CHED­LY AYA­RI POUR­SUI­VRA SA MIS­SION JUS­QU’EN 2018

La Presse Business (Tunisia) - - FINANCE -

La ques­tion du li­mo­geage ou non de l’ac­tuel gou­ver­neur de la Banque cen­trale de Tu­ni­sie, Ched­ly Aya­ri, a pré­oc­cu­pé plu­sieurs mé­dias (écrits, mais aus­si au­dio­vi­suels) et ali­men­té beau­coup de dé­bats. Après le der­nier re­ma­nie­ment mi­nis­té­riel an­non­cé par le chef du gou­ver­ne­ment ce su­jet est de nou­veau sur la table et plu­sieurs noms ont été avan­cés pour la suc­ces­sion de Ched­ly Aya­ri. Par­mi les noms ci­tés, des per­son­na­li­tés de «gros ca­libre» à l’ins­tar de Ez­zed­dine Saï­dane, Ma­rouan Ab­bes­si, Jal­loul Ayed, le re­ve­nant Mus­ta­pha Ka­mel Na­bli, mais sur­tout Mo­ha­med Nou­ri Joui­ni. En ef­fet, le li­mo­geage ou la nomination d’un gou­ver­neur à la tête de la mère des banques en Tu­ni­sie reste une dé­ci­sion dé­li­cate qui de­mande un maxi­mum de com­pé­tence et de res­pon­sa­bi­li­té, vue la pé­riode dif­fi­cile par la­quelle passe notre pays. Cette me­sure est sou­mise à des condi­tions par­ti­cu­lières, très nom­breuses et pré­cises…Elle exige, entre autres, de ri­gou­reuses condi­tions consti­tu­tion­nelles et ju­ri­diques. Se­lon l’ar­ticle 78 de la Consti­tu­tion, le gou­ver­neur de la Banque cen­trale est dé­si­gné par ar­rê­té ré­pu­bli­cain après consen­sus entre le pré­sident de la Ré­pu­blique et le chef du gou­ver­ne­ment. La dé­si­gna­tion ne prend ef­fet qu’après son ap­pro­ba­tion à la ma­jo­ri­té ab­so­lue des membres pré­sents à l’As­sem­blée des re­pré­sen­tants du peuple. La dé­ci­sion doit être prise dans un dé­lai n’ex­cé­dant pas 15 jours à comp­ter de la date de pré­sen­ta­tion de la de­mande au pré­sident de l’ARP. Il est mis fin à ses fonc­tions sui­vant la même pro­cé­dure ap­pli­cable pour sa dé­si­gna­tion ou à la de­mande du tiers des membres de l’As­sem­blée des re­pré­sen­tants du peuple et l’ap­pro­ba­tion de la ma­jo­ri­té ab­so­lue des membres de l’As­sem­blée. Se­lon la loi N° 58-90 du 19 sep­tembre 1958 re­la­tive à la créa­tion et l’or­ga­ni­sa­tion de la Banque cen­trale de Tu­ni­sie, après avoir prê­té ser­ment de­vant le pré­sident de la Ré­pu­blique, de bien et fi­dè­le­ment di­ri­ger les af­faires de la BCT confor­mé­ment aux lois et sta­tuts, le gou­ver­neur est nom­mé pour un man­dat de 6 ans qui peut être re­nou­ve­lé une ou plu­sieurs fois (ar­ticle 9). En no­vembre 2015, cette loi a été amen­dée et a ap­por­té une seule mo­di­fi­ca­tion : le gou­ver­neur est nom­mé pour un man­dat de 6 ans, re­nou­ve­lable une seule fois. S’ins­cri­vant dans le même sillage, la loi sou­tient l’idée d’in­dé­pen­dance du gou­ver­neur, no­tam­ment en po­sant clai­re­ment le prin­cipe de l’in­com­pa­ti­bi­li­té de sa fonc­tion avec toute charge lé­gis­la­tive ou gou­ver­ne­men­tale, en en­tou­rant son in­ves­ti­ture de la so­len­ni­té qu’in­dique la pres­ta­tion du ser­ment et en lui ac­cor­dant le bé­né­fi­cie d’un ré­gime de ré­mu­né­ra­tion et d’avan­tages en na­ture. Nom­mé en juillet 2012 en tant que gou­ver­neur de la Banque cen­trale de Tu­ni­sie, Ched­ly Aya­ri de­vrait pour­suivre sa mis­sion à la tête de la BCT jus­qu’en 2018. L’ab­sence de pos­si­bi­li­té de re­con­duc­tion écar­te­ra la ten­ta­tion pour le gou­ver­neur d’être « conci­liant » avec les hommes po­li­tiques.

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