A quoi a ri­buer ce re­tard ?

La Presse Business (Tunisia) - - BUSINESS -

En grande par­tie au manque d’in­for­ma­tion et d’en­ca­dre­ment. Du temps où j’étais di­rec­teur à la Banque afri­caine de dé­ve­lop­pe­ment (BAD), j’ai or­ga­ni­sé à Ca­sa­blan­ca une grande confé­rence, par­mi les pre­mières or­ga­ni­sées en Afrique sur la fran­chise. On a en­re­gis­tré la par­ti­ci­pa­tion de plus d’un mil­lier d’opé­ra­teurs dont un grand nombre de Ma­ro­cains. Les re­tom­bées en ont été bé­né­fiques et éten­dues. De tels évé­ne­ments sont in­dis­pen­sables en Tu­ni­sie. Du cô­té en­ca­dre­ment, les choses com­mencent heu­reu­se­ment à bou­ger. Je re­lève avec un grand in­té­rêt la mise en place, au sein du bu­si­ness cen­ter de la ville de Sfax, d’une «aca­dé­mie de la fran­chise» à l’ini­tia­tive de Mme Ikram Mak­ni, di­rec­trice du centre. Il se­rait bon que le rôle de cette aca­dé­mie soit ren­for­cé et que son as­sis­tance tech­nique aux fran­chi­seurs/fran­chi­sés de­vienne plus sys­té­ma­tique. Elle de­vrait, par exemple, dé­ve­lop­per des contrats-types de fran­chise, na­tu­rel­le­ment com­pa­tibles avec les lé­gis­la­tions tunisienne et in­ter­na­tio­nale, des contrats équi­li­brés qui ga­ran­tissent la mu­tua­li­té des in­té­rêts entre les par­te­naires. Il y a beau­coup d’ac­ti­vi­tés qui peuvent être dé­ve­lop­pées à tra­vers ces ins­tru­ments.

Dans quels sec­teurs ?

Gé­né­ra­le­ment, quand on parle fran­chise, les gens pensent Mac-Do et com­pa­gnie. Il faut plu­tôt dé­ve­lop­per la fran­chise dans les sec­teurs pro­duc­tifs et concur­ren­tiels tels que le tex­tile, qui existe dé­jà, il est vrai, mais dans d’autres do­maines éga­le­ment tels que la tha­las­so­thé­ra­pie, les ate­liers mé­ca­niques, l’agro­bu­si­ness, etc. On peut vi­ser la san­té. Par exemple des centres sa­ni­taires «first aid» dans les lo­ca­li­tés qui ne dis­posent pas d’in­fra­struc­tures sa­ni­taires suf­fi­santes pour faire face à des si­tua­tions d’ur­gence.

Quid du vo­let fi­nan­cier ?

Pour abou­tir dans ce type d’ac­ti­vi­té, le fran­chi­sé de­vra dis­po­ser d’un mi­ni­mum de res­sources à in­ves­tir dans son pro­jet. Des études me­nées en Tu­ni­sie ont éta­bli qu’en fonc­tion de l’ac­ti­vi­té re­te­nue, un fran­chi­sé peut avoir be­soin de 5.000 à 200.000 di­nars pour lan­cer son bu­si­ness. Il est évident qu’un contrat de fran­chise pour une pe­tite en­tre­prise qui veut se lan­cer dans les af­faires donne un cer­tain ni­veau de sé­cu­ri­té que le ban­quier va cer­tai­ne­ment ap­pré­cier. Pra­ti­que­ment, ce ban­quier va consta­ter que la fran­chise qui va dé­mar­rer a ac­cès au sa­voir-faire du fran­chi­seur, que ce der­nier avait au­pa­ra­vant pro­cé­dé à l’étude du mar­ché dans son do­maine d’ac­ti­vi­té et que la marque est concé­dée au fran­chi­sé pour un cer­tain temps ; tout ce­la est de na­ture à le ras­su­rer sur la via­bi­li­té du pro­jet et le pré­dis­po­ser à prendre des risques somme toute consi­dé­ra­ble­ment amoin­dris. Au re­gard de quoi l’ac­cord de fran­chise fa­ci­lite le fi­nan­ce­ment d’un pro­jet. On pour­ra conso­li­der ul­té­rieu­re­ment cette si­tua­tion à tra­vers un pro­gramme d’as­sis­tance fi­nan­cière spé­ci­fique, sur­tout pour at­té­nuer l’hy­po­thèque des ga­ran­ties ban­caires.

Quel ave­nir pour la fran­chise ?

La fran­chise conso­lide, ren­force l’en­tre­prise à ses dé­buts. Elle per­met aus­si une ex­pan­sion de l’ac­ti­vi­té du fran­chi­seur sans en­ga­ge­ment de fonds oné­reux. Il faut en­cou­ra­ger ce cré­neau non seule­ment en fa­veur des fran­chi­sés, mais aus­si en di­rec­tion des fran­chi­seurs tu­ni­siens dans leurs plans d’ex­pan­sion dans le pays et à l’ex­té­rieur. Et or­ga­ni­ser un «pool» de banques in­té­res­sées à sou­te­nir le dé­ve­lop­pe­ment de ce sec­teur.

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