POUR UNE NOU­VELLE GÉ­NÉ­RA­TION DE PRO­MO­TEURS

A tra­vers cette ins­ti­tu­tion de la fi­nance in­clu­sive, c’est la com­mu­nau­té na­tio­nale qui se so­li­da­rise avec les jeunes.

La Presse Business (Tunisia) - - LE CHIFFRE - Par Rid­ha MAAMRI

Après avoir ef­fa­cé l’ar­doise, l’ac­teur ma­jeur de la fi­nance in­clu­sive de la place, à sa­voir la Banque tunisienne de so­li­da­ri­té (BTS), a mis les bou­chées doubles pour sti­mu­ler la culture en­tre­pre­neu­riale chez les plus dé­mu­nis et dans les ré­gions. Dé­sor­mais, les dé­lais­sés du sys­tème fi­nan­cier clas­sique au­ront toutes les chances de leur cô­té pour concré­ti­ser leurs ini­tia­tives, sans au­cun ap­port en fonds propres ni ga­ran­tie. La vo­lon­té po­li­tique d’ou­vrir l’ac­cès au fi­nan­ce­ment à une plus large frange de por­teurs de pro­jets, voire à tout pro­mo­teur, di­plô­mé ou non, au­rait été uto­pique si la san­té fi­nan­cière de son bras fi­nan­cier fai­sait dé­faut. En ef­fet, après le pas­sage par une zone de tur­bu­lence du­rant les pre­mières an­nées de la ré­vo­lu­tion dans la­quelle les in­di­ca­teurs ont vi­ré au rouge avec un dé­fi­cit re­cord de 2.8 mil­lions de di­nars, la BTS a réus­si à re­dres­ser la barre en 2013 et réa­li­ser des bé­né­fices en 2014 et 2015. Ce trend haus­sier a été sou­te­nu par un vo­lume d’ac­ti­vi­té plus im­por­tant. Au ni­veau des cré­dits al­loués, le vo­lume glo­bal a pas­sé du simple au double, de 6 mille en 2012 à plus de 11 mille en 2015. Pa­ral­lè­le­ment, le taux de re­cou­vre­ment s’est si­gni­fi­ca­ti­ve­ment amé­lio­ré, pas­sant de 59% en 2012 à 78% en 2015. Une telle per­for­mance est la ré­sul­tante d’une trans­for­ma­tion pro­fonde au ni­veau stra­té­gique et opé­ra­tion­nel de la banque qui a été opé­rée à l’is­sue d’une sé­rie d’ate­liers me­nés par cinq groupes de tra­vail. Sur le plan or­ga­ni­sa­tion­nel, la BTS s’est do­tée d’un co­mi­té d’au­dit, un co­mi­té de risque ain­si que d’un or­ga­nisme de contrôle et de confor­mi­té. De même, deux ma­nuels de pro­cé­dures ont été éla­bo­rés et un sys­tème d’in­for­ma­tion des plus per­for­mants a été im­plé­men­té en vue de flui­di­fier la ges­tion des dos­siers, car la banque gère la masse. Sur le plan opé­ra­tion­nel, ces mo­di­fi­ca­tions or­ga­ni­sa­tion­nelles se sont tra­duites par un chan­ge­ment du pro­ces­sus de prise de dé­ci­sion, no­tam­ment en ce qui concerne l’oc­troi des cré­dits. Dé­sor­mais, pour un prêt de moins de 10 mille di­nars, c’est le chef d’agence qui est ha­bi­li­té à prendre la dé­ci­sion. Le top ma­na­ge­ment n’in­ter­vient que pour des mon­tants su­pé­rieurs à 100 mille di­nars. Cette dé­con­cen­tra­tion du pou­voir per­met à cette banque de proxi­mi­té d’être au dia­pa­son de son en­vi­ron­ne­ment ré­gio­nal des af­faires. Mieux en­core, la banque a étof­fé son offre par de nou­veaux pro­duits conçus pour ré­pondre aux be­soins spé­ci­fiques des pro­mo­teurs. Du cré­dit vert au cré­dit TIC en pas­sant par l’agri­sai­son et les femmes en­tre­pre­neures, la banque est à l’écoute de ses clients et an­ti­cipe même leurs be­soins. A tra­vers cette ins­ti­tu­tion de la fi­nance in­clu­sive, c’est la com­mu­nau­té na­tio­nale qui ma­té­ria­lise sa so­li­da­ri­té avec les jeunes. Elle leur per­met d’ac­cé­der au fi­nan­ce­ment à des condi­tions fa­vo­rables. Ce­la prouve que les in­ter­ven­tions de la BTS savent être ef­fi­caces tout en évi­tant tout gas­pillage des res­sources nationales dé­jà li­mi­tées.

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