tels le vol et le meurtre, ac­com­plis se­lon des règles bien éta­blies, entrent plu­tôt dans la ca­té­go­rie de la guerre lé­gi­time.» Pour ce qui est de la jus­tice, ba­sée sur la cha­ria, elle est à la fois ex­pé­di­tive et spec­ta­cu­laire dans son dé­ploie­ment. Image qui rap­pelle les heures les plus sombres de la Libération (dans la France de l’après guerre), les pros­ti­tuées, le crâne ra­sé, sont pro­me­nées au­tour de la ville et rouées de coups. Pour ce qui est des rares cri­mi­nels re­cen­sés, ils crou­pissent au fond d’un puits où on leur des­cend leur nour­ri­ture. Ici ou là, Freya Stark fait al­lu­sion à des prises d’otages entre tri­bus. Dans cette so­cié­té pa­triar­cale, où l’es­cla­vage existe en­core, elle est frap­pée par l’har­mo­nie qui règne entre maîtres et do­mes­tiques. Sur le plan re­li­gieux, la voya­geuse note la pré­sence de quelques is­maé­liens, de la secte des As­sas­sins, et de pu­ri­tains iba­dites. Do­tée d’une sen­si­bi­li­té éper­due à la beau­té, l’écri­vaine fait dé­fi­ler de­vant son lec­teur des ta­bleaux co­lo­rés, dé­taillés et pleins de vie, peints de sa plume si évo­ca­trice. Ob­ser­va­trice, Freya Stark ne manque pas de re­mar­quer les poi­gnards re­cour­bés que les hommes ar­borent à leur cein­ture, les jan­bias, sur les­quels elle constate l’in­crus­ta­tion de cor­na­lines et d’an­ciennes pièces vé­ni­tiennes, ré­vé­la­trices d’échanges com­mer­ciaux sur de longues dis­tances. L’ex­plo­ra­trice est frap­pée par le ca­rac­tère dé­fen­sif de l’ar­chi­tec­ture des mai­sons de l’Ha­dra­maout, dont elle ad­mire les vieilles portes sculp­tées et les dé­co­ra­tions à la chaux. Épi­cu­rienne et ré­so­lu­ment dé­pour­vue de pré­ten­tion, sa cu­rio­si­té em­brasse les do­maines les plus va­riés. «La Pro­vi­dence m’a don­né le goût des beaux vê­te­ments», pré­cise-t-elle jo­li­ment en guise d’in­tro­duc­tion, ce qui fa­vo­rise une com­pli­ci­té avec les ha­bi­tantes de l’en­droit. Ces dames lui ex­pliquent en long et en large les sub­ti­li­tés de leur ha­bille­ment et de leur coif­fure, in­fluen­cés par la mode in­dienne. L’ha­bi­tude de gri­mer les vi­sages des femmes choque, en re­vanche, le sens de l’es­thé­tique de l’An­glaise. Dans le Wa­di Amd, elle est frap­pée par les coiffes poin­tues des pay­sannes pen­chées sur leurs champs : «On au­rait dit des ran­gées de sor­cières, la cou­ronne poin­tue de leurs cha­peaux orien­tée dans toutes les di­rec­tions, le vi­sage voi­lé de noir avec deux fentes pour les yeux.» Avec amu­se­ment, elle note que l’usage du sa­von est en­tou­ré de quelques su­pers­ti­tions. Les ré­fé­rences, ja­mais pé­dantes, ac­com­pagnent le lec­teur dans sa dé­cou­verte. Quant aux por­traits, mi­nu­tieux et ima­gés, ils mettent en scène des dieux ro­mains, des fi­gu­rines de tombes égyp­tiennes, quand ce ne sont pas des mo­saïques by­zan­tines…, mais le re­gistre peut aus­si se faire net­te­ment plus lé­ger : «un pe­tit homme en­joué… aus­si re­muant qu’une sau­te­relle.» Freya Stark s’en­fonce dans les terres, contem­plant les gorges étroites et les amples val­lées qui dé­filent sous ses yeux. En­fin, pour y cher­cher son cour­rier et de l’ar­gent, la voya­geuse ar­rive à Shi­bam, cette ex­tra­or­di­naire ci­té dont les ha­bi­tants in­ven­tèrent les gratte-ciel avant l’heure. À ce mo­ment, mais elle ne le sait pas en­core, le des­tin a dé­jà scel­lé la fin pré­ma­tu­rée de son voyage. Elle tombe ma­lade, et souffre d’ac­cès de fièvre pris dans un pre­mier temps pour

des pous­sées de ma­la­ria. La rou­geole, en­dé­mique à cet en­droit, se dé­clare en­suite puis passe, ca­hin-ca­ha, mais di­mi­nue sa ré­sis­tance. Bien que très af­fai­blie, Freya Stark reste fi­dèle à elle-même, cu­rieuse, lu­cide et cri­tique. Même mal en point, cette femme mue par la pas­sion de la re­cherche ne perd ja­mais le sens de l’hu­mour. Plus morte que vive, ap­pe­lée à faire un dis­cours, elle re­late la­co­ni­que­ment : «je me le­vai et mas­sa­crai la langue arabe aus­si briè­ve­ment que pos­sible. La fin d’un dis­cours per­met de réa­li­ser que la ces­sa­tion de la dou­leur est une des formes du plai­sir.» Dans ce pays qui compte bon nombre de com­mé­mo­ra­tions re­li­gieuses, c’est pa­ra­doxa­le­ment dans une am­biance de fête, dans l’exu­bé­rance et la joie que s’ef­fec­tue­ra l’en­vol de la voya­geuse, ter­ras­sée par la ma­la­die, de l’an­gine de poitrine, semble-t-il. Dans un pro­vi­den­tiel dé­ploie­ment d’ef­fi­ca­ci­té à l’oc­ci­den­tale, la Royal Air Force, à la­quelle l’ou­vrage est du reste dé­dié, en­lè­ve­ra Freya Stark dans les airs et la ra­mè­ne­ra en Angleterre. Pour celle à qui le sort a re­fu­sé de pou­voir me­ner à terme le pé­riple qu’elle s’était fixée, un de ses hôtes, Sayyd Ali al-At­tas al-Ba­da­wi a ré­di­gé cet hom­mage qui en dit long : «Ce­ci est pour cer­ti­fier que Miss Freya Stark, de na­tio­na­li­té an­glaise, voya­geant dans l’Ha­dra­mout, fa­mi­lière de nos lois, gui­dée par la re­li­gion, et d’une ho­no­rable mai­son, est la pre­mière femme à voya­ger seule d’Angleterre en Ha­dra­mout, qu’elle est maî­tresse de cou­rage et d’en­du­rance en voyage, dans la souf­france des épou­vantes et du dan­ger. Nous la re­mer­cions fort, très fort.» Cette grande dame qui sut convaincre de sa va­leur les pa­triarches de l’Ha­dra­mout, ne se­rait-il pas temps de lui rendre la place qu’elle mé­rite ?

L’ex­plo­ra­trice est frap­pée par le ca­rac­tère dé­fen­sif de l’ar­chi­tec­ture des mai­sons de l’Ha­dra­maout, dont elle ad­mire les vieilles portes sculp­tées et les dé­co­ra­tions à la chaux. Épi­cu­rienne et ré­so­lu­ment dé­pour­vue de pré­ten­tion, sa cu­rio­si­té em­brasse les do­maines les plus va­riés.

STARK F; La route de l’en­cens, un voyage dans l’Ha­dra­mout, Éd. Voya­geurs Payot, 1992.

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