DÉ­BAN­DADE

La mau­vaise passe de la com­pa­gnie na­tio­nale risque de per­du­rer, faute de moyens et de vi­si­bi­li­té, es­timent les ana­lystes fi­nan­ciers

La Presse Business (Tunisia) - - BOURSE - Par Anis SOUADI

On de­vrait cer­tai­ne­ment re­te­nir notre souffle : la com­pa­gnie aé­rienne Tu­ni­sair a su­bi lun­di un vé­ri­table crash bour­sier. A 0,650 di­nars l’ac­tion, elle en­re­gistre ain­si son plus bas ni­veau de­puis son in­tro­duc­tion en bourse en 1995. Ce qui est en­core plus grave, c’est que, de­puis le dé­but de la nou­velle an­née, la com­pa­gnie cu­mule les contre­per­for­mances, avec une moyenne de -17,5%. Et si cette ten­dance per­dure, la si­tua­tion se­rait apo­ca­lyp­tique. Se­lon les ana­lystes, cette chute libre était plu­tôt pré­vi­sible, car, en 2015, les re­ve­nus de Tu­ni­sair ont connu une ten­dance bais­sière spec­ta­cu­laire avec une moyenne de ré­gres­sion glo­bale de 23%. Sans par­ler, bien en­ten­du, des dettes qui frôlent se­lon les der­nières sta­tis­tiques le mil­liard de di­nars. Mme Sal­ma Zan­nit, analyste fi­nan­cière, confirme un tel constat. Pour elle, cette dé­pré­cia­tion de la va­leur de l’ac­tion de la com­pa­gnie aé­rienne est due à la con­jonc­tion de plu­sieurs fac­teurs to­ta­le­ment dé­fa­vo­rables. Elle re­tient, ain­si, la baisse si­gni­fi­ca­tive du chiffre d’af­faires et éga­le­ment les in­ves­tis­se­ments im­por­tants en­ga­gés par la com­pa­gnie pour la conso­li­da­tion de son parc aé­rien alors que la ren­ta­bi­li­té n’est pas à son meilleur ni­veau. D’un autre cô­té, l’ex­perte fi­nan­cière pense que la non-exé­cu­tion du plan social, pour­tant pré­vu de­puis quelques an­nées dé­jà, a fi­ni par com­pli­quer sé­rieu­se­ment l’af­faire de Tu­ni­sair. Un tel plan au­rait per­mis jus­te­ment un re­dres­se­ment ra­pide de la si­tua­tion à tra­vers l’al­lè­ge­ment des charges sa­la­riales no­tam­ment. Mais ce qui a pé­na­li­sé da­van­tage la com­pa­gnie, se­lon Mme Zan­nit, c’est l’im­por­tance du bloc d’in­ves­tis­seurs étran­gers qui ont pro­cé­dé, de­puis quelque temps, à la vente de leurs par­ti­ci­pa­tions, faute de ren­ta­bi­li­té. En somme, l’analyste fi­nan­cière re­con­naît que la si­tua­tion ac­tuelle de notre com­pa­gnie na­tio­nale est plu­tôt in­cer­taine. Pour elle, rien n’in­dique une amé­lio­ra­tion ra­pide, sur­tout que cette si­tua­tion per­dure de­puis quatre ans.

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