«QUAND L’ABUS VA, TOUT VA»

La foire d’em­poigne qui sé­vit n’épargne pas, hé­las, le monde de l’en­tre­prise, et plus pré­ci­sé­ment les éta­blis­se­ments de son­dage. Jus­qu’à ce jour, au­cun cadre lé­gal ne ré­git l’or­ga­ni­sa­tion des son­dages. Il n’y a au­cun contrôle, au­cune éthique res­pec­tée. En

La Presse Business (Tunisia) - - BUSINESS - Par : Rid­ha BEN SLA­MA

Il règne un en­vi­ron­ne­ment dé­lé­tère dans le pays de­puis des an­nées. Nous vi­vons dans une si­tua­tion où cha­cun agit se­lon son bon plai­sir, sans sou­ci de la règle com­mune. Cha­cun peut consta­ter un mé­pris fla­grant des lois, un lais­ser-al­ler sur­pre­nant qui s’illustre par des trot­toirs squat­tés par les ven­deurs à la sau­vette, des construc­tions anar­chiques, un non­res­pect cri­mi­nel du code de la route, des sta­tion­ne­ments anar­chiques, un «sys­tème D» qui fonc­tionne à plein ré­gime... Brefs, les com­por­te­ments in­ci­viques qui se ca­rac­té­risent par le re­fus de tout re­père ex­té­rieur pour faire tout ce que l’on veut, quand on le veut, sans te­nir compte des autres. L’in­ci­vi­li­té et le mé­pris des lois ca­rac­té­risent mal­heu­reu­se­ment notre quo­ti­dien. On a l’im­pres­sion que cer­tains Tu­ni­siens se com­portent comme s’ils étaient de pas­sage, en trans­hu­mance, et qu’ils ne comptent pas res­ter long­temps dans leur pays. Ce ta­bleau alar­mant donne une piètre image de la gou­ver­nance du pays à tra­vers les dif­fé­rentes po­li­tiques dé­sas­treuses qui ont concou­ru à en­ve­ni­mer la si­tua­tion et qui par­ti­cipent à faire obs­truc­tion aux ré­formes in­dis­pen­sables. Cette foire d’em­poigne n’épargne pas, hé­las, le monde de l’en­tre­prise et plus pré­ci­sé­ment les éta­blis­se­ments de son­dage. Jus­qu’à ce jour, au­cun cadre lé­gal ne ré­git l’or­ga­ni­sa­tion des son­dages. Il n’y a au­cun contrôle, au­cune éthique res­pec­tée. En fait, on di­rait que ce­la ar­range aus­si bien ceux qui raflent les contrats de ces son­dages, les mi­tonnent et les fac­turent comme ceux qui les com­mandent et s’en servent pour agir sur le pu­blic. Lors­qu’on ob­serve de près les ré­sul­tats des son­dages d’opi­nion, on ne peut qu’être cir­cons­pect quant à leur cré­di­bi­li­té et leur ri­gueur. Ce­la com­mence par la ma­nière de dé­ter­mi­ner le choix de l’échan­tillon, du mode d’ad­mi­nis­tra­tion du son­dage le plus adap­té, des ques­tions po­sées orien­tées, du choix du mo­ment... Mais l’am­bi­guï­té sur­git quand il s’agit d’éta­blir où s’ar­rêtent l’er­reur, la mal­adresse, l’im­pré­ci­sion et où com­mence la manipulation. Le flou ar­tis­tique est non seule­ment to­lé­ré mais culti­vé dans ce do­maine. Il ne s’agit pas d’avoir une ap­proche gé­né­ra­li­sante au su­jet de cet exer­cice

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