DETENTE

Avec un style mar­qué par des a aques fa­rouches, jouant ex­clu­si­ve­ment pour le gain au lieu de re­cher­cher des nuls tran­quilles, ce qui lui a par­fois va­lu quelques dés­illu­sions, le joueur da­nois, Bent Lar­sen a été l’un des très rares grands maîtres à avoir e

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE -

Né le 4 mars 1935 à This­ted, mort le 9 sep­tembre 2010 à Bue­nos Aires des suites d’une hé­mor­ra­gie cé­ré­brale. Bent est de­ve­nu grand maître in­ter­na­tio­nal d’échecs en 1956. Il ap­prit à jouer aux échecs à l’âge de 7 ans, avec l’aide d’un ca­ma­rade de classe. Ses études l’orien­taient vers une car­rière d’in­gé­nieur ci­vil, mais il ne dé­cro­cha ja­mais son di­plôme et dé­ci­da en 1956 d’em­bras­ser la car­rière d’un joueur d’échecs pro­fes­sion­nel. En 1960, il fit une der­nière ten­ta­tive pour pas­ser un exa­men d’in­gé­nieur, tout en dis­pu­tant le soir, le mé­mo­rial Nim­zo­witsch à Copenhague. Après une cou­pure due à son ser­vice mi­li­taire de 1961 à 1963, Lar­sen se consa­cra, par la suite, en­tiè­re­ment aux échecs. En 1980, Lar­sen fit la connais­sance de sa se­conde épouse à Bue­nos Aires. À par­tir de cette époque, il vé­cut en Ar­gen­tine. Lar­sen a été six fois cham­pion du Da­ne­mark et can­di­dat au cham­pion­nat du monde d’échecs à quatre oc­ca­sions : en 1965, 1968, 1971 et 1977. Il a rem­por­té trois tournois in­ter­zo­naux : Am­ster­dam 1964, Sousse 1967 et Bienne 1976, ain­si que de nom­breux tournois d’échecs ma­jeurs tout au long de sa car­rière. Il a été le pre­mier joueur à re­ce­voir l’Os­car des échecs en 1967. De­puis le dé­but des an­nées 1970, il vi­vait une par­tie de l’an­née à Las Pal­mas et à Bue­nos Aires, avec son épouse d’ori­gine ar­gen­tine. Bent Lar­sen a été consi­dé­ré comme le plus fort joueur d’échecs de Scan­di­na­vie jus­qu’à l’émer­gence de Ma­gnus Carl­sen dans les an­nées 2000. Dans la se­conde moi­tié des an­nées 1960 et au dé­but des an­nées 1970, Lar­sen était, avec Bob­by Fi­scher, consi­dé­ré comme le meilleur joueur oc­ci­den­tal dans le monde. Il fait pour­tant par­tie, à l’ins­tar de Paul Keres, Da­vid Bron­stein ou Vik­tor Kortch­noï, des joueurs du som­met de l’élite qui do­mi­nèrent leur époque, mais qui ne de­vinrent ja­mais cham­pions du monde.

GRAND MAÎTRE IN­TER­NA­TIO­NAL

(1956)

En 1955, Lar­sen rem­por­ta le cham­pion­nat de Copenhague ex ae­quo avec Ravn; le cham­pion­nat des pays nor­diques à Os­lo ex ae­quo avec Olaf­sson et le tour­noi des jeunes maîtres (moins de 25 ans) de Za­greb ex ae­quo avec le Suisse Ed­win Bhend, de­vant Ist­van Bi­lek et Ma­tu­lo­vic. En 1956, Lar­sen ga­gna le tour­noi in­ter­na­tio­nal de Copenhague, le tour­noi de Han­ko en Fin­lande ex ae­quo avec Mat­ti Ran­ta­nen et de­vant Stahl­berg, le tour­noi in­ter­na­tio­nal de Gi­jón de­vant Klaus Dar­ga, Jan Hein Don­ner, Al­bé­ric O’Kel­ly de Gal­way et Jesús Díez del Cor­ral. Il ob­tint le titre de grand maître in­ter­na­tio­nal, en 1956, après l’Olym­piade de Mos­cou, où il réa­li­sa la meilleure per­for­mance (avec 13,5 points sur 19) et ob­tint la mé­daille d’or au pre­mier échi­quier. Il réus­sit à an­nu­ler sa par­tie contre le cham­pion du monde de l’époque, Mi­khaïl Bot­vin­nik. À la fin de l’an­née, il rem­por­ta le tour­noi d’échecs d’Has­tings 1956-1957, ex ae­quo avec Gli­go­ric et de­vant Olaf­sson et O’Kel­ly.

TOURNOIS ZONAUX, IN­TER­ZO­NAUX ET MATCHES DES

CAN­DI­DATS (1958 À 1982)

De 1958 à 1982, Lar­sen prit part à huit tournois in­ter­zo­naux et ter­mi­na trois fois pre­mier (en 1964, 1967 et 1976) En 1964, Lar­sen se qua­li­fia pour la pre­mière fois de sa car­rière pour le cycle des can­di­dats au cham­pion­nat du monde d’échecs, en ter­mi­nant pre­mier du tour­noi in­ter­zo­nal d’Am­ster­dam, ex ae­quo avec les an­ciens et fu­turs cham­pions du monde Mi­khaïl Tal, Vas­si­ly Smy­slov et Bo­ris Spass­ky. Ce tour­noi mar­qua l’en­trée de Lar­sen par­mi l’élite mon­diale des joueurs d’échecs.

FIN DE CAR­RIÈRE

En 1988, Lar­sen per­dit une par­tie contre l’or­di­na­teur Deep Thought lors du Soft­ware Tool­works Cham­pion­ship, de­ve­nant ain­si le pre­mier grand maître à es­suyer une dé­faite contre un or­di­na­teur dans un tour­noi. Mal­gré ces re­vers, Bent Lar­sen conti­nua de jouer de fa­çon oc­ca­sion­nelle. En 1999, il fi­nit 7e sur 10 au cham­pion­nat du Da­ne­mark ; il fut qua­trième au Mé­mo­rial Na­j­dorf à Bue­nos Aires en 2002 . STYLE ET CONTRI­BU­TIONS À LA THÉO­RIE DES OU­VER­TURES, LE

DÉ­BUT LAR­SEN

Le style de Lar­sen est mar­qué par des

at­taques fa­rouches, jouant ex­clu­si­ve­ment pour le gain au lieu de re­cher­cher des nuls tran­quilles, ce qui lui a par­fois va­lu quelques dés­illu­sions. Ce­la fut par­ti­cu­liè­re­ment vrai lors de son match de 1971 contre Bob­by Fi­scher où il pou­vait an­nu­ler cer­taines par­ties, mais pré­fé­ra jouer pour le gain et per­dit. Lar­sen est un joueur do­té d’une grande ima­gi­na­tion, es­sayant de nom­breuses idées ju­gées peu or­tho­doxes. On peut se rap­pe­ler ses ou­ver­tures peu ha­bi­tuelles. Il est l’un des très rares grands maîtres à avoir em­ployé le dé­but Bird (1. f4) as­sez ré­gu­liè­re­ment, et avec le­quel il bat­tit Bo­ris Spass­ky au tour­noi in­ter­zo­nal d’Am­ster­dam en 1964, ou l’at­taque Nim­zo-Lar­sen (1. b3), nom­mée ain­si en son hon­neur et ce­lui de Aa­ron Nim­zo­witsch. En 1979, il vain­quit Ana­to­li Kar­pov à Mon­tréal avec la peu fré­quente dé­fense scan­di­nave (1.e4 d5). Lar­sen ap­por­ta aus­si sa contri­bu­tion à des ou­ver­tures plus clas­siques. En 1980, à Til­burg, Lar­sen bat­tit le cham­pion du monde Kar­pov avec les Noirs en uti­li­sant une in­no­va­tion dans la dé­fense russe qui, se­lon Kas­pa­rov, «don­na nais­sance à une nou­velle ma­nière de pen­ser dans la dé­fense Pe­troff.» Bien que Lar­sen ait un to­tal né­ga­tif contre Bob­by Fi­scher, il le bat­tit deux fois avec les Noirs. Voi­ci l’une de ses vic­toires à San­ta Mo­ni­ca en 1966 :

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