Des autres cultures frui­tières et des cultures d’es­sences en usage à Sfax

La Presse Business (Tunisia) - - HISTOIRE -

On es­time qu’il existe 350.000 pieds de vigne in­di­gène dans les jar­dins de Sfax, 10.000 aux Ker­ken­nah et 40.000 dans les jar­dins des Mé­tel­lit. Il y en a plus de cinq va­rié­tés. La plus es­ti­mée est l’as­li qui donne un rai­sin à grains ronds et ser­rés, à peau fme, d’un blanc do­ré et très riche en sucre. Deux autres va­rié­tés donnent des rai­sins blancs et blanc do­ré, à peau ru­gueuse, res­sem­blant au chas­se­las. La qua­trième va­rié­té donne des rai­sins vio­let rouge. Quoique mu­sul­mans, les gens de Ker­ken­nah font du vin blanc avec les pre­mières va­rié­tés. En rai­son de la na­ture sa­blon­neuse du sol, on ne dé­fonce point pour la plan­ta­tion. On creuse sim­ple­ment des trous, comme pour l’oli­vier, à cinq mètres les uns des autres, ce qui met 400 pieds à l’hec­tare. La vigne pousse avec une grande vi­gueur et pa­raît de longue du­rée ; des ceps de cin­quante ans ne donnent au­cun signe de vieillesse. Elle com­mence à pro­duire à la troi­sième feuille : elle est en plein rap­port à dix ans. Un cep pro­duit alors de huit à dix ki­lo­grammes de rai­sins qui se vendent dix cen­times le ki­lo­gramme. Le rai­sin de Sfax est re­nom­mé. On en ex­porte frais à Kai­rouan et à Sousse. Les in­di­gènes savent le sé­cher et font ain­si des pro­vi­sions pour l’hi­ver. Mais ces rai­sins secs ne sont pas as­sez bien pré­pa­rés pour le com­merce. Les in­di­gènes plantent leurs vignes d’oc­tobre à jan­vier. Il les taillent en jan­vier et en fé­vrier. La taille se fait en deux fois. La pre­mière fois on en­lève un sar­ment sur deux. La se­conde fois, on laisse seule­ment quatre yeux sur le sar­ment conser­vé. De­puis cinq à six ans il s’est créé des vi­gnobles eu­ro­péens qui couvrent ac­tuel­le­ment deux cent vingt hec­tares. Les cé­pages en ont été ti­rés des vi­gnobles eu­ro­péens de l’En­fi­da et du Mor­nag. Ils poussent avec au­tant de vi­gueur et pa­raissent de­voir pro­duire aus­si abon­dam­ment que les cé­pages in­di­gènes. Ces vi­gnobles sont en­core trop jeunes pour qu’on puisse pro­nos­ti­quer avec cer­ti­tude sur leur ave­nir. Les an­ciens fai­saient du bon vin sous des la­ti­tudes plus mé­ri­dio­nales en­core, puisque Pline classe les vins de Tripoli par­mi les plus ré­pu­tés. Il est vrai qu’il n’est pas sûr que les an­ciens aient eu les mêmes goûts que les mo­dernes en fait de vin. Quoi qu’il en soit, il pa­raît dès main­te­nant ac­quis qu’on peut faire à Sfax des vins de li­queur et des vins blancs d’un bou­quet fin et très par­ti­cu­lier. Les vins rouges ont eu jus­qu’ici le dé­faut de se mal conser­ver. Il n’est pas dou­teux que quand on le vou­dra, on pour­ra pro­duire des rai­sins secs dans d’aus­si bonnes condi­tions

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