UNE PLACE RÉ­GIO­NALE NE SE DÉ­CRÈTE PAS !

«Quan­don­veut­dé­ve­lop­pe­ru­ne­pla­ce­fi­nan­cière,il­fau­ta­dop­te­ru­ne­pé­da­go­gie perme ant­de­per­sua­der­les­ban­quiers­qu’ilnes’agit­pasd’un­jeuà­som­me­nulle» , se­lon Ch­ris­tian de Bois­sieu

La Presse Business (Tunisia) - - DOSSIER -

Par Rid­ha MAÂMRI

Tu­nis, place fi­nan­cière ré­gio­nale. Un thème an­cien da­tant des an­nées 80, bien avant le lan­ce­ment de la Bourse de Du­baï, mais qui reste tou­jours d’ac­tua­li­té. Une table ronde a été consa­crée à ce thème, lors de la XIVe ses­sion de l’Ins­ti­tut fran­co­phone de la ré­gu­la­tion fi­nan­cière, qui s’est te­nue, à Tu­nis. Te­nant un dis­cours de vé­ri­té, M. Fadhel Ab­delke­fi, di­rec­teur gé­né­ral de «Tu­ni­sie Va­leurs» consi­dère que cette am­bi­tion ré­gio­nale est «un rêve loin­tain, du moins pour les pro­fes­sion­nels de la place bour­sière, dont je fais par­tie» . Au­cun dé­ve­lop­pe­ment ré­gio­nal ne se­rait en­vi­sa­geable, se­lon le pro­fes­sion­nel, avant que la place bour­sière n’at­teigne une taille cri­tique et que tous les sec­teurs, qui pèsent dans l’éco­no­mie na­tio­nale, y soient re­pré­sen­tés. Avec le dé­ve­lop­pe­ment de Ca­sa Fi­nance Ci­ty (CFC), à 1.600 ki­lo­mètres à vol d’oi­seau, l’an­cien pré­sident de l’As­so­cia­tion des in­ter­mé­diaires en Bourse, M. Adel Grar, consi­dère que me­ner un pro­jet de place ré­gio­nale à Tu­nis condui­ra, né­ces­sai­re­ment, à l’échec de l’une des deux places, à cause de cette proxi­mi­té géo­gra­phique. Tou­te­fois, la com­plé­men­ta­ri­té entre les deux places reste en­vi­sa­geable, M Hi­cham Jra­di, di­ri­geant au CFC, fai­sant al­lu­sion que la place ma­ro­caine, à elle seule, n’est pas en me­sure de for­mer «une masse cri­tique pour pré­tendre de­ve­nir une place ré­gio­nale». Co­or­don­ner les échanges, évi­ter la confron­ta­tion et pro­mou­voir la co­opé­ra­tion se­raient la re­cette pour la mise en place d’un centre fi­nan­cier ré­gio­nal, digne de son nom. «Quand on veut dé­ve­lop­per une place fi­nan­cière, il faut adop­ter une pé­da­go­gie per­met­tant de per­sua­der les ban­quiers qu’il ne s’agit pas d’un jeu à somme nulle» , sou­tient Pr Ch­ris­tian de Bois­sieu, membre du col­lège de l’Au­to­ri­té des mar­chés fi­nan­ciers (AMF). Et puis, un mar­ché, conti­nue-t-il, ne peut mar­cher que sur ses deux jambes : l’offre et la de­mande. Pour ce qui est de l’offre, il s’agit de pro­mou­voir les ef­forts de privatisation et d’at­ti­rer les PME, «en ré­dui­sant les coûts de tran­sac­tion et les sé­cu­ri­ser». Pour la de­mande, en plus du couple rendement-risque, il faut agir sur un autre couple de li­qui­di­té-sé­cu­ri­té. Par ailleurs, l’éco­no­miste rap­pelle qu’une place fi­nan­cière est «une masse sa­la­riale», soit une concen­tra­tion de com­pé­tences. Sur le plan ma­croé­co­no­mique, pour as­pi­rer à de­ve­nir une place digne de son nom, il sou­tient que «a Tu­ni­sie de­vrait re­trou­ver un taux de crois­sance de 5% et en­vi­sa­ger des stra­té­gies de par­te­na­riat et d’al­liance» .

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