LA VOIE CO­OPÉ­RA­TIVE DANS L’ES­PRIT DE BOUR­GUI­BA

Nous re­pro­dui­sons ci-après in ex­ten­so le texte du dis­cours pro­non­cé par le pre­mier pré­sident de la Ré­pu­blique tunisienne à la Bourse du Tra­vail de Tu­nis, à l’ou­ver­ture du Con­grès na­tio­nal de la co­opé­ra­tion tunisienne, le 25 mai 1962.

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE -

«J’ai tout par­ti­cu­liè­re­ment te­nu à pa­tron­ner ce con­grès, parce que j’avais à coeur de sou­li­gner l’im­por­tance de la co­opé­ra­tion et de dé­ga­ger pour le peuple tu­ni­sien la si­gni­fi­ca­tion de l’es­prit co­opé­ra­tif dont la large dif­fu­sion, est une condi­tion es­sen­tielle pour le suc­cès des co­opé­ra­tives que nous nous pro­po­sons de créer. Ce suc­cès condi­tionne à son tour notre vic­toire dans la ba­taille na­tio­nale que nous avons en­ga­gée et dont la pre­mière phase est consti­tuée par le pré-plan trien­nal et le plan dé­cen­nal, les­quels font une large place à la co­opé­ra­tion. En outre, l’in­té­rêt que je porte à ce con­grès est dic­té éga­le­ment par une autre consi­dé­ra­tion. Il m’a été don­né de consta­ter que les co­opé­ra­tives en Tu­ni­sie ne réus­sis­saient pas plei­ne­ment dans leur mis­sion du fait de l’in­com­pré­hen­sion qu’elles ren­contrent, et peut-être aus­si du fait de leur mau­vaise ges­tion. Le gou­ver­ne­ment lui-même, semble-t-il, du temps du Pro­tec­to­rat, comme après, n’a pas ac­cor­dé à la co­opé­ra­tion l’at­ten­tion qu’elle mé­rite. Que les co­opé­ra­tives en Tu­ni­sie se comptent par cen­taines, ce­la ne sau­rait suf­fire, dès lors qu’elles sont en butte à mille et une dif­fi­cul­tés. La rai­son de cet état de chose ré­side dans l’at­ti­tude des co­opé­ra­teurs, des di­ri­geants de co­opé­ra­tives, des cadres du Par­ti et du peuple lui-même à l’égard de la co­opé­ra­tion. Il est im­por­tant que cette at­ti­tude change ra­di­ca­le­ment. Là aus­si, nos concep­tions doivent être bou­le­ver­sées, ré­vo­lu­tion­nées comme elles l’on été dans d’autres do­maines in­té­res­sant les rap­ports des ci­toyens entre eux ou avec l’État, les or­ga­ni­sa­tions nationales et les so­cié­tés de tous ordres. Je dois dire qu’avant d’ac­cé­der au pou­voir, j’avais moi-même sur les pro­blèmes de co­opé­ra­tion des vues quelque peu ra­pides. J’en avais bien trai­té dans cer­tains de mes écrits, mais voi­ci qu’avec les res­pon­sa­bi­li­tés du gou­ver­ne­ment, ces pro­blèmes m’ap­pa­rurent sous un tout autre jour et re­vê­tirent pour moi une im­por­tance que j’étais loin de soup­çon­ner. Car, par-de­là leur di­men­sion pu­re­ment agri­cole, com­mer­ciale ou in­dus­trielles, les co­opé­ra­tives se ré­fèrent à des prin­cipes d’ordre mo­ral et social.

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