LA BTS N’EST PAS UN PRÊ­TEUR SUR GAGES

La Presse Business (Tunisia) - - LE CHIFFRE -

Pour la deuxième me­sure, à sa­voir le non-condi­tion­ne­ment de la ga­ran­tie, le p.-d.g. a ré­ité­ré que la BTS n’est pas un prê­teur sur gages. Les seules ga­ran­ties de la banque, a-t-il pour­sui­vi, pro­viennent du Fonds na­tio­nal de ga­ran­tie ain­si que le ma­té­riel du pro­jet fi­nan­cé. Tou­te­fois, dans cer­tains cas, la banque exige une cau­tion mo­rale d’une tierce per­sonne, a-t-il pré­ci­sé, no­tam­ment dans le cas du di­plô­mé qui compte in­ves­tir dans un rayon qui ne re­lève pas de son do­maine de com­pé­tence. Pour cer­taines ac­ti­vi­tés qui né­ces­sitent de larges li­qui­di­tés et dont la des­ti­na­tion des fonds al­loués risque de ne pas être vé­ri­fiée, la banque exi­geait une cau­tion mo­rale, et en au­cun cas une ga­ran­tie réelle. «Il s’agit prin­ci­pa­le­ment des ac­ti­vi­tés de com­merce qui ne né­ces­sitent pas des com­pé­tences spé­ci­fiques et qui pré­sente un haut ni­veau-risque» , a illus­tré le Dga. Par ailleurs, faire ap­pel à une cau­tion mo­rale est l’une des bonnes pra­tiques des ins­ti­tu­tions de la mi­cro­fi­nance (IMF), a rap­pe­lé M Sboui, mais à l’échelle ma­croé­co­no­mique elle pour­rait être as­si­mi­lée à une forme de dis­cri­mi­na­tion dans la me­sure où le pro­mo­teur qui n’a pas dans son en­tou­rage une per­sonne qui se porte ga­rante n’au­rait vrai­sem­bla­ble­ment pas ac­cès au fi­nan­ce­ment. «Cette forme d’ex­clu­sion a été éli­mi­née par la dé­ci­sion du chef du gou­ver­ne­ment et à la BTS on a pas­sé à l’ac­tion» , a-t-il sou­te­nu. «Fi­nie la cau­tion. Plus au­cun dos­sier ne se­ra re­je­té pour dé­faut de cau­tion mo­rale », a ren­ché­ri M Sboui. En contre­par­tie de cette ou­ver­ture des champs de pos­si­bi­li­tés, les deux pre­miers res­pon­sables de la BTS ont fait sa­voir que la banque se­ra plus exi­geante et plus sé­lec­tive au ni­veau des idées de pro­jets, des plans d’af­faires, du sé­rieux des pro­mo­teurs... «Nous vi­sons la pé­ren­ni­té des pro­jets !» ,a af­fir­mé M Sboui. «Nous vi­sons le pro­mo­teur qui fait le choix de sa vie !» , a ren­ché­ri le p.-d.g., sou­li­gnant que la banque n’a au­cun in­té­rêt à fi­nan­cer des «fast-pro­jets». Et, pour ce faire, la res­pon­sa­bi­li­té est par­ta­gée, se­lon les deux ban­quiers, avec toutes les par­ties pre­nantes, no­tam­ment les struc­tures d’ap­pui, les uni­ver­si­tés... La BTS in­ter­vient à un stade évo­lué du pro­ces­sus en­tre­pre­neu­rial, quand les in­gré­dients du cré­dit sont dé­jà réunis. «C’est un pro­duit se­mi-fi­ni pour la banque» , a-t-il illus­tré.

ET POUR LES TAUX ?

Le taux d’in­té­rêt pra­ti­qué par les IMF est de 2 à 3% par mois, d’où pas moins de 24% l’an. Pa­ral­lè­le­ment, la BTS fi­nance les mêmes pro­jets à seule­ment 7% l’an, un taux pla­fon­né par la Banque cen­trale de Tu­ni­sie. Et le coût réel du cré­dit est in­fé­rieur à ce ni­veau, ex­plique le p.-d.g., puisque le taux ne s’ap­plique qu’à la par­tie des dettes à long et moyen termes, donc 80% de l’in­ves­tis­se­ment. Le re­li­quat, mon­tant de l’au­to­fi­nan­ce­ment, est pris en charge par l’Etat et est rem­bour­sable à un taux nul sur quatre an­nées, après l’échéance de l’em­prunt. Sur un autre plan, les banques com­mer­ciales pra­tiquent le même taux, mais elles sont en me­sure d’exi­ger des ga­ran­ties réelles et des cau­tions. En somme, la BTS exerce le mé­tier à haut risque des IMF avec les ou­tils ban­caires, sans pou­voir exi­ger de ga­ran­ties et dé­sor­mais sans au­to­fi­nan­ce­ment. La marge de 7% per­met à peine la cou­ver­ture des charges de la banque, se­lon les res­pon­sables. Mieux en­core, la BTS ne traite qu’avec des dé­ten­teurs de pa­tentes, en d’autres termes avec les opé­ra­teurs de l’éco­no­mie for­melle, ce qui n’est pas tou­jours le cas avec IMF. Au vu des li­mites du mar­ché de l’em­ploi, au ni­veau du sec­teur pu­blic mais aus­si au ni­veau des en­tre­prises pri­vées, à cause d’un en­vi­ron­ne­ment peu pro­pice à l’in­ves­tis­se­ment, l’Etat a ain­si fa­ci­li­té aux jeunes, no­tam­ment les di­plô­més, l’ac­cès au fi­nan­ce­ment pour sti­mu­ler la culture en­tre­pre­neu­riale.

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