CA­RAC­TÈRE OBLI­GA­TOIRE DE L’AS­SU­RANCE RES­PON­SA­BI­LI­TÉ CI­VILE DÉ­CEN­NALE

La Presse Business (Tunisia) - - FINANCE -

Une as­su­rance est obli­ga­toire quand elle est ins­ti­tuée par un texte lé­gal et le fait de ne pas la sous­crire est sanc­tion­né pé­na­le­ment. C’est le cas de la res­pon­sa­bi­li­té ci­vile dé­cen­nale. En ef­fet la Loi n°94-10 a ins­ti­tué l’as­su­rance res­pon­sa­bi­li­té ci­vile dé­cen­nale obli­ga­toire. Il ap­par­tient au maître de l’ou­vrage de la sous­crire pour le compte de tous les in­ter­ve­nants res­pon­sables. La sous­crip­tion du contrat d’as­su­rance doit se faire avant l’ou­ver­ture du chan­tier. Une amende al­lant de 5.000 DT à 50.000 DT peut être in­fli­gée à tout in­ter­ve­nant ré­cal­ci­trant. La loi du 01/04/2002 pré­voit la pos­si­bi­li­té aux gou­ver­neurs et aux maires de vé­ri­fier si le maître de l’ou­vrage a sous­crit une as­su­rance res­pon­sa­bi­li­té ci­vile dé­cen­nale. Mais force est de consta­ter que la pra­tique nous en­seigne que, mal­gré tout, cette obli­ga­tion n’est que par­tiel­le­ment res­pec­tée. C’est cer­tai­ne­ment pour cette rai­son que l’on s’oriente vers l’exi­gence de l’as­su­rance res­pon­sa­bi­li­té ci­vile dé­cen­nale au ni­veau du per­mis de bâ­tir. Pas d’as­su­rance; pas de per­mis. Bel ins­tru­ment de contrôle. Ici, il fau­drait rap­pe­ler tout de même que cer­tains in­ter­ve­nants sont exo­né­rés de l’obli­ga­tion d’as­su­rance. Il s’agit de l’Etat, des col­lec­ti­vi­tés pu­bliques lo­cales, des éta­blis­se­ments pu­blics à ca­rac­tère ad­mi­nis­tra­tif et des en­tre­prises pu­bliques quand ils construisent des ou­vrages pour leur propre compte sans faire ap­pel à des in­ter­ve­nants. Par ailleurs, le Dé­cret n°95-415 du 06/03/1995 fixe une liste d’ou­vrages exo­né­rés. Il s’agit es­sen­tiel­le­ment d’ou­vrages ma­ri­times, routes, che­mins de fer, ré­seaux de ca­na­li­sa­tion di­verses et autres ou­vrages dont l’assurabilité ou la ré­as­su­ra­bi­li­té sont dif­fi­ciles ou qua­si im­pos­sibles.

LA PRA­TIQUE DE L’AS­SU­RANCE RES­PON­SA­BI­LI­TÉ CI­VILE DÉ­CEN­NALE EN TU­NI­SIE : DU BON GRAIN ET DE L’IVRAIE

Le mar­ché tu­ni­sien s’est or­ga­ni­sé pour gé­rer cette ré­forme. Le mar­ché a mis au point un contrat d’as­su­rance res­pon­sa­bi­li­té ci­vile dé­cen­nale type par chan­tier. C’est une bonne ini­tia­tive puisque nous sommes ici dans un do­maine où la ga­ran­tie est dé­fi­nie par la loi. Une struc­ture re­grou­pant des com­pa­gnies d’as­su­rance, ap­pe­lée Pool, gé­rée par la So­cié­té Tunisienne de Ré­as­su­rance (unique ré­as­su­reur pro­fes­sion­nel ré­sident en Tu­ni­sie) a été créée en 1996. Les so­cié­tés adhé­rentes en 2015 sont au nombre de 14. En fait, une seule so­cié­té d’as­su­rance n’adhère pas à ce Pool: la ca­pa­ci­té de sous­crip­tion est de 24 MDT par ou­vrage. La ré­ten­tion du mar­ché na­tio­nal est de 4 MDT/ou­vrage Ce pool a pour rôle de : - Ta­ri­fer les af­faires jus­qu’à un cer­tain seuil (8 MDT) - Re­cher­cher les cou­ver­tures de ré­as­su­rance adé­quates pour les ou­vrages dont la va­leur dé­passe un cer­tain seuil (4 MDT)

SOUS­CRIRE UN CONTRAT D’AS­SU­RANCE RES­PON­SA­BI­LI­TÉ CI­VILE DÉ­CEN­NALE

La sous­crip­tion se fait sur la base des do­cu­ments ci-après dé­si­gnés : - Le for­mu­laire de dé­cla­ra­tion du risque four­ni par l’as­su­reur dû­ment rem­pli - Le rap­port de dé­fi­ni­tion de risque éta­bli par le bu­reau de contrôle - Le rap­port géo­tech­nique ayant ser­vi au choix des types de fon­da­tions - Par­fois d’autres do­cu­ments peuvent être de­man­dés si l’ou­vrage à as­su­rer est ju­gé com­plexe. Pour­quoi ces do­cu­ments ? Gros­so mo­do, ils servent à : - Exa­mi­ner la fai­sa­bi­li­té de l’as­su­rance

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