DEUXVOLCANSPOLITIQUES

Les vé­léi­tés d’in­dé­pen­dance po­li­tique de Hong Kong et Taï­wan sont por­teuses de ten­sions fu­tures, face à une Chine tou­jours moins en­cline au plu­ra­lisme.

La Presse Business (Tunisia) - - BOURSE -

Les ci­toyens de Hong Kong vont main­te­nant de­voir peu­têtre at­tendre des an­nées avant de vo­ter. Ils ont en ef­fet re­je­té la pro­po­si­tion de Pé­kin, une forme “cas­trée” de suf­frage uni­ver­sel, pour élire le chef de l’exé­cu­tif de ce “ter­ri­toire spécial” de la Chine. De leur cô­té, les ci­toyens de Taï­wan, qui ne sont plus des eu­nuques élec­to­raux après une évo­lu­tion dé­mo­cra­tique qui a pris deux dé­cen­nies, se ren­dront aux urnes dans six mois. Leur choix pour­rait être ex­plo­sif. Se­lon toute vrai­sem­blance, l’élec­tion pré­si­den­tielle de jan­vier pro­chain se tra­dui­ra par une vic­toire de Tsai Ing­wen, la lea­der de l’op­po­si­tion que Pé­kin (et les Etats-Unis) dé­cri­vait jus­qu’il y a peu comme une dan­ge­reuse sé­ces­sion­niste. A Hong Kong, sous la contrainte du cadre “Un pays, deux sys- tèmes”, c’est Pé­kin qui mène prin­ci­pa­le­ment le jeu de­puis la res­ti­tu­tion de l’île, il y a 18 ans. Mais pas à Taï­wan. L’île est res­tée ef­fec­ti­ve­ment in­dé­pen­dante de la Chine après avoir été per­due d’abord au pro­fit des Ja­po­nais en 1895, puis à ce­lui de l’ar­mée na­tio­na­liste du Kuo­min­tang bat­tant en re­traite. Après avoir connu un ré­gime au­to­ri­taire pen­dant des dé­cen­nies, Taï­wan est de­ve­nue

Un res­sen­ti­ment gé­né­ral monte contre la Chine. Le sen­ti­ment iden­ti­taire des Hong­kon­gais, qui prend sa source dans leur langue propre et dans l’Etat de droit, est plus fort que ja­mais. Les Chi­nois du con­tinent sont dé­crits comme des nou­veaux riches, des rustres qui s’ar­rachent les pro­duits de luxe et font flam­ber le prix de l’im­mo­bi­lier avec leur ar­gent mal ac­quis. L’at­mo­sphère est épou­van­table”

une dé­mo­cra­tie tur­bu­lente. En jan­vier pro­chain, ces tur­bu­lences vont mettre à l’épreuve la pa­tience de Pé­kin, qui s’est en­ga­gé à ré­cu­pé­rer l’île qu’il consi­dère comme une par­tie in­alié­nable de la Chine, par la force si né­ces­saire. Hong Kong et Taï­wan posent d’épi­neux pro­blèmes à Xi Jin­ping. Le re­jet par Hong Kong de l’ac­cord élec­to­ral pro­po­sé par Pé­kin peut se ré­vé­ler une bonne nou­velle pour le pré­sident chi­nois. Il peut main­te­nant dire qu’il avait pro­po­sé une forme de dé­mo­cra­tie mais que Hong Kong, cette in­grate, l’a je­tée au sol. Théo­ri­que­ment, ce­la pour­rait ré­gler la si­tua­tion pour plu­sieurs an­nées. En pra­tique, ce­la rend Hong Kong aus­si as­sou­pie qu’un vol­can en ac­ti­vi­té. C’est vrai, la vie s’est pro­vi­soi­re­ment re­ti­rée du mou­ve­ment pro-dé­mo­cra­tie qui a pa­ra­ly­sé la ville pen­dant des se­maines, l’an der­nier. Les élec­tions du chef de l’exé­cu­tif de la ville, en 2017, au­ront main­te­nant lieu se­lon des règles exis­tantes. Un co­mi­té de 1.200 per­sonnes pen­chant lour­de­ment vers Pé­kin vo­te­ra pour nom­mer le di­ri­geant de la ville. Les cinq mil­lions de ci­toyens hong­kon­gais de­vront at­tendre 2022 leur pro­chaine oc­ca­sion de faire connaître leur pré­fé­rence. Et même à ce mo­ment-là, Hong Kong de­vra ra­va­ler sa fier­té et ac­cep­ter l’ac­cord sur les élec­tions, ce­lui qu’il vient de re­je­ter. Un res­sen­ti­ment gé­né­ral monte contre la Chine. Le sen­ti­ment iden­ti­taire des Hong­kon­gais, qui prend sa source dans leur langue propre et dans l’état de droit, est plus fort que ja­mais. Les Chi­nois du con­tinent sont

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