FI­NANCE PA­RAL­LÈLE

Si la fi­nance pa­ral­lèle ou le «sha­dow ban­king» a mau­vaise ré­pu­ta­tion, elle peut aus­si être utile. En ef­fet, les banques pa­ral­lèles peuvent ai­der les en­tre­prises à évi­ter le dé­faut de paie­ment de leurs em­prunts ban­caires, comme c’est le cas en Inde.

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE -

utile?

Est-elle

Se­lon les don­nées de Bloom­berg, dé­but 2008, GMR, un conglo­mé­rat in­dien ayant des in­té­rêts dans les aé­ro­ports, l’éner­gie et les routes, avait une ca­pi­ta­li­sa­tion bour­sière de plus de 11 mil­liards de dol­lars. Au­jourd’hui, sa ca­pi­ta­li­sa­tion bour­sière est tom­bée à 1 mil­liard de dol­lars, mal­gré la hausse du mar­ché bour­sier en Inde, ces 18 der­niers mois. Un des­tin com­mun à beau­coup d’autres so­cié­tés dans le sec­teur des in­fra­struc­tures. GMR fi­gure, éga­le­ment, par­mi les 10 en­tre­prises les plus en­det­tées du pays, avec en­vi­ron 400 mil­liards de rou­pies de dette [1 dollar = 64 rou­pies, ndt], et le ra­tio de cette dette à son Baiia (bé­né­fice avant in­té­rêts, im­pôts, dé­pré­cia­tion et amor­tis­se­ment) est de 6,8 se­lon Ashish Gupta, l’analyste des ser­vices fi­nan­ciers de Cré­dit Suisse à Bom­bay. Mal­gré des ventes d’ac­tifs, pour 30 mil­liards de rou­pies, sa dette ne cesse d’aug­men­ter. Pas éton­nant qu’il ne puisse convaincre ses ban­quiers d’étendre son cré­dit. Heu­reu­se­ment, ses ac­tifs sont de pre­mier ordre et pour cette rai­son, une banque pa­ral­lèle lui a ré­cem­ment ac­cor­dé un prêt de plus de 200 mil­lions de dol­lars. Les banques pa­ral­lèles ont long­temps été ac­cu­sées d’être “l’ul­time ar­bi­trage ré­gle­men­taire”. Elles sont gé­né­ra­le­ment créées pour contour­ner les contraintes des banques, et cri­ti­quées, parce qu’elles prêtent sou­vent à des taux exor­bi­tants et peuvent em­ployer la contrainte contre les clients qui ont des dif­fi­cul­tés à les rem­bour­ser. Mais dans les pays aux sys­tèmes fi­nan­ciers sous-dé­ve­lop­pés ou lorsque les banques sont ré­ti­centes à prê­ter, parce qu’elles ont dé­jà trop d’em­prunts à risques et pas as­sez de ca­pi­taux pour sou­te­nir leurs bi­lans, les banques pa­ral­lèles peuvent jouer un rôle construc­tif pour ré­soudre les pro­blèmes. Elles peuvent ac­cor­der des prêts à des condi­tions souples et ai­der les en­tre­prises à évi­ter le dé­faut de paie­ment de leurs em­prunts ban­caires. De nos jours, les banques in­diennes sont le re­flet d’un sys­tème fi­nan­cier en dif­fi­cul­té. M. Gupta note que les ac­tifs à pro­blème re­pré­sentent 11% de la to­ta­li­té des prêts, et leur mon­tant re­pré­sente entre 25 et 100% de la va­leur nette des banques. Un tiers des prêts aux en­tre­prises le sont à des en­tre­prises aux bi­lans si mau­vais que la cou­ver­ture de l’in­té­rêt net est in­fé­rieure à un. L’Inde manque aus­si d’un mar­ché du cré­dit as­sez dé­ve­lop­pé pour four­nir des ca­pi­taux à long terme, ain­si que d’un mar­ché ados­sé à des ac­tifs ro­bustes qui per­met­trait des ti­tri­sa­tions. Dans de telles cir­cons­tances, les banques pa­ral­lèles peuvent faire une dif­fé­rence. Par ailleurs, en Inde, la Banque cen­trale ré­gle­mente le sec­teur pa­ral­lèle. Clear­wa­ter Ca­pi­tal, un in­ves­tis­seur de cré­dit ba­sé à Hong Kong, KKR, in­ves­tis­seur in­ter­na­tio­nal de ca­pi­taux, et des firmes comme Edelweiss et Ko­dak, deux mai­sons de cour­tage, ont créé des éta­blis­se­ments pour ve­nir en aide aux en­tre­prises dont les banques ne veulent pas. KKR, ac­com­pa­gné par des par­te­naires et des in­ves­tis­seurs lo­caux, a dé­jà prê­té 2,8 mil-

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