“PAS DE DÉ­VE­LOP­PE­MENT SANS UNE VI­SION”

Se­lon l’As­so­cia­tion tunisienne des éco­no­mistes, le pays doit tran­cher sur cer­taines ques­tions stra­té­giques pour pou­voir re­trou­ver crois­sance et dé­ve­lop­pe­ment.

La Presse Business (Tunisia) - - BUSINESS -

Nous de­vons faire un cer­tain nombre de choix. Nous ne pou­vons pas ré­soudre les dif­fé­rents pro­blèmes éco­no­miques du pays si nous ne dé­ci­dons pas dans quelle di­rec­tion il faut al­ler» . Pour Mus­ta­pha Ka­mel Na­bli, il est temps de prendre le tau­reau par les cornes et de tran­cher sur les ques­tions stra­té­giques du pays. C’est, en fait, à par­tir de ce constat amer qu’est née l’idée d’or­ga­ni­ser un fo­rum ras­sem­blant l’en­semble des forces vives du pays pour dé­battre et, sur­tout, «choi­sir» les nou­velles orien­ta­tions éco­no­miques du pays. «Le nombre d’éco­no­mistes et d’ex­perts se mul­ti­plie d’un jour à l’autre. Cha­cun ap­porte une vi­sion, une ap­proche, des so­lu­tions…en­gen­drant ain­si une vé­ri­table ca­co­pho­nie. Or, ce­la ne peut qu’ag­gra­ver la san­té éco­no­mique de notre pays» , cri­tique, de son cô­té l’uni­ver­si­taire Mo­ha­med Had­dar. A tra­vers le Fo­rum du fu­tur, qui a lieu les 24 et 25 fé­vrier, l’As­so­cia­tion tunisienne des éco­no­mistes compte ras­sem­bler toutes les par­ties pre­nantes (pou­voirs pu­blics, dé­ci­deurs, éco­no­mistes, po­li­ti­ciens, ex­perts, jour­na­listes…) pour trou­ver un consen­sus sur les choix éco­no­miques que la Tu­ni­sie doit ef­fec­tuer. «Le dia­logue a por­té ses fruits sur le plan po­li­tique. Mal­gré les di­ver­gences et les trac­ta­tions, les par­tis po­li­tiques sont ar­ri­vés à un consen­sus qui a per­mis de réus­sir la tran­si­tion po­li­tique. Nous pen­sons que cette même dé­marche peut don­ner de bons ré­sul­tats sur le plan éco­no­mique» , sou­ligne Mus­ta­pha Ka­mel Na­bli. Pour trou­ver ce consen­sus sur les choix éco­no­miques, les or­ga­ni­sa­teurs, du fo­rum pro­pose de dé­battre sur cinq thèmes ma­jeurs à sa­voir : crois­sance éco­no­mique, in­clu­sion et jus­tice so­ciale, rôle du sec­teur pri­vé, paix et co­hé­sion so­ciale, ré­forme de l’ad­mi­nis­tra­tion. Ce­rise sur le gâ­teau, l’As­so­cia­tion des éco­no­mistes a réa­li­sé une étude ap­pro­fon­die sur les cinq thé­ma­tiques dont les ré­sul­tats se­ront pré­sen­tés du­rant le fo­rum. «Chaque in­ter­ve­nant pren­dra la pa­role du­rant une ving­taine de mi­nutes avant de pas­ser la pa­role à la salle pour trois heures de dé­bats» , pré­cise Mo­ha­med Had­dar.

UNE VI­SION, UN SCHÉ­MA, UNE RE­LANCE

D’après Mus­ta­pha Ka­mel Ne­bli, beau­coup de confu­sion et d’amal­games règnent au­jourd’hui,nui­sant et re­tar­dant la re­lance de la ma­chine éco­no­mique. «On ne cesse de dire qu’il faut chan­ger de sché­ma de dé­ve­lop­pe­ment, comme s’il s’agit d’une simple pièce de re­change à dé­mon­ter et à rem­pla­cer. Le pays a be­soin d’une ana­lyse et d’un dé­bat beau­coup plus pro­fond pour trou­ver ses re­pères» , af­firme l’an­cien gou­ver­neur de la BCT (Banque cen­trale de Tu­ni­sie). Une fois les re­pères trou­vés, la vi­sion de­ve­nue claire et les choix ayant faits, le pays peut dé­ve­lop­per sa po­li­tique éco­no­mique et lan­cer les pro­grammes né­ces­saires pour ré­pondre à ses be­soins. «Il faut sa­voir quel che­min suivre et com­ment. C’est ce que tous les pays dé­ve­lop­pés ont dû faire il y a quelques dé­cen­nies… Au­jourd’hui, la Tu­ni­sie doit dé­ci­der à quoi il faut don­ner la prio­ri­té et quels sa­cri­fices faire» , in­siste-t-il. Choi­sir, dé­ci­der et agir, tel de­vra donc être le slo­gan de la pro­chaine pé­riode. Le pays a dé­jà per­du beau­coup de temps, et il doit se rat­tra­per.

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