ETRE FEMME EN­TRE­PRE­NEURE N’EST PAS UN LUXE

Pour réus­sir dans les mi­lieux des af­faires, la femme tunisienne doit se dé­pen­ser à fond. Plu­sieurs dé­fis sont à re­le­ver à la fois.

La Presse Business (Tunisia) - - LE CHIFFRE - Par Omar KAMMOUN

Si elle est ar­ri­vée à s’im­po­ser avec mé­rite sur la scène éco­no­mique et même po­li­tique, la femme tunisienne conti­nue à ren­con­trer plu­sieurs obs­tacles sur le plan éco­no­mique. L’en­tre­pre­neu­riat fé­mi­ninn’atou­jours­pas­con­nu­ses­jours­de­gloire. Les 22 et 23 fé­vrier à Tu­nis, le Con­seil in­ter­na­tio­nal des femmes en­tre­pre­neures a or­ga­ni­sé un fo­rum in­ter­na­tio­nal sur le thème «In­ter­ac­ti­vi­té en­tre­pre­neu­riale au fé­mi­nin : levier de dé­ve­lop­pe­ment du­rable». Ob­jec­tif : dé­battre de la si­tua­tion de la femme en­tre­pre­neure et pro­po­ser des ré­formes pou­vant lui per­mettre de bien jouer son rôle dans le dé­ve­lop­pe­ment so­cioé­co­no­mique du pays. Du­rant ces deux journées, les in­ter­ve­nants, femmes et hommes, ont tous par­ta­gé deux idées fon­da­men­tales. La pre­mière est que la femme chef d’en­tre­prise est sou­vent sy­no­nyme de réus­site et de bonne ges­tion. La deuxième est que cette femme est sou­vent vic­time d’une dis­cri­mi­na­tion, son che­min est par­se­mé d’épines et que, pour réus­sir, elle doit mettre les bou­chées doubles « Etre une femme chef d’en­tre­prise n’est pas un luxe. Elle doit faire plus d’ef­fort pour réus­sir dans ses af­faires tout en as­su­mant ses de­voirs fa­mi­liaux. De plus, le coût de l’échec est de loin plus éle­vé pour la femme que pour l’homme», té­moigne Shei­kha His­sa Saad Ab­dul­lah, pré­si­dente du Cabw (Con­seil des femmes chefs d’en­tre­prises arabes). Pour la prin­cesse ko­weï­tienne, la femme en­tre­pre­neure a des be­soins spé­ci­fiques; elle doit donc bé­né­fi­cier d’un ap­pui per­son­na­li­sé et de pro­grammes adap­tés à ses be­soins. Saï­da Ben Gar­rach, conseillère prin­ci­pale au­près du pré­sident de la Ré­pu­blique, a, de son cô­té, mis en exergue la place qu’a tou­jours oc­cu­pée la femme tunisienne, de­ve­nue mo­dèle dans le monde arabe et sy­no­nyme d’éman­ci­pa­tion. «La femme tunisienne est sou­vent pré­sen­tée comme une ex­cep­tion. Mais au­jourd’hui elle a be­soin que ses ac­quis soient ren­for­cés pour qu’elle puisse oc­cu­per la place qu’elle mé­rite vrai­ment dans la so­cié­té », note-t-elle. Une idée qui a trou­vé son écho au­près de Jal­loul Ayed, an­cien mi­nistre des Fi­nances, qui n’a pas hé­si­té à dé­cla­rer : « En Tu­ni­sie c’est l’homme qui est l’équi­valent de la femme ». Se­lon Ayed, la pré­sence de la femme dans une en­tre­prise peut ser­vir de mo­dèle pour les hommes, no­tam­ment au ni­veau du ma­na­ge­ment, rai­son pour la­quelle les pays arabes doivent prendre da­van­tage conscience de l’im­por­tance du tra­vail de la femme et ar­rê­ter la dis­cri­mi­na­tion ba­sée sur le genre.

C’EST DIF­FI­CILE D’ÊTRE UNE FEMME

En 2014 «un Pro­fil genre de la Tu­ni­sie», sou­ligne qu’en 2012, par­mi les jeunes femmes (25-34 ans), seule­ment 41% se trouvent sur le mar­ché du tra­vail, contre 89% des hom­mes­du­mê­me­grou­ped’âge.Ces­don­nées­con­firment

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