UN NOU­VEAU BU­SI­NESS MO­DEL DE START-UP

La Presse Business (Tunisia) - - FINANCIAL TIMES -

Ce qui est frap­pant avec des start-up telles qu’Uber, c’est que, bien qu’elles ex­ploitent In­ter­net et lo­gi­ciels à leur avan­tage, il ne s’agit pas réel­le­ment d’en­tre­prises tech. Les en­tre­prises tech ne se contentent plus de four­nir la ‘tuyau­te­rie’ pour les so­cié­tés qui vendent au grand pu­blic. Elles vendent di­rec­te­ment aux consom­ma­teurs. Tes­la, le fa­bri­cant ca­li­for­nien de voi­tures qui s’est fi­nan­cé par du ca­pi­tal-risque, a ob­te­nu la se­maine der­nière le droit de vendre di­rec­te­ment ses voi­tures élec­triques aux au­to­mo­bi­listes du New Jer­sey, après une ba­taille du­rant la­quelle Elon Musk, son fon­da­teur, a com­pa­ré les conces­sion­naires au­to­mo­biles à des ma­fieux. Spo­ti­fy, la pla­te­forme de mu­sique en strea­ming, est at­ta­quée par Uni­ver­sal Mu­sic pour avoir per­mis à 45 mil­lions de ses 60 mil­lions de clients d’écou­ter gra­tui­te­ment de la mu­sique. Fa­ce­book lance un ser­vice de paie­ment ‘peer-to-peer’ via son ap­pli­ca­tion Mes­sen­ger, tout en né­go­ciant avec les mé­dias pour hé­ber­ger di­rec­te­ment leurs conte­nus sur son ré­seau, au lieu de dif­fu­ser uni­que­ment les liens des ar­ticles sur son flux d’ac­tua­li­tés. Le New York Times pour­rait même de­ve­nir le four­nis­seur d’ac­tua­li­tés d’un dis­tri­bu­teur du sec­teur tech. Cette mu­ta­tion pour­rait être aus­si im­por­tante que celle de 1981, quand IBM a per­mis à Mi­cro­soft d’ins­tal­ler son sys­tème d’ex­ploi­ta­tion MS-DOS sur ses or­di­na­teurs per­son­nels IBM. L’opé­ra­tion s’est sol­dée par une prise de pou­voir très pro­fi­table pour Mi­cro­soft. Son lo­gi­ciel s’est po­si­tion­né au coeur du sec­teur in­for­ma­tique, alors que les autres com­po­sants de l’or­di­na­teur de­ve­naient de simples four­ni­tures. Les nou­velles en­tre­prises comme Tes­la, Net­flix et l’op­ti­cien War­by Par­ker sont ap­pe­lées «full stack start-up» par le ca­pi­tal-ris­queur An­drees­sen Ho­ro­witz. Au lieu de four­nir la tuyau­te­rie tech­no­lo­gique à d’autres en­tre­prises, comme Oracle et SAP le font pour les lo­gi­ciels d’en­tre­prise, ils vendent di­rec­te­ment leurs pro­duits ou ser­vices au consom­ma­teur fi­nal en pro­fi­tant de leur agi­li­té et de leur taille. On trouve une sy­mé­trie his­to­rique dans tout ce­la. Le plus an­cien concur­rent de Mi­cro­soft, la com­pa­gnie qui a re­fu­sé de res­ter confi­née dans le lo­gi­ciel, est Apple, qui est main­te­nant la so­cié­té la plus riche au monde, et est sa­luée par Ch­ris Dixon, un des par­te­naires de An­drees­sen Ho­ro­witz, comme “l’en­tre­prise tech full stack par es­sence”. Elle conçoit ses propres lo­gi­ciels et pro­duits, dont les puces de ses or­di­na­teurs, et pos­sède son propre ré­seau de ma­ga­sins pour ses pro­duits. «Full stack» est une ex­pres­sion en grande par­tie trom­peuse. Elle est née de l’ar­chi­tec­ture mo­derne des lo­gi­ciels dont les mo­dules s’en­grènent les uns aux autres. Ce­la peut son­ner comme de l’in­té­gra­tion ver­ti­cale, dans le style pré­co­ni­sé par Hen­ry Ford. Son en­tre­prise, à une époque, n’a pas seule­ment construit des voi­tures, mais pos­sé­dait des plan­ta­tions d’hé­véas, des mines de char­bon et des che­mins de fer, cor­res­pon­dant à une grande par­tie de ses four­nis­seurs. Quelques sec­teurs sont tou­jours in­té­grés verticalement. Des com­pa­gnies pé­tro­lières, par exemple, couvrent en amont l’ex­plo­ra­tion et les fo­rages, les pi­pe­lines et raf­fi­ne­ries en aval, et jus­qu’à la sta­tion es­sence. La ten­dance, ce­pen­dant, était jusque-là de s’éloi­gner des mo­no­lithes in­dus­triels pour al­ler vers la sous-trai­tance à des ré­seaux de four­nis­seurs. Même Apple sous-traite la

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