Alors que la crise s’ag­grave en Tu­ni­sie, pen­sez-vous que le gou­ver­ne­ment est vrai­ment en train de la prendre par le bon bout, si l’on ose dire ?

La Presse Business (Tunisia) - - EN COUVERTURE -

Ce qui est ab­so­lu­ment clair, c’est que la si­tua­tion éco­no­mique ne cesse de s’ag­gra­ver. Le cas est très sé­rieux. Mais, pour ré­pondre à votre ques­tion, je ne sais vrai­ment pas par quel bout le gou­ver­ne­ment est en train de la gé­rer. Hon­nê­te­ment, je ne vois pas. Si vous de­man­dez au­jourd’hui à n’im­porte qui de vous dire quel est le pro­gramme de ce gou­ver­ne­ment pour sor­tir de la crise, il ne pour­ra pas vous ré­pondre. Quelle est la re­la­tion entre la si­tua­tion ac­tuelle et

M.K.N :

ce qui est en train de se faire au ni­veau du Plan? Je ne vois pas le lien. Je ne vois pas com­ment on peut réa­li­ser un plan de dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique et social sur les cinq pro­chaines an­nées alors que l’on ne prend pas suf­fi­sam­ment en consi­dé­ra­tion la si­tua­tion d’au­jourd’hui. De ce point de vue, les choses ne sont pas en­cou­ra­geantes à mon sens.

Les ou­tils à la dis­po­si­tion du gou­ver­ne­ment (comme les fonds al­loués aux ré­gions) et de la Banque cen­trale (comme les taux d’in­té­rêt) sont-ils au­jourd’hui uti­li­sés avec une réelle per­ti­nence ?

Soyons clairs : la ques­tion de l’uti­li­sa­tion des fonds pour les in­ves­tis­se­ments dans les ré­gions, ce n’est pas une ques­tion de per­ti­nence ou de choix. C’est une né­ces­si­té. L’ar­gent est là, il est des­ti­né à des pro­jets qui sont de pre­mière im­por­tance pour sor­tir les ré­gions de leur lé­thar­gie et il est donc de notre obli­ga­tion, voire de notre de­voir, de nous as­su­rer que tout ce­la soit réel­le­ment mis en branle. Nous ne de­vons pas par­ler de choix du gou­ver­ne­ment ou de n’im­porte qui alors que cette orien­ta­tion doit al­ler d’elle-même, telle une évi­dence. La ques­tion ne de­vrait même pas être po­sée. Concer­nant les taux d’in­té­rêt et la po­li­tique mo­né­taire, bien sûr que c’est per­ti­nent. Mal­heu­reu­se­ment, au­jourd’hui nous n’avons pas de vi­sion. Quelle est la re­la­tion entre la po­li­tique mo­né­taire de la Banque cen­trale et la po­li­tique bud­gé­taire du mi­nis­tère des Fi­nances ? On n’en voit pas car nous man­quons de vi­sion. Je ne vois pas de co­or­di­na­tion. Et si ce­la exis­tait, il fau­drait qu’on nous le dise clai­re­ment. La ques­tion de la per­ti­nence de la po­li­tique mo­né­taire se pose au­jourd’hui. Il y a un chan­ge­ment en ma­tière d’in­fla­tion, de crois­sance. Nous sommes en crois­sance taux zé­ro. Je ne sais pas si nous avons dé­pas­sé la ré­ces­sion tech­nique.

M.K.N : Les Fo­rum du Fu­tur compte-t-il ap­por­ter des so­lu­tions ‘’chi­rur­gi­cales’’ à

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