DETTES ET MÉ­DIO­CRA­TIE

Les pro­messes non te­nues du G8 et le manque d’en­thou­siasme dans le sou­tien ap­por­té à la Tu­ni­sie offrent une nou­velle op­por­tu­ni­té au gou­ver­ne­ment pour re­po­ser la ques­tion d’un ré­éche­lon­ne­ment de la de e pu­blique tunisienne. Les ar­gu­ments ne manquent pas. I

La Presse Business (Tunisia) - - CLIN D’OEIL - Par Rid­ha BEN SLA­MA

Dès les pre­miers mois de 2011, on s’est ren­du compte que la plu­part des po­li­ti­ciens qui four­millent sur cette belle terre de Tu­ni­sie, quel que soit leur bord, sont nuls. Plus on avance dans le temps, plus on dé­couvre le de­gré de mé­dio­cri­té qu’ils in­carnent; ils sont tout bê­te­ment des che­faillons vin­di­ca­tifs, ar­ro­gants, fourbes et au­to­suf­fi­sants. Bref, de par­faits in­com­pé­tents ! Alors, com­ment res­sen­tir le moindre res­pect à leur égard? Hé­las, la vie po­li­tique tunisienne est at­teinte de ce vice qui a pour nom mé­dio­cri­té, celle des capacités et celle des va­leurs éthiques. Non seule­ment les ré­sul­tats éco­no­miques nous placent au­jourd’hui sous la sur­veillance ren­for­cée du FMI et des puis­sants de ce monde, mais en­core il n’y a pas de jour sans que le sor­dide ne vienne en­ta­cher en­core plus l’image de ces ac­teurs d’une tra­gi­co­mé­die po­li­tique. Nous avons ap­pris à nos dé­pens quel est le ni­veau de ré­flexion et de pré­oc­cu­pa­tion au plus haut de­gré de l’État : une cui­sine po­li­ti­cienne peu ra­goû­tante as­sai­son­née de morgue vis-à-vis du ci­toyen et de manipulation de l’opi­nion. L’ef­fet est sai­sis­sant : des ré­sul­tats ca­tas­tro­phiques ont été au ren­dez-vous. L’ir­rup­tion des mar­chands du temple dans le pay­sage n’a fait qu’em­brouiller da­van­tage la si­tua­tion. Cette mé­dio­cri­té sans conces­sion des sphères du pou­voir a, non seule­ment échoué à ré­soudre les pro­blèmes les plus lan­ci­nants, ce qui était pré­vi­sible, mais elle em­pêche l’émer­gence de pro­po­si­tions fortes. La ques­tion de l’en­det­te­ment pu­blic en est une. Le 5 jan­vier, la réunion de la Com­mis­sion des fi­nances, de la pla­ni­fi­ca­tion et du dé­ve­lop­pe­ment re­le­vant de l’ARP, a été consa­crée à la ques­tion de l’en­det­te­ment. Pour ar­ri­ver à quelle conclu­sion ? Rien d’ef­fi­cient! Le gou­ver­neur de la Banque cen­trale de Tu­ni­sie s’est bor­né à im­pu­ter l’en­det­te­ment au «re­cours mas­sif de l’Etat» à cette époque, à la fai­blesse du taux d’épargne et des re­cettes fis­cales dans un pays où la masse sa­la­riale re­pré­sente 14% du PIB, «l’un des taux les plus éle­vés du monde», in­vi­tant tout le monde «à mettre fin à la dia­bo­li­sa­tion des dettes ex­té­rieures dont l’Etat au­ra tou­jours be­soin pour ga­ran­tir la li­qui­di­té né­ces­saire, quel que soit le gou­ver­ne­ment en place». Et le lo­quace mi­nistre des Fi­nances en­chaî­na tout bon­ne­ment que «la Tu­ni­sie se­ra obli­gée de s’en­det­ter en­core pour com­bler un dé­fi­cit de fi­nan­ce­ment de l’ordre de 6,6 mil­liards de di­nars». L’ima­gi­na­tion est au pou­voir ! Pen­dant ce temps, l’en­det­te­ment pu­blic de la Tu­ni­sie pour­suit son as­cen­sion de l’Eve­rest. Les chiffres l’at­testent, puisque fin 2010, il re­pré­sen­tait 40.2% du PIB soit ap­proxi­ma­ti­ve­ment 25.5 mil­liards de di­nars. Fin 2011, il était à 43.9% du PIB et 28.7 mil­liards. A l’is­sue de 2012, il grimpe à 46.4% du PIB et 33.1 mil­liards. Au terme de 2013, il at­teint 40 mil­liards de di­nars, soit 51.1% du PIB. Se­lon la loi de fi­nances de 2016, le ni­veau de la dette pu­blique s’éta­bli­ra à 53,4% du PIB, soit 50,354 mil­liards de di­nars, contre 52,7% at­ten­dus pour 2015. Il convient de no­ter que la loi de fi­nances 2016 a été adop­tée par l’ARP à 142 voix avec 7 abs­ten­tions et au­cune voix contre, et ce, lors d’une séance plé­nière

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