De­vons-nous com­prendre que vous plai­dez pour une op­ti­mi­sa­tion de la concur­rence sur le mar­ché fi­nan­cier ?

La Presse Business (Tunisia) - - DOSSIER -

Je veux qu’on op­ti­mise l’in­ter­ven­tion des ac­teurs. Une loi doit ré­gir le mé­tier et non l’ins­ti­tu­tion. Et chaque mé­tier doit être ré­gi par sa propre loi : le mé­tier d’as­su­rances, le mé­tier de la banque, le mé­tier de ser­vices d’in­ves­tis­se­ment… Au­tre­ment dit, lais­ser le mar­ché faire son propre équi­libre. Quand on ré­git les métiers, chaque in­ter­ve­nant, peu im­porte le cha­peau qu’il porte, sait ce qu’il doit et ce qu’il ne doit pas faire dans tel ou tel mé­tier. Cette lo­gique per­met d’élar­gir le champ d’ac­ti­vi­té de chaque ins­ti­tu­tion, de di­ver­si­fier les pro­duits, de créer des pro­jets en com­mun entre des ins­ti­tu­tions dif­fé­rentes…Mal­heu­reu­se­ment, nous ne sommes pas ac­tuel­le­ment dans cette lo­gique : le pre­mier ar­ticle de la loi ban­caire dé­fi­nit l’ins­ti­tu­tion au lieu de dé­fi­nir le mé­tier. Pa­reil pour la loi du mar­ché fi­nan­cier, c’est une suite de dé­fi­ni­tion des ins­ti­tu­tions.

A.G : Mais là, ne risque-t-on pas de trou­ver tous les ac­teurs fo­ca­li­sés sur un seul mé­tier ? A.G :

La concur­rence peut ré­soudre ce pro­blème. Un ré­gu­la­teur ne doit pas dire «Toi tu viens et toi tu ne viens pas». Il doit dic­ter les règles pour chaque ac­ti­vi­té, au­tre­ment dit ce qu’il faut faire et ce qu’il ne le faut pas. L’ob­jec­tif doit être le dé­ve­lop­pe­ment du mé­tier. Sou­vent, ce sont les

Ce e ré­forme est, certes, im­por­tante, mais elle ne peut que s’ins­crire sur le moyen terme. Que pro­po­sez-vous, donc, pour dy­na­mi­ser le mar­ché à court terme ? Est-ce qu’il y a des me­sures ur­gentes à prendre ? A.G :

A court terme, il faut re­voir la fis­ca­li­té. Je ne suis pas là pour dire : «Don­ner plus d’avan­tages fis­caux, alors que le pays souffre d’un dé­fi­cit bud­gé­taire as­sez im­por­tant, même si ce dé­fi­cit est ex­pli­qué par d’autres fac­teurs. Au­jourd’hui, il y a une mo­di­fi­ca­tion de la fis­ca­li­té du mar­ché fi­nan­cier. Ma ques­tion est : est-ce qu’en chan­geant cette fis­ca­li­té on a ré­orien­té l’épargne pu­blique vers d’autres sec­teurs plus im­por­tants ? Quand on prend une dé­ci­sion pa­reille, lo­gi­que­ment, on doit en étu­dier les im­pacts et les consé­quences. Mais, sin­cè­re­ment, je ne pense pas qu’on a fait ce­la. Par­tout au monde, la fis­ca­li­té est un moyen de ca­na­li­sa­tion de l’épargne pu­blique. Si on lève les avan­tages ac­cor­dés à un sec­teur don­né, c’est pour orien­ter l’épargne vers un autre sec­teur au­quel on ac­corde des avan­tages pour ga­ran­tir son dé­ve­lop­pe­ment. C’est ce qu’on fait dans tous les pays. Mais, mal­heu­reu­se­ment, ce­la n’a pas été fait en Tu­ni­sie. J’ai une autre ques­tion à po­ser : si on a pris cette dé­ci­sion parce qu’on a be­soin d’ar­gent, pour­quoi ne l’a-t-on pas prise avant, de­puis 1994 ? Je ne pense pas qu’on n’a pas at­teint les ob­jec­tifs es­comp­tés par ces avan­tages. Donc, tout ce qu’on a fait de­puis qu’on les a ac­cor­dés jus­qu’au mo­ment où on les a le­vés c’est de la perte du temps et du gas­pillage. Je tiens à pré­ci­ser que je ne suis pas dans la lo­gique de re­ven­di­quer plus d’avan­tages fis­caux pour le mar­ché fi­nan­cier, mais je pense que chaque dé­ci­sion doit éma­ner d’une ré­flexion pro­fonde et d’une vi­sion.

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