LE SEC­TEUR PU­BLIC, GAN­GRÉ­NÉ PAR LA MAU­VAISE GES­TION ET L’AB­SENCE DE VI­SION

D’après le 29e rap­port de la Cour des comptes, le sec­teur pu­blic, de ma­nière gé­né­rale, souffre de deux dé­faillances ma­jeures à sa­voir la mau­vaise ges­tion et l’ab­sence d’une vi­sion pros­pec­tive.

La Presse Business (Tunisia) - - RAPPORT -

Mi­nis­tère du Dé­ve­lop­pe­ment et de la Co­opé­ra­tion in­ter­na­tio­nale, Cnam (Caisse na­tio­nale d’as­su­rance ma­la­die), di­rec­tion gé­né­rale de la Douane, Cnot (Co­mi­té na­tio­nale olym­pique tu­ni­sien), Fa­cul­té de mé­de­cine de Sousse, So­cié­té tunisienne du sucre, ou en­core le sys­tème na­tio­nal de sub­ven­tion des pro­duits de base. Au to­tal, ce sont 28 mis­sions de contrôle que la Cour des comptes a me­nées du­rant l’an­née ju­di­ciaire 2013-2014 et dont les ré­sul­tats ont été pu­bliés dans son 29e rap­port annuel. Les dé­faillances sou­li­gnées par le prin­ci­pal or­gane de contrôle sont de toutes les cou­leurs, comme à l’ac­cou­tu­mée. A titre d’exemple, la mau­vaise ges­tion de la Cnam a coû­té au contri­buable tu­ni­sien 155 mil­lions de di­nars entre 2009 et 2013. Plu­sieurs mil­liers de pa­tients ont, en fait, bé­né­fi­cié in­dû­ment des ser­vices de la Caisse. D’après le rap­port, l’hé­si­ta­tion des pou­voirs pu­blics à dé­ci­der du sort de l’usine de pro­duits chi­miques NPK a re­tar­dé le fa­meux pro­jet Ta­pa­ru­ra (Sfax) d’une ving­taine d’an­née. Quant à son coût, il a qua­dru­plé, pas­sant de 32.8 MD à 128 MD. L’hé­si­ta­tion et le re­tard dans la prise de dé­ci­sion ont, d’ailleurs, ca­rac­té­ri­sé plu­sieurs autres pro­jets, condam­nant le pays à as­su­mer des charges sup­plé­men­taires de plu­sieurs mil­lions de di­nars. Ain­si, le re­tard dans l’ex­ploi­ta­tion du gi­se­ment ga­zier «Na­wa­ra» a obli­gé la Tu­ni­sie à re­cou­rir à l’im­por­ta­tion pour ré­pondre à ses be­soins en la ma­tière.

AB­SENCE DE VI­SION ET DE STRA­TÉ­GIE

Se­lon la Cour des comptes, plu­sieurs ap­pa­reils de l’Etat na­viguent à vue, sans au­cune vi­sion ni pré­vi­sions. L’ab­sence de stra­té­gie a en­gen­dré une mul­ti­pli­ca­tion des pro­blèmes et une ac­cu­mu­la­tion des pertes. «Le mi­nis­tère de la San­té n’a au­cune vi­sion pros­pec­tive et ne peut an­ti­ci­per les be­soins en équi­pe­ment des dif­fé­rents éta­blis­se­ments sous sa tu­telle… Le mi­nis­tère fonc­tionne sans au­cun ta­bleau de bord lui per­met­tant de suivre l’ex­ploi­ta­tion des éta­blis­se­ments et des équi­pe­ments» , sou­ligne le 29e rap­port. Même constat pour le mi­nis­tère du Trans­port et pour la so­cié­té Tu­ni­sie Au­to­routes. Cette der­nière, outre ses dif­fé­rentes dé­faillances en termes de ges­tion, a échoué à mettre en place un sys­tème de paie­ment ef­fi­cace pour l’en­semble de ses sta­tions sou­sé­qui­pées, se­lon le Cour des comptes. D’où, un manque à ga­gner dé­pas­sant les 5.6 MD sur la pé­riode 2011-2013. «Entre 2010 et 2013, 296 ac­ci­dents de route ont été en­re­gis­trés. Ils sont dû, entre autres, au manque d’en­tre­tien et à la dé­gra­da­tion re­mar­quable de l’infrastructure rou­tière» , ajoute le rap­port. Le Fo­pro­los (Fonds de pro­mo­tion des lo­ge­ments pour les sa­la­riés) n’est pas en reste. Se­lon la même source, les res­pon­sables du Fonds ont été in­ca­pables de mettre en place des mé­ca­nismes de ges­tion ef­fi­caces, ins­pi­rés de pro­grammes et d’ob­jec­tifs quan­ti­ta­tifs en har­mo­nie avec la po­li­tique na­tio­nale d’ha­bi­tat. D’ailleurs, entre 2009 et 2013, le Fo­pro­los n’a fi­nan­cé que 3.628 lo­ge­ments soit, 6,7% du nombre to­tal des lo­ge­ments créés en cette pé­riode, pour­tant le nombre de sa­la­riés a dé­pas­sé 1 mil­lion en 2013. A l’ins­tar du Fo­pro­los, la ges­tion de la Snit (So­cié­té na­tio­nale im­mo­bi­lière de Tu­ni­sie) a été lar­ge­ment cri­ti­quée par la Cour des comptes. «Le taux d’exé­cu­tion des dif­fé­rents plans de la

Newspapers in French

Newspapers from Tunisia

© PressReader. All rights reserved.