SAN­TÉ / MEDECINS

De­puis des an­nées, la Tu­ni­sie a ten­té de dé­ve­lop­per des po­li­tiques spé­ci­fiques dans le do­maine de la san­té pu­blique. Pour­tant, le pays reste mar­qué par de nom­breux pro­blèmes d’ac­cès aux soins pour cer­taines ca­té­go­ries de la po­pu­la­tion, ain­si que de fortes

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - Par Me­riem KHDIMALLAH

Le pri­vé a ire les spé­cia­listes

Ce dos­sier, qui a été en­ter­ré pen­dant des an­nées, a été re­mis sur la table, au­jourd’hui, et ce, après le dé­cès, ré­cem­ment, d’une jeune femme de 34 ans lors de son ac­cou­che­ment à cause de l’ab­sence d’un gy­né­co­logue-obs­té­tri­cien à l’hô­pi­tal ré­gio­nal de Ta­touine. Pour rou­vrir le dé­bat sur le sys­tème de la san­té pu­blique « La Presse Bu­si­ness » a contac­té quelques mé­de­cins spé­cia­listes pour sa­voir dans quelle me­sure ce sec­teur réus­sit, au­jourd’hui, à as­su­rer un ni­veau de cou­ver­ture sa­ni­taire ac­cep­table et adé­quat à toute la po­pu­la­tion et par­ti­cu­liè­re­ment aux franges les plus vul­né­rables. Le manque de ma­té­riel et de per­son­nels pa­ra­mé­di­caux qua­li­fiés a été évo­qué par tous les mé­de­cins ren­con­trés. «J’ai eu une ex­pé­rience de 13 ans à l’hô­pi­tal de Na­beul. Il faut le dire, les condi­tions du tra­vail n’étaient pas fa­ciles. Avec peu de ma­té­riel, il fal­lait être créa­tif et ra­pide pour exer­cer conve­na­ble­ment le bou­lot. Les pa­tients croient qu’on dé­tient une ba­guette ma­gique pour les soi­gner, mais avec les moyens dis­po­nibles, nous étions in­ca­pables de les prendre en charge comme il faut. Mal­gré les ef­forts ac­com­plis, les mé­de­cins sont tou­jours les pre­miers sur le banc des ac­cu­sés. Après des an­nées de sa­cri­fices, je me trouve, au­jourd’hui, in­ca­pable de conti­nuer. Pour ce­la j’ai pré­sen­té ma dé­mis­sion pour pou­voir ou­vrir un ca­bi­net pri­vé. La sur­prise était au ren­dez-vous, lorsque la di­rec­tion de l’hô­pi­tal a re­fu­sé, pen­dant toute une an­née, d’ac­cé­der à ma de­mande, faute de pé­diatres pour me rem­pla­cer », s’in­surge Dr Mou­na. Elle a ajou­té que la si­tua­tion de l’hô­pi­tal de Na­beul ne dif­fère pas beau­coup des mi­sères des hô­pi­taux des ré­gions in­té­rieures. « Le ser­vice de gy­né­co­lo­gie-obs­té­trique, par exemple, de­vrait re­grou­per des équipes tra­vaillant nuit et jour pour que des ac­ci­dents pa­reils ne se pro­duisent pas. Avec seule­ment deux gy­né­co­logues, Je me de­mande, com­ment peut-on as­su­rer la conti­nui­té de ce ser­vice et jus­qu’à quand ces mé­de­cins vont sup­por­ter ces condi­tions ?! », ren­ché­rit Mou­na. D’après le pé­diatre, le sec­teur mé­di­cal ira dou­ce­ment vers la privatisation. Mais ce­la ne peut ré­gler le pro­blème dans son in­té­gra­li­té. Un avis par­ta­gé par Amir Es­sa­fi, chi­rur­gien or­tho­pé­dique qui exerce dans le pri­vé. « Contrai­re­ment au sec­teur pu­blic où règne la non­cha­lance, nous sommes mieux payés et cha­cun de nous sait ce qu’il a à faire. Le chaos qui règne dans le sec­teur pu­blic de la san­té, qui n’est pas en me­sure de rem­plir sa mis­sion, pousse les pa­tients à op­ter vers le ré­seau pri­vé », a-t-il in­di­qué. Dr Taïeb Zouaoui, mé­de­cin spé­cia­liste en chi­rur­gie gé­né­rale et membre du bu­reau exé­cu­tif du Syn­di­cat tu­ni­sien des mé­de­cins li­bé­raux, nous a pré­ci­sé que le rôle du Stml, qui ras­semble des gé­né­ra­listes et des spé­cia­listes, consiste à dé­fendre les in­té­rêts ma­té­riels et so­ciaux des mé­de­cins. «Le sys­tème de soins tu­ni­sien a été ci­té en exemple sur le

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