“LE MAR­CHÉ A CONNU UNE SÉ­RIE DE REN­DEZ-VOUS MAN­QUÉS”

Pré­sident de l’AIB (As­so­cia­tion des in­ter­mé­diaires en Bourse) de­puis 2007, Adel Grar connaît tout du mar­ché fi­nan­cier tu­ni­sien. Pour re­lan­cer le sec­teur, il pro­pose deux ré­formes : l’une à court terme, consis­tant à ré­vi­ser la fis­ca­li­té du sec­teur, l’autre

La Presse Business (Tunisia) - - DOSSIER - Par Omar KAMMOUN

Com­ment s’an­nonce l’exer­cice 2016 pour le mar­ché bour­sier ? A.G :

L’exer­cice 2016 s’an­nonce beau­coup mieux que le précédent qui a été clô­tu­ré avec une baisse de presque 1%, ce qui est lo­gique, vu les at­ten­tats ter­ro­ristes qu’a connus le pays. J’ajoute que cette re­prise, qui a dé­mar­ré au cours du mois de dé­cembre der­nier, conti­nue jus­qu’à au­jourd’hui avec un vo­lume consé­quent. Nous avons re­pris avec nos fa­meux 6 mil­lions de di­nars par jour après une longue pé­riode de 2MD/J seule­ment. Ce­pen­dant, nous sommes tou­jours loin des 10 ou 12MD/J que nous avons connus en 2010. Mais, quand même, c’est une bonne re­prise. Si les condi­tions po­li­tiques et sé­cu­ri­taires res­tent stables, une évo­lu­tion no­table se­ra en­re­gis­trée du­rant les pro­chains mois, sur­tout que le mo­ral des in­ves­tis­seurs est net­te­ment meilleur. Je note, éga­le­ment, le re­tour des in­ves­tis­seurs étran­gers après des an­nées de flux nets né­ga­tifs. Ces deux der­nières an­nées, il y a eu quelques ac­qui­si­tions, suite à cer­taines in­tro­duc­tions im­por­tantes. Au­jourd’hui, le flux net est po­si­tif. Ces in­tro­duc­tions ont été ven­dues sur la base de «Road Show» et de dé­mar­chages à Londres, Du­baï et ailleurs. Ce­la nous a per­mis d’at­ti­rer des in­ves­tis­seurs beau­coup plus in­té­res­sés par l’opé­ra­tion elle-même que par le po­si­tion­ne­ment du pays ou la taille du mar­ché. Je pré­cise que la Sfbt nous a beau­coup ai­dés à at­ti­rer des in­ves­tis­seurs étran­gers. L’al­lé­ge­ment des contraintes re­la­tives à l’ac­qui­si­tion de titres par les étran­gers a per­mis de sé­duire des in­ves­tis­seurs es­sen­tiel­le­ment fo­ca­li­sés sur la Sfbt et, par-de­là, à ra­me­ner la Tu­ni­sie dans leur champ de vi­sion.

En dé­pit de ce e re­prise, plu­sieurs ex­perts s’ac­cordent à dire que la Bourse de Tu­nis n’est qu’une cin­quième roue et qu’elle de­meure in­ca­pable de s’im­po­ser comme la lo­co­mo­tive du sec­teur fi­nan­cier. Par­ta­gez-vous cet avis ? A.G :

Cette his­toire de cin­quième roue date d’au moins 20 ans ! Nous, in­ter­mé­diaires en Bourse, es­sayons avec le peu de moyens que nous avons de dif­fu­ser une nou­velle culture bour­sière. Mais, il ne faut pas ou­blier que le mar­ché bour­sier re­flète la si­tua­tion éco­no­mique du pays en gé­né­ral. Je pense que nous avons ra­té le coche quand l’éco­no­mie tunisienne en­re­gis­trait une crois­sance éco­no­mique as­sez im­por­tante. Du­rant ces an­nées-là, les pou­voirs pu­blics n’ont pas ju­gé in­té­res­sant de mi­ser sur le mar­ché bour­sier. Main­te­nant que l’éco­no­mie est en crise, on ne peut pas mi­ser sur le mar­ché fi­nan­cier. J’ajoute que nous lut­tons en per­ma­nence. La force de frappe des ac­teurs du mar­ché n’est

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