CULTURE SON­NANTE ET TRÉ­BU­CHANTE

Le chant des si­rènes

La Presse Business (Tunisia) - - SOMMAIRE - Par Ha­bib BOUHAWEL

Cinq ans dé­jà de tu­multe ré­vo­lu­tion­naire. Cinq bonnes an­nées à cher­cher la qua­dra­ture du cercle et à trom­per l’at­tente et son monde par ces rhé­to­riques par­le­men­taires qui se pré­tendent pro­gramme, et ces tri­bunes et tables rondes où l’ex­pres­sion dé­lu­rée n’est là que pour nous faire croire que le pays a réus­si son exa­men dé­mo­cra­tique. Belle con­so­la­tion ! Cinq an­nées au cours des­quelles nous étions pi­lo­tés par une sorte de di­vine pro­vi­dence — qo­dra — et par un in­croyable ins­tinct de sur­vie qui nous a pré­ser­vés, jusque-là, de l’ef­fon­dre­ment. Une chance de co­cu en somme, et co­cus de la ré­vo­lu­tion, nous le sommes bien. La culture, entre autres, en a pâ­ti, et pâ­ti­ra bien da­van­tage avec ce der­nier choix mi­nis­té­riel, si ab­surde, si étrange. De­puis la pièce ré­vo­lu­tion­naire qu’on nous a jouée un cer­tain 14 jan­vier, on a eu quatre mi­nistres de la Culture, et au­cune po­li­tique cultu­relle. Juste une ges­tion de la mé­dio­cri­té cultu­relle qui sé­vit et cet aveu­gle­ment qui per­siste et qui fait dé­voyer ce concept propre aux ci­vi­li­sa­tions su­pé­rieures et le vouer aux gé­mo­nies fes­ti­va­lières et autres di­ver­tis­se­ments qu’on ap­pa­rente abu­si­ve­ment à de la culture. Un mi­nistre au­quel nous ren­dons, néan­moins, jus­tice et qui sort du lot, Mou­rad Sak­li, qui, avec hu­mi­li­té et conscient des exi­gences de la fonc­tion, a eu l’in­tel­li­gence et le bon sens d’oeu­vrer dans le pra­tique et l’utile aux fins d’amé­lio­rer la ges­tion cultu­relle, à dé­faut de concepts ré­vo­lu­tion­naires. Et voi­ci que, fu­roncle sur un gâ­teau dé­jà ava­rié, on af­fuble ce mi­nis­tère si­nis­tré d’un per­son­nage qui n’a au­cun lien de pa­ren­té avec la haute idée qu’on se fait de la culture. On est si loin de Ched­ly Kli­bi et de Bé­chir Ben Sla­ma. On est loin d’un Jack Lang et si loin d’An­dré Mal­raux, gé­ni­teur his­to­rique et lé­gi­time d’un mi­nis­tère de la Culture, créé spé­cia­le­ment dans le but «de don­ner au gé­nie fran­çais du pa­nache, du rayon­ne­ment». Lors de la cé­ré­mo­nie d’as­ser­men­ta­tion, la nou­velle res­pon­sable de notre des­ti­née cultu­relle se pré­sente en jupe « im­pie » et fou­lard is­la­mique et fait le buzz. Mal­adresse qui ré­vèle dé­jà un manque de tact, de co­hé­rence et… de culture. Ce ri­di­cule de si­tua­tion dé­voile de même l’in­com­pé­tence du ser­vice du pro­to­cole pré­si­den­tiel, ce­la va de soi. Mais au-de­là de ces

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