L’AL­LÈ­GE­MENT DE LA TAXE SUR LES LI­QUEURS, CONTES­TÉ

«Les ventes de bière ont plon­gé de 60% et de 25% pour le chal­len­ger et le lea­der du mar­ché, au mois de jan­vier, après l’al­lé­ge­ment du droit à la consom­ma­tion sur les al­cools forts. Pour les vins, la baisse est de 25 à 30%», se­lon la Chambre syn­di­cale des

La Presse Business (Tunisia) - - SECTEUR - Par Rid­ha MAAMRI

La baisse spec­ta­cu­laire du droit de consom­ma­tion sur les al­cools forts, de 650% à seule­ment 50%, n’a pas tar­dé à pro­duire ses ef­fets col­la­té­raux, avant même de réa­li­ser son ob­jec­tif an­non­cé : en­di­guer la contre­bande. Après son en­trée en vi­gueur, le dé­cret n°17668 adop­té dans le cadre de la loi de fi­nances 2016, les pro­duc­teurs de vin et de bière ont vu leurs ventes chu­ter et les stocks gon­fler, dès le mois de jan­vier, a fait sa­voir la Chambre syn­di­cale des pro­duc­teurs de bois­sons al­coo­li­sées (Csp­ba). «Les ventes de bière ont plon­gé de 60% et de 25% pour le chal­len­ger et lea­der du mar­ché. Pour les vins, la baisse est de 25 à 30%» , a no­té Mo­ha­med Ben Cheïkh, pré­sident de la Csp­ba. Des constats cor­ro­bo­rés par les re­pré­sen­tants des deux bras­seurs du mar­ché. S’es­ti­mant trai­tés de ma­nière in­juste, les pro­duc­teurs des bois­sons al­coo­li­sées ont ti­ré la son­nette d’alarme, dé­mon­trant que der­rière la convul­sion bru­tale du sec­teur se trame un scé­na­rio ca­tas­trophe : l’ef­fon­dre­ment de tout un sec­teur d’ac­ti­vi­té in­té­gré, en amont et en aval, ce qui en­fon­ce­ra dans cette crise ses par­te­naires, no­tam­ment les agri­cul­teurs, les lo­gis­ti­ciens et les autres ac­ti­vi­tés de sup­port. Bref, un tis­su éco­no­mique na­tio­nal qui risque de par­tir en fu­mée, à en croire les ap­pré­hen­sions des pro­duc­teurs de bois­sons al­coo­li­sées. En­vi­ron trois mille vi­ti­cul­teurs, qui em­ploient cinq à dix ou­vriers cha­cun, ain­si que cinq mille em­ployés dans les usines du sec­teur se­ront voués au chô­mage. Et pour cause : le sec­teur est confron­té à une concur­rence dé­loyale qui fa­vo­rise les al­cools forts im­por­tés et ceux pro­duits lo­ca­le­ment à base d’al­cool éthy­lique et d’arôme, im­por­tées eux aus­si, a-t-il ex­pli­qué. En ef­fet, les pro­duc­teurs na­tio­naux de li­queurs ont vu leurs car­nets de com­mandes pro­gres­ser jus­qu’à huit fois, en deux mois, après la baisse des prix de vente de leurs pro­duits suite à la division par douze du droit de consom­ma­tion. En fait, ces opé­ra­teurs ne font que mé­lan­ger des in­gré­dients im­por­tés, à sa­voir de l’al­cool éthy­lique avec des arômes et du sucre, et em­ploient moins d’une cen­taine de tra­vailleurs, a-t-il ré­vé­lé. «Et je ne suis pas là en train de dé­ni­grer les pro­duc­teurs na­tio­naux des li­queurs » , a-t-il sou­li­gné, rap­pe­lant que ceux-ci comptent par­mi les adhé­rents de la Csp­ba.

DE FAUX CAL­CULS

La lutte contre le mar­ché pa­ral­lèle rap­por­te­rait près de 70 mil­lions de di­nars de taxes, se­lon la lo­gique du mi­nis­tère des Fi­nances, a rap­pe­lé M. Ben Cheïkh. Tou­te­fois, ce mar­ché in­for­mel ne re­pré­sente que 5% du vo­lume d’ac­ti­vi­té du sec­teur, re­la­ti­vi­sant ain­si la por­tée de cette me­sure, ce­pen­dant la baisse de l’ac­ti­vi­té des pro­duc­teurs lo­caux en­traî­ne­rait une baisse moyenne de 30% des taxes payées, «soit en­vi­ron 120 mil­lions de di­nars de moins» , se­lon le pré­sident de la Csp­ba. La somme se­rait alors né­ga­tive pour les re­cettes bud­gé­taires. Pour conte­nir le fléau de la contre­bande a-t-il ajou­té, il au­rait fal­lu ren­for­cer les contrôles au ni­veau des aé­ro­ports et des ports, évo­quant à de­mi-mot la so­lu­tion sé­cu­ri­taire à ce

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