LA FACE CA­CHÉE DE LA FRAN­CHISE

La Presse Business (Tunisia) - - POST-SCRIPTUM - Par Saous­sen BOULEKBACHE

Com­merce élec­tro­nique, vente par correspondance ou à do­mi­cile : tous les moyens sont bons pour dé­ve­lop­per une af­faire qui marche. Et ce­la, même si le ma­ga­sin de­meure le sym­bole tra­di­tion­nel du com­merce qu’il faut sa­voir bien en­tre­te­nir pour sé­duire in­tel­li­gem­ment ses clients. L’idée d’en­tre­prendre en fran­chise est un concept très at­trayant pour nombre d’éven­tuels en­tre­pre­neurs. Ces der­niers peuvent de la sorte bé­né­fi­cier d’avan­tages mul­tiples, dont la no­to­rié­té d’une marque connue dès le lan­ce­ment de leur ac­ti­vi­té, le sa­voir-faire du fran­chi­seur, la prise en charge des frais d’étude de mar­ché, la pré­pa­ra­tion du dos­sier fi­nan­cier, l’aide au dé­mar­rage de l’ac­ti­vi­té... Hé­las, la loi tunisienne sur la grande dis­tri­bu­tion pro­mul­guée le 12 août 2009, se li­mite en son cha­pitre V à men­tion­ner la fran­chise sans en pré­ci­ser les mo­da­li­tés pra­tiques. Le cadre ins­ti­tu­tion­nel tu­ni­sien ac­tuel est loin d’être source de mo­ti­va­tion pour les en­tre­pre­neurs et à même de créer un ef­fet ac­cé­lé­ra­teur pour l’en­tre­pre­neu­riat. Même si la fran­chise a plus de chance de réus­site qu’un com­merce in­dé­pen­dant, il est im­pé­ra­tif d’être pru­dent. Tout d’abord, l’in­ves­tis­se­ment de dé­part lié à une créa­tion d’en­tre­prise en fran­chise est sou­vent plus coû­teux qu’une créa­tion lo­cale. En ef­fet, les frais de créa­tion sont les mêmes : achat du fonds de com­merce, tra­vaux, stocks, ... A tout ce­la s’ajoute gé­né­ra­le­ment un droit d’en­trée à ver­ser au fran­chi­seur et à son club fer­mé. Le pro­prié­taire de la marque fe­ra en outre payer à ses fran­chi­sés le prix de l’étude de mar­ché, de son as­sis­tance à la créa­tion, de son as­sis­tance au dé­mar­rage de l’ac­ti­vi­té... Autre contrainte : cer­tains fran­chi­seurs peuvent exi­ger des tra­vaux d’ins­tal­la­tion, des mo­bi­liers ou des em­pla­ce­ments par­fois dif­fi­ci­le­ment réa­li­sables. Le fran­chi­seur peut éga­le­ment exi­ger jus­qu’à 100% de com­mande dans sa marque, ne lais­sant au­cune li­ber­té d’ap­pro­vi­sion­ne­ment au fran­chi­sé, ce qui ré­duit consi­dé­ra­ble­ment la marge de ma­noeuvre de son client. Ce sen­ti­ment d’étran­gle­ment peut à la longue en­tra­ver l’épa­nouis­se­ment de l’in­ves­tis­seur qui as­pire na­tu­rel­le­ment à agran­dir son af­faire ou qui sou­haite s’ou­vrir à d’autres marques, sur­tout tu­ni­siennes, afin d’en­cou­ra­ger le la­bel lo­cal.

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