OR­GA­NI­SA­TION DE DÉ­FENSE DU CONSOM­MA­TEUR

Une bouf­fée d’oxy­gène

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - Par Rid­ha MAAMRI

C’est une bouf­fée d’oxy­gène pour tout mé­nage as­phyxié par les an­nui­tés de l’em­prunt lo­ge­ment. En­vi­ron 900 mille fa­milles se­ront en me­sure d’al­lé­ger les charges in­hé­rentes à leurs cré­dits lo­ge­ment à par­tir du mois de jan­vier, et telle que dé­taillée par la Note com­mune n°18/2015 qui com­mente l’ar­ticle 26 de la loi n°2015-30, pré­cise Taw­fik Ben Je­mia, membre du bu­reau na­tio­nal de l’Or­ga­ni­sa­tion de Dé­fense du Consom­ma­teur (ODC) char­gé des ser­vices ban­caires, fi­nan­ciers et d’as­su­rance. «C’est vrai­sem­bla­ble­ment le coeur de la cible de cette me­sure», pré­cise-t-il. Comme toute me­sure vi­sant la pro­mo­tion du pou­voir d’achat, pour­suit-il, la dé­duc­tion des in­té­rêts des cré­dits lo­ge­ment est vue d’un bon oeil par le consom­ma­teur. Sur­tout qu’il s’agisse d’un en­ga­ge­ment qui s’étale sur un très long terme et qui touche près de 40% du bud­get du mé­nage, seuil de cal­cul des an­nui­tés de l’em­prunt. Le membre de l’ODC rap­pelle que la dé­duc­tion des in­té­rêts de la base im­po­sable du sa­la­rié n’est guère sy­no­nyme d’une an­nu­la­tion des charges d’em­prunt, mais ce­la se tra­duit, plu­tôt, par un gain d’im­pôt gé­né­ré par la ré­vi­sion à la baisse de la base im­po­sable. En ef­fet, l’Etat re­nonce à une par­tie de l’im­pôt ver­sé par le sa­la­rié en­det­té, après dé­duc­tion des in­té­rêts dé­duc­tibles de la base im­po­sable, ce qui pro­fite dans une large me­sure à la banque, puisque les dé­bi­teurs se­raient plus sol­vables. «L’Etat s’ap­pau­vrit au pro­fit des banques», dé­plore-t-il. Car on a n’a fait que dé­pla­cer le mon­tant du gain des caisses de l’Etat à la banque, se­lon M. Ben Jmia. A cet égard, il s’est de­man­dé, tout bon­ne­ment, si l’Etat était en droit de don­ner de telles fa­veurs fis­cales dans la si­tua­tion ac­tuelle des fi­nances pu­bliques. «On ne peut pas pri­ver l’Etat de ces re­cettes», mar­tèle-t-il.

FAIRE D’UNE PIERRE DEUX COUPS

Au sens de l’ODC, bien que la me­sure soit ac­cep­table par le consom­ma­teur et l’or­ga­ni­sa­tion, il au­rait été op­por­tun de la conju­guer avec d’autres ré­formes struc­tu­relles qui chan­ge­raient ra­di­ca­le­ment la donne sur le mar­ché. «On au­rait sou­hai­té que l’Etat en­cou­rage l’épargne», pré­cise-t-il. «En­cou­ra­ger l’as­su­rance vie, par exemple, en pro­cé­dant à la ré­vi­sion à la hausse du seuil de dé­duc­ti­bi­li­té, pour­rait gé­né­rer des fonds consé­quents qu’on pour­rait ca­na­li­ser vers des in­ves­tis­se­ments prio­ri­taires», conti­nue-t-il, fai­sant al­lu­sion à des pro­jets d’ha­bi­tat. Dé­jà, les pro­vi­sions et les ré­serves tech­niques dé­te­nues par les ins­ti­tu­tions fi­nan­cières, celles qui font ap­pel pu­blic à l’épargne, s’élèvent à trois mil­liards de di­nars, d’après l’ex­pert consul­tant en as­su­rance. De l’ar­gent qui dort, qui au­rait pu pro­fi­ter à des pro­jets prio­ri­taires. Car l’Etat est en me­sure d’im­po­ser une ven­ti­la­tion du por­te­feuille des in­ves­tis­se­ments de ces en­tre­prises par sec­teur, se­lon les prio­ri­tés qu’il fixe. Tou­jours dans la li­gnée de pro­mo­tion de l’épargne, il plaide en fa­veur de l’en­cou­ra­ge­ment de la re­traite com­plé­men­taire, sur­tout que la si­tua­tion des caisses de re­traite n’est pas ras­su­rante pour les ac­tuels co­ti­sants qui risquent de ne pas at­teindre le ni­veau es­comp­té de pen­sion de re­traite. «Puisque la re­traite n’est pas sûre pour les fu­turs re­trai­tés, pour­quoi ne pas in­ci­ter les em­ployés et leurs em­ployeurs à co­ti­ser», s’in­ter­roge-t-il, et faire d’une pierre deux coups.

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